‹ La lumière nataleChapitre 8 sur 23 · LE FAUNE · texte numérisé non relu

LE FAUNE

0 jour ! vas-tu crier en expirant : Oaalis t

LE POÈTE

Regarde-les venir de l'horizon qui tremble.

Leur corps a la sveltesse et la grâce des trembles ;

Dans leurs yeux j'ai miré les lacs verts de mon songe

Et leur démarche, grave et muette, prolonge

En soi-même l'écho d'un air très ancien.

Le beau thrène Jadis et le péan Demain

Sont les présents que m'apportent leurs voix fidèles.

Les oiseaux de Kypris balancent autour d'elles

Leur vol dont les blancheurs s'exaltent à leur front. Pareilles à mon cœur, dans les temps, elles ont Revêtu les aspects essentiels des heures : L'une est ma joie et jette au seuil de ma demeure Les pétales que l'aube effeuille sous ses pas; Une autre est mon enfance et me parle tout bas Sur le mode naïf et frémissant des mères; Plus lointaine apparaît, coiffée d'alg-ues amères, Celle à qui la douleur confère sa beauté.

LE JOUR

Déjà se sont éteints les bruits d'or de TEté.

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