‹ La lumière visibleChapitre 4 sur 89 · P. Girodon. Erpoté de la Doetriné eatholùjur · texte numérisé non relu

P. Girodon. Erpoté de la Doetriné eatholùjur

renferme toutes nos destinées entre un récit et une vision ; ce livre dont le premier mot est la parole de Dieu qui évoque l'univers du néant, et dont le dernier mot est la parole de Dieu qui rappellera l'humanité dans son sein ; ce livre qui naît un jour au milieu d'une solitude de l'Egypte pour s'achever, à deux mille ans de là, dans une ile de la Grèce ; ce livre où vingt auteurs différents «e passent la plume de main en main, écrivent «ous l'empire d'une seule idée et se rencontrent <lans l'unité d'un plan identique ; où vous retrouvez partout, malgré la différence des âges, la même empreinte, le même souffle ; où Moïse né parle pas autrement que David, où Job tient le même langage que l'Apôtre de Corinthe et d'Ephèse ; ce livre qui a vingt styles et qui n'a qu'un caractère, auquel tant d'hommes ont mis la main et qui ne peut se signer d'aucun nom ; ce livre qui se fait à mesure que le plan de Dieu se déroule, qui se ferme au moment où l'humanité entre en possession de la vérité ; ce livre du milieu duquel la grande figure de Jésus-Christ se détache entre les prophéties, d'un côté, l'accomplissement des choses, de l'autre ; ce livre enfin qui, après avoir opéré dans le monde la plus étonnante des révolutions, est arrivé jusqu'à nous, laissant échapper de ses flancs cette magnifique civilisation chrétienne dont il a été, dont il restera le code immortel."

Aussi, l'Eglise, fidèle à suivre l'exemple des Pères dans la foi, déclare le concile de Trente,

embrasse et vénère, avec le même sentiment de piété et le même respect, tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, puisque le même Dieu est l'auteur de l'un et de l'autre.

Le Bible contient deux parties : l'Ancien Testament, antérieur à Jésus-Christ, composé de quarante-cinq livres, et le Nouveau Testament ou l'Evangile, de vingt-sept, écrits après Jésus- Christ. Le mot "testament" appliqué aux Livres saints, signifie l'expression des volontés de Dieu. On donne encore à l'ensemble de ces livres le nom de l'Ecriture Sainte ou simplement l'Ecriture. On les divise d'ordinaire en livres historiques, en livres prophétiques et livres moraux ou sapientiaux. Les livres de l'Ancien Testament ont été écrits en langue hébraïque, ceux du Nouveau Testament, l'Evangile de saint Matthieu excepté, en grec. "C'est Jésus-Christ, dit Pascal, que les deux Testaments regardent : l'Ancien comme son attente, le Nouveau comme son modèle, tous deux comme leur centre."

L'Ancien Testament raconte les origines de l'humanité, les traditions primitives des peuples, en particulier l'histoire du peuple hébreu. On y lit les enseignements et la loi que Dieu donna à son peuple ; les diverses périodes de son histoire ; MB guerres, see infidélités, qu'elle rapporte simplement sans les approuver, les châtiments même que lui attirèrent ses prévarications. On y Ut encore l'histoire, les leçons, les prédications des hommes

inspirés de Dieu, les patriarches et certains rois, comme David et Salomon. L'Ancien Testament sert de préparation au Christianisme spécialement par les prophéties qu'il contient, et peut être défini en toute vérité une histoire sainte, l'histoire de la rédemption. Aussi, se borne-t-elle presque exclusivement à la famille dépositaire des promesses divines, les autres races n'étant pas même toutes mentionnées.

La Bible renferme le dépôt des vérités révélées promulguées à trois époques différentes : Révélation primitive, Révélation mosaïque et Révélation chrétienne. "Dieu, en effet, dit le grand Apôtre, nous a parlé dans les temps anciens par ses prophètes, et, plus récemment, par son Fils unique, Jésus-Christ."

Ces vérités. Dieu les devait, il est vrai, à sa créature ; elles constituent le flambeau qui sert à guider l'homme à travers les ténèbres de son existence terrestre. Objet de la vénération des fidèles, reconnue divine par les plus grands esprits, la Bible, dans tout le cours des âges, a répandu partout la lumière et la vie. Il semble qu'un tel bienfait aurait dû réunir les hommes de tous les siècles dans un sentiment unanime de soumission, d'amour et de reconnaissance envers leur Créateur et de respect pour le livre qui nous fait connaître sa volonté. Nul livre cependant n'a été l'objet de plus d'attaques et de critiques, depuis les païens et les gnostiques des premiers temps jusqu'aux rationalistes, incroyants et sophistes de

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nos jours. Mais c'est surtout au 18e siècle, alors que l'impiété s'étant emparé du monde savant et l'ayant fait délirer de la manière la plus extravagante, que les Livres saints furent en butte aux plus rudes attaques dans la guerre impie que la philosophie déclara à la religion. Voltaire surtout se fit remarquer dans ses tristes combats, mais les torrents de fiel qu'il a distillés sur les pages sacrées n'ont servi qu'à prouver son insigne mauvaise foi et une incroyable méchanceté. Si la Bible a eu des ennemis acharnés, elle a eu aussi dans toutes les branches des connaissances humaines des savants et des érudits qui l'ont vaillamment défendue. Il suffit de voir les admissions que les adversaires ont dû faire pour se persuader que la Bible est sortie victorieuse de ces épreuves. En vérité, il n'existe pas aujourd'hui une seule objection contre les Livres saints qui n'ait pas été victorieusement réfutée.

Si le Seigneur devait être un signe de contradiction, suivant la prophétie du saint vieillard Siméon, il n'est pas étonnant que le livrequi annonce sa venue, qui raconte ses miracles et qui atteste sa divinité, devait être contredit et attaqué.

Pour les rationalistes, qui professent ne croire qu'aux faits qu'ils peuvent vérifier, qui ne reconnaissent que le contrôle absolu de la raison indépendamment de toute autorité, il ne peut être question de révélation divine, ni du caractère miraculeux des Ecritures. "La première obligation que nous fait le principe rationaliste, qui est

le fondement de toute critique, est, dit M. Vernes, d'écarter le surnaturel ^." Les récits de la Genèse, en particulier ceux qui ont trait aux temps primitifs, en conséquence, sont regardés comme de pures légendes sans valeur historique. Tout principe surnaturel est donc, aux yeux des rationalistes, de prime abord et sans examen, déclaré inadmissible. "La nouvelle science exclut absolument toute hypothèse et agent surnaturel connus sous les noms de Dieu et de Providence. Elle nous révèle comme suprême existence, l'humanité ^." Ainsi, plutôt que d'admettre que Dieu ait créé le monde, ils trouvent tout naturel et explicable que le monde se soit créé tout seul ; qu'une force aveugle, au lieu d'une force intelligente, ait présidé à l'origine des choses ; que les atomes, tourbillonnant dans l'espace, se soient, comme cela, accrochés et aient réussi à produire l'ordre si admirable de l'univers. Quant aux miracles, ils les rejettent, simplement, parce qu'ils sont des miracles. Ils y croiraient peut-être s'il se trouvait, au moment où un miracle se produirait, une commission de savants pour le constater, comme s'il n'eût pas été possible à l'humanité de ee rendre un compte certain des miracles avant la fondation de l'Institut, suivant l'expression d'un contemporain ; comme si le commun des mortels ne pouvait facilement faire la distinction entre un

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