Hamard, Géolog. et Révélai
C'est l'opinion commune aujourd'hui que la terre est extrêmement ancienne, et lorsque nous sommes mis en présence de la nature et du grand nombre de phénomènes qui ont marqué les diverses phases de sa transformation, on ne s'étonne point de voir accumuler les millions d'années pour mesurer son âge. Les causes secondes qui, dans les âges passés, doivent leur existence et leur opération à la puissance et à la sagesse de Dieu, et qui ont donné à l'écorce terrestre sa configuration, semblent avoir agi lentement.
" Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre." — Ce que signifie ce verset.
Le récit de la création s'ouvre par ce verset, qui dit tout dans sa sublime simplicité. L'auteur inspiré de la Genèse commence par poser la base de toute la théologie judaïque et chrétienne, la doctrine d'un seul Dieu, tout puissant, purement spirituel, créant l'univers du néant par un acte libre de sa volonté. Moïse réfute d'avance toutes les théories imaginées depuis pour expliquer l'existence du monde sans l'intervention de Dieu, telles quf l'éternité de la matière, qu'il n'aurait eu qu'à organiser, l'émanation du monde de la tubetance même de Dieu, la confusion du monde avec Dieu, qui est la doctrine du panthéisme, l'attribution du monde au hasard, qui n'est qu'une provocation portée au .sens commun.
Le naturalisme matérialiste dit : Rien au-deaitis, rien en dehors de la nature, rejetant ainsi toute
cause distincte de la nature et le dogme de la création. Il y a antérieurement et au-dessus de la nature un Dieu distinct et créateur, répondent à la fois la raison humaine, la science véritable et le témoignage de la Bible.
Dieu, donc, créa, c'est-à-dire tira du néant, appela à l'existence ce qui n'était pas, la matière qui devait servir à former le ciel et la terre, et cela par un acte de sa volonté souveraine. Tous les êtres, la matière première comprise, doivent donc à Dieu leur existence et relèvent de sa puissance souveraine.
Ce "commencement" remonte à une antiquité dont nous ne pourrons jamais calculer l'éloignement. Moïse le rejette dans des lointains infinis. Avant ce "commencement", il n'y avait rien, excepté Dieu. Ce mot indique un point de départ, le premier anneau de la chaîne des temps, celui de création primordiale, la création proprement dite, antérieure à l'œuvre des six jours et séparée d'elle par un intervall' de temps indéterminé.
L'Œuvre des six jours marquera la phase de l'orgarmsation de la terre. "Créé dès le commencement et avant tous les temps, dit Bossuet, l'univers fut seulement orné dans le temps."
Dans le langage de l'Ecriture, les deux et la terre désigneront donc l'ensemble des corps célestes dont la terre elle-même fait partie, en un mot l'universalité des êtres.
"Les cieux et la terre" qui furent créés au commencement ne sauraient évidemment pas être
ce que nous entendons ordinairement par ces mots, puisque, d'après Moïse, c'est seulement au second jour que Dieu fit le ciel ou l'étendue, et seulement au troisième jour qu'il sépara le sec d'avec l'humide et le nomma terre. Force donc est de les prendre dans un autre sens. La "terre" qui fut créée au commencement, c'est notre planète tout entière, et les "cieux" qui furent créés à la même époque sont : lo le ciel des astres, embrassant tous les corps stellaires et planétaires; 2o le ciel du ciel et tous les anges dont il est dit "qu'ils chantaient en chœur, avec les étoiles du matin, quand Dieu fonda la t^rre *." (Job XXVIII, 7.)
Notre terre, suivant la Genèse, ne fut d'abord qu'à l'état de solitude et de chaos, sans consistance, informe, un abîme enfin, noyé dans les ténèbres. En décrivant le tohu-bohu qui précède le premier jour, elle décrit un état de notre planète constaté par la science : un pêle-mêle inextricable {'éléments en pleine incandescence.
La géologie nous apprend qu'en effet il fut un temps où la terre était à l'état d'éléments impalpables, dissociés, constituant une sorte d'amas ou d'abîme, enveloppé d'impénétrables et d'immenses brouillards. Or la terre, à ce moment de sa formation, était déserte et vide, c'est-à-dire qu'elle ne renfermait aucune trace de vie organique, soit animale, soit végétale. "Ce qui étonne