‹ La lumière visibleChapitre 35 sur 89 · QuÊrtmiy Jornnal of Ike Geotogicai SodHv · texte numérisé non relu

QuÊrtmiy Jornnal of Ike Geotogicai SodHv

nière certaine les causes qui les ont produites. Pour pouvoir calculer l'âge d'un terrain, il faut être sûr que le phénomène qui a formé ces couches a agi d'une façon régulière, ce qu'il est bien difficile d'établir.

"Nous sommes donc ici dans le champ des pures hypothèses, conclut l'auteur que nous venons de citer, et la vraie science ne doit pas y demeurer. Qu'elle rentre dans le domaine plus restreint, mais plus sûr, des choses démontrées, et alors les objections disparaîtront, et il sera établi une fois de plus que la Science rend partout témoignage à la vérité des Ecritures, et qu'ici, en particulier, l'homme des géologues et l'homme de la Bible sont arrivés le même jour sur la terre." (Abbé Bougaud.)

Il est possible que l'antiquité de l'homme remonte à dix mille ans, et peut-être davantage, contrairement à l'opinion commune entretenue jusqu'en ces derniers temps d'une date relativement plus récente et qu'on croit tirée de la Bible. Cette assertion pourrait peut-être inquiéter la foi des personnes peu au courant des études bibliques ; c'est à la fois pour les renseigner et les rassurer que j'ai voulu, en passant, toucher à ce sujet. Car "c'est une erreur de croire, dit le cardinal Meignan, que la foi catholique enferme l'existence de l'homme dans une durée qui ne peut dépasser six mille ans. L'Eglise ne s'est jamais prononcée sur une question aussi délicate. Sur les cent cinquante systèmes de chronologie biblique que l'on compte, aucun n'a été condamné."

Il n'y a donc pas Lieu de prendre ombrage de voir la date de la création de l'homme varier suivant les calculs des savants. Mais, parmi les savants, les uns, le plus grand nombre, sont de parfaite bonne foi, et méritent toute notre estime ; d'autres se plaisent à débiter des sophismes sous le couvert de la science, trompant et égarant beaucoup d'esprits. Il y en a, enfin, qui semblent poursuivre un tout autre but que celui de la science pure. Ce qu'ils visent, c'est de chercher à trouver Moise en défaut, de discréditer la Bible et par là même ruiner les dogmes chrétiens, dont elle est le fondement. Tel de ces auteurs, traitant des époques géologiques ou des temps primitifs de l'humanité, et plus préoccupés de fausser la vérité que de présenter les faits tels qu'ils sont, ne pourra écrire deux pages de suite sans prendre la Bible à parti. " Que deviennent les 4000 ans de la Genèse ?" s'écriera-t-il, par exemple en présence des Ages de la pierre, du bronze et du fer, ou du grand ours des cavernes, du mammouth ou du renne auxquels il attribue une durée fantaisiste. Il est évident que le but de ces auteurs n'est pas de promouvoir le progrès de la science, mais de fausser les esprits et de les orienter vers l'erreur.

Ktfit primitif de l'homme. — La science incrédule moderne s'est toujours plu à affirmer que l'homme primitif n'était qu'un barbare, un sauvage, une espèce de brute, qui aurait franchi par degrés les étapes qui séparent la sauvagerie initiale de la civi-

lisation. Trop de gens, après elle, répètent cette fausseté.

Hâtons-nous de dire ici que la science est dans l'impossibilité absolue de nous éclairer sur un sujet aussi grave. L'état où s'est trouvé l'homme au moment de sa création et aux premiers jours de son existence échappe à ses investigations. Lorsque la science rencontre l'homme pour la première fois^ il est alors en lutte avec la misère et toutes le» diflScultés de la vie, n'ayant à sa disposition que des instruments les plus rudimentaires, tels que ceux dont seuls les sauvages peuvent se servir; mais cet homme ne représente nullement l'état primitif de l'humanité au double point de vue religieux et civilisateur. C'est qu'il est devenu, en effet, un être dégénéré, et nous dirons tout à l'heure, au moyen d'autres preuves que celles que peut nous fournir la science positive, la raison de cet état. Quoi qu'il en soit, c'est alors que commencent pour lui les âges si durs de la pierre, du bronze et du fer, et c'est aussi le moment où la science prend connaissance de l'homme et peut le suivre à travers les différentes phases de son existence, mais qui dira combien d'années, de siècles même, ont pu s'écouler entre cette date et celle de sa création !

