‹ La lumière nataleChapitre 9 sur 23 · LE BERGER · texte numérisé non relu

LE BERGER

Puisque le jour défaille à l'ombre qui s'incline, Puisque monte Vesper au front de la colline, Qu'à l'écho de ma voix ou au chant de ma flûte Mon troupeau se rassemble et que cesse la lutte

Des satyres sous bois qui s'affrontent aux chèvres. Mon dernier cri d'appel n'a pas quitté mes lèvres, Que mon chien, au poil gris, a pressé les toisons Baignées du rouge éclat qu'Hélios à l'horizon Répand sur le dessin capricieux des crêtes. J'ai poussé mon troupeau dans l'éclatante fête, Entre les fûts pourprés des cyprès et des chênes. Par les rampes qui dévalent jusqu'à la plaine Où fume doucement mon toit hospitalier.

Parfois, mon chien s'arrête en face d'un hallier Dont la rouge clarté se traîne et l'éclaboussé ; Grave et doux, il se frotte au velours de la mousse, Puis rejoint mon troupeau en gardien vigilant. Le museau bas, il suit la tortueuse sente Et, flairant les lueurs de pourpre, avidement Il semble boire un sang tout parfumé de menthe!

LE POÈTE

Ce retour marque l'heure où le soir diligent Jette sur ta couronne, ô jour, un dais d'argent.

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