‹ La lumière visibleChapitre 36 sur 89 · Benjamin ConAtaat. D« la nligùm. tiv. 1. chap. VÎII · texte numérisé non relu

Benjamin ConAtaat. D« la nligùm. tiv. 1. chap. VÎII

à leur tour, et leur apprirent à ensemencer la terre. Ainsi se sont étages, dans les entrailles du sol, les silex, les marteaux de pierre, les haches de fer, les ornements de bronze ; si tant est que ce soient vraiment des âges distincts, ce que je ne crois pas, et que toutes ces choses n'aient pas coexisté en même temps. Or, pour tout cela, il n'a pas fallu deux cent mille ans. Quelques siècles, et souvent ■quelques années suffisent."

Une ou quelques migrations aryennes d'abord, dans les temps préhistoriques, puis les Phéniciens et les Carthaginois ensuite, tirèrent de leur léthargie les misérables populations de l'âge de pierre de l'Europe, en leur faisant connaître les animaux domestiques, l'art de l'agriculture et les objets en bronze que fabriquaient et exportaient les Phéniciens. A leur tour, les Grecs et les Romains apportèrent aux habitants de la Gaule, de la Grande-Bretagne et autres contrées avoisinantes, les bienfaits de leur commerce, de leurs lois et de leur civilisation. Les Grecs et les Romains eux-mêmes doivent leur progrès aux peuples de l'Asie Mineure, aux Assyriens et aux Chaldéens, et ces derniers à leurs prédécesseurs, qui tenaient la civilisation du foyer primitif, allumé par Dieu luimême lors de la création, foyer qui avait bien pu s'obscurcir, mais qui ne s'était jamais éteint.

Sans la venue des Européens, et surtout sans la puissante et bienfaisante influence du Christianisme, nos Sauvages du Canada n'auraient pas d'eux-mêmes remonté d'un cran l'échelle de la civi-

lisation. De fait, on n'a jamais vu un peuple sauvage s'élever par lui-même et par sa propre impulsion au rang de nation civilisée.

Si les peuplades du Mexique, du Yucatan, de l'Amérique centrale et du Pérou, vivaient à l'état sédentaire, cultivaient le sol, bâtissaient des monuments, habitaient de grandes villes, jouissaient enfin d'une civilisation relative à l'époque de Christophe Colomb, ils ne s'étaient pas développés sur place, mais devaient leur avancement, leurs progrès, à des émigrés d'Orient, qui, abordant notre continent à une date inconnue, mais vraisemblablement antérieure à l'ère chrétienne, possédaient déjà les éléments d'une civilisation et d'un progrès matériel avancés. Cette ancienne civilisation précolombienne a, en effet, tous les caractères des vieilles civilisations asiatiques, et elle est en parfait accord avec les traditions des Indiens civilisés qui font venir leurs ancêtrtes de l'Orient. par mer, à une époque préhistorique.

Pour ne parler que de notre temps et îles ileax tribus les plus misérables, les Hottentots et les Boschimans, voici ce que dit Cazalès de ces populations depuis leur contact avec les Européens : "Ixîs Hottentots qui résident sur les terres du gouvernement du Cap, peuvent être regardés comme acquis ù la civilisation. Ils rendent de grands services à la population blanche en qualité d'agriculteurs, d'artisans, de domestiques. Ils ne parlent pres(|ue plus dans la colonie que le hollandais et Tni) triais."

Quant aux Boschimans, aux traits hideux par suite de misère : "Un chef Mochmana leur avait donné des bestiaux et avait réussi à leur faire cultiver la terre. Après deux ou trois générations, cette population se trouva régénérée : elle ne différait en rien, pour la taille et les contours musculaires, des Hottentote les mieux constitués. Les Boschimans parviennent sans peine à apprendre le hollandais. "J'en ai vu, dit Cazalès, qui le lisaient et l'écrivaient passablement." Il suffirait, selon le docteur Livingston, de quelques établissements européens bien entendus pour faire rayonner la civilisation sur tout le vaste continent de la Nigritie. "Oh I que je puisse avoir l'honneur, s'écriait-il, de faire un peu de bien à cette pauvre Afrique si d^radée, si opprimée . . . J'espère vivre assez pour voir la double influence de l'esprit du Christianisme et du commerce tarir la source amère de la misère africaine."

Il en est de même des Australiens : leur avilissement n'est qu'accidentel. Il suffit qu'ils prennent contact avec les Européens pour qu'ils s'adoucissent, se transforment, s'élèvent ^

"On ne saurait nier, dit également M. Elisée Reclus, les progrès constants des nègres des Etats-

1. "Des Anglais s'étaient établis sur iin point de la côte méridionale de l'Australie pour y former un établissement, Ils furent frappés de la civilisation des habitants, qui étaient vêtus, logée, meublés, mieux qu'aucun de leurs compatriotes. Ce phénomène leur fut expliqué par l'apparition d'un homme blanc, vêtu d'une redingote : c'était un grenadier anglai;), qui, en dix-huit ans, avait opéré cette merveille." (Cité par Mgr Meignan, dans Le Monde et r Homme primitif).

Unis dans Téchelle sociale ; même sous le rapport physique, ils tendent à se rapprocher de leurs maîtres. Ils n'ont plus le même type que les nègres d'Afrique : leur peau est rarement d'un noir velouté, bien que presque tous leurs ancêtres aient été achetés sur la côte de Guinée ; ils n'ont pas les pommettes aussi saillantes, les lèvres aussi épaisses, le nez aussi épaté, la laine aussi crépue, la physionomie aussi bestiale, l'angle facial aussi aigu que leurs frères de l'Ancien Monde."

Dans l'espace de cent cinquante ans, ajoute le célèbre géographe, ils ont, sous le rapport de l'apparence extérieure, franchi un bon quart de la distance qui les séparait des blancs.

L'expérience et l'histoire nous prouvent donc invariablement, on ne saurait trop le répéter, que le sauvage ne peut remonter, ne peut se civiliser, qu'à l'aide d'un agent extérieur. "L'hypothèse d'après laquelle l'homme aurait commencé par l'animalité et serait arrivé spontanément et par degrés successifs au point où nous le voyons aujourd'hui, chez les peuples occidentaux, est un pur roman contre lequel l'histoire et les traditions primitives protestent. En nous disant que Dieu créa l'homme adulte et dans un état de civilisation relative, la Bible nous donne un enseignement que confirme tous les jours, bien loin de l'ébranler, le témoignage des faits ^"

Qu'on lise attentivement le magistral ouvrage de M. Georges Perret, professeur d'archéologie

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