Nombre d'anthropologistes partent de ce principe que l'homme est né dans un état de barbarie. L'homme originel, disent-ils, était un sauvage, et ce n'est qu'à force de lutter pendant des siècles indéfinis, que quelques-uns de ses descendants sont parvenus très lentement à une position sociale

qu'on appelle civilisation. Les preuves proposées à l'appui de cet état barbare de l'homme primitif sont, pour la plupart, tirées de cavernes, de graviers de transport, de cimetières des générations "préhistoriques" et des besoins de la théorie des évolutionistes qui, à l'exception des croyants à la création indépendante de l'homme, posent et doivent poser l'état sauvage comme étant la transition entre l'homme civilisé et des êtres qui, à travers une série indéfinie de transformations inconnues, avaient émergé de la forme animale à la forme humaine. {Antiquité reculée de l'homme non prouvée, par B. C. Y.

Comme je viens de le faire remarquer, l'homme de l'âge de la pierre, l'homme des grottes et des cavernes n'est pas l'homme primitif, et encore faudrait-il prouver que cet homme était un sauvage.

L'anthropologie ne peut absolument rien nous dire sur le mode de création et l'état primitif de l'homme. Il faut aller puiser à d'autres sources de renseignements pour arriver à faire la lumière sur un sujet aussi capital. Si l'on ne veut pas s'en tenir au récit de Moïse, il faut voir d'abord ce que la raison, le sens commun, peuvent bien nous suggérer là-dessus, et ensuite ce que l'expérience et l'histoire sur la marche de la civilisation sont susceptibles de nous apprendre. I>e tort de certains savants est de se cantonner dans leur science particulière, et d'essayer de lui faire faire des réponses (lui ne sont point de son ressort.

Chaque branche de connaissances a son genre de preuves qui lui est propre ; c'est une loi de l'entendement, et il faut bien prendre garde de transporter dans un ordre de connaissances le genre de preuves qui lui est étranger. Ce n'est pas par des démonstrations géométriques, anthropologiques ou astronomiques, ni par la raison ni par l'expérience, qu'on prouve l'existence d'Alexandre le Grand, de César ou de Charlemagne.

Peut-on raisonnablement supposer que Dieu, après avoir si bien réussi dans l'œuvre de la création, au point de s'applaudir chaque jour de ce qu'il a fait, son œuvre étant la réalisation adéquate de son idée, n'aurait su produire rien de mieux de sa créature favorite, de celle pour laquelle il avait tiré la terre de son néant, qu'un grossier et stupide sauvage? Cela ne se conçoit pas. "J'ai vu V Indien dans ses forêts, a écrit G. de Beaumont, et j'ai cm, en contemplant sa condition digne de pitié, que je voyais le dernier terme de la misère humaine. Assurément, le sauvage n'est pas l'homme tel que Dieu l'a créé." Je ne reconnaîtrais plus dans l'œuvre de cette création l'Etre souverainement juste et sage que je m'étais figuré. Une telle création n'aurait pas même le mérite d'être intelligente. Le sens commun nous dit que le premier homme fut créé adulte, à l'état d'homme parfait, et dans son intelligence et dans son organisation physique. Il était essentiel que celui qui devait être le principe

ilu gfjirt' huiuain tut créé à l'état parfait, non moins pour l'âme que pour le corps. Il devait posséder la science nécessaire à la direction non seulement de sa propre vie physique et morale, mais à celle des autres hommes dont il devait être le père et qui attendaient de lui la somme de connaissances requise dans la réalisation de leurs destinées providentielles. Cette science surnaturelle qui ornait l'intelligence de l'homme dès les premiers jours de son existence, nous est manifestée par le sens profond d'un texte de la Genèse. Dieu, y est-il dit, faisant passer devant Adam toute la création, les oiseaux du ciel, les bétes de la terre et les plantes qui croissaient autour, Adam leur donna un nom, et le nom qu'il donna fut le nom de chacune, c'est-à-dire le nom qui convenait à leur essence. Mais, pour tomber si juste, pour donner ainsi à chaque oiseau, animal ou plante le nom qui l'exprimait au point de lui être comme naturel, il fallait qu'Adam eût une connaissance parfaite de la nature et de la propriété des êtres.

Que l'homme soit né dans un état de barbarie et se soit élevé pendant de longues séries de siècles de l'état sauvage à l'état de civilisation où nous le voyons aujourd'hui, n'est qu'une hypothèse, non seulement contraire à la tradition de tous les peuples, mais que les faits contredisent. Si les premiers hommes avaient, comme quelquesuns le supposent, débuté au sein des forêts, à la façon des animaux, ils y seraient encore, à

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moins qu'ils ne se fussent entre-dévorés les uns les autres. Les voyageurs, les missionnaires, les savants qui ont eu occasion d'étudier le problème de l'homme sauvage, concluent que s'il lui était donné de retracer son ascendance, il reconnaîtrait qu'il provient non d'individus plus dégradés et plus voisins des brutes, mais d'autres hommes plus civilisés que lui.

L'état sauvage a-t-il été l'état primitif de notre espèce?" Voici, relativement à cette question, le raisonnement de quelqu'un qui mérite d'être écouté :

" Les philosophes du dix-huitième siècle, dit Benjamin Constant, se sont décidés pour l'affirmative avec une grande légèreté.

" Tous leurs systèmes religieux et politiques partent de l'hypothèse d'une race réduite primitivement à la condition des brutes, errant dans les forêts, et s'y disputant le fruit des chênes et la chair des animaux ; mais si tel était l'état naturel de l'homme, par quels moyens l'homme en serait-il sorti?

*' Les raisonnements qu'on lui prête pour lui faire adopter l'état social ne contiennent-ils pas une manifeste pétition de principe ? Ne s'agitentils pas dans un cercle vicieux ? Ces raisonnements supposent l'état social déjà existant. On ne peut connaître ses bienfaits qu'après en avoir joui. La société, dans ce système, serait le résultat du développement de l'intelligence, tandis que le développement de l'intelligence n'est luimême que le résultat de la société.

" Invoquer le hasard, c'est prendre pour une cause un mot vide de sens. Le hasard ne triomphe point de la nature. Le hasard n'a point civilisé des espèces inférieures qui, dans l'hypothèse de nos philosophes, auraient dû rencontrer des chances heureuses.

" La civilisation par les étrangers laisse subsister le problème intact. Vous me montrez des maîtres instruisant des élèves, mais vous ne me dites pas qui a instruit les maîtres ; c'est une chaîne suspendue en l'air. . . ^"

L'expérience et l'histoire nous prouvent invariablement que le sauvage ne peut remonter, ne peut se civiliser qu'à l'aide d'un agent extérieur, de circonstances favorables, par le secours des civilisés ; laissé à lui-même, il ne tend qu'à disparaître.

"Pour qu'il se relève, dit encore l'auteur que nous venons de citer, il lui faut l'arrivée d'une race supérieure ; et encore ne parvient-elle pas toujours à le relever. Ces hommes qui taillaient la pierre et le silex, ce n'étaient pas les hommes primitifs ; c'étaient des hommes dégénérés, des tribus sauvages échappées au grand foyer de lumière, l'Orient. Elles sont restées là, jusqu'à ce que d'autres tribus se soient emparées de leurs terres et, en échange de leur servitude, leur aient apporté le fer, le bronze, tous les arts. Puis d'autres tribus, plus civilisées encore, devinrent maîtresses

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