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TEXTES DE QUELQUES PROPHÉTIES RELATIVES A JÉSUS-CHRIST

Nous avons vu, quelques pages plus haut, la promesse faite par Dieu même au moment de la chute. Saint Paul, s'adressant aux Galates, réfère à cette prophétie et en note l'accomplissement : "Lorsque fut venue la plénitude des temps. Dieu envoya son Fils, fait de la femme, pour nous racheter."

Après le sacrifice d'Isaac, Dieu dit à Abraham (Gen., XII, 3) : "Je multiplierai ta race comme les étoiles du ciel et comme le sable de la mer. En toi seront bénies toutes les familles de la terre." Et cette même promesse est expliquée plus loin (XXII, 18) ; "Et toutes les nations de la terre seront bénies en Celui qui sortira de toi." Cette promesse est répétée à Isaac, XXVI, 4, et à Jacob, XXVIII, 14. Le vénérable patriarche, au moment de quitter la vie, rassemble ses enfants autour de lui, et leur fait part des prophétiques bénédictions. Il prophétise que Juda sera le père du Messie. "Et toi, Juda, s'écrie-t-il, tes frères te loueront, ta main se posera sur le cou de tes ennemis ; les fils de ton père t'adoreront. Le sceptre ne sortira point de Juda, et il y aura toujours des chefs de sa race jusqu'à ce que vienne Celui qui doit être envoyé, et c'est lui qui sera l'attente des nations." (Gen. XLIX, 8, 9, 10.) Et plus loin, se recueillant en lui-même, il dit : "J'attendrai le Seigneur que vous devez envoyer,

Seigneur." Toute l'antiquité a reconnu le Messie dans cette prophétie de Jacob.

Moïse, sur le point de se séparer de son peuple, témoigne du règne futur de Jésus-Christ, et lui lègue à l'avance tous ses pouvoirs : "Le Seigneur votre Dieu, dit-il, vous suscitera un prophète comme moi de votre nation et d'entre vos frères : c'est lui que vous écouterez." Jésus-Christ s'applique à lui-même la prophétie de Moïse en disant aux Juifs incrédules : 'Ne pensez pas que ce soit moi qui vous accuse devant mon père : votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous espérez ; si vous aviez, en effet, foi en Moïse, vous auriez foi en moi, car c'est de moi que Moïse a écrit." (Jean, V, 45, 46.)

D'autres prophètes vont désigner le Messie d'une manière plus expresse et raconter, mille ans d'avance, les principaux traits de sa vie, sa passion, sa mort, sa glorieuse Résurrection et sa bienheureuse Ascension.

"Une Vierge concevra et enfantera un fils qui sera appelé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous." (Isaïo, VII, 15.)

"Lorsque tout reposait dans un paisible silence, et que la nuit était au miUeu de sa course, votre parole toute-puissante, ô mon Dieu, vint du ciel, du trône royal, et fondit tout d'un coup sur cette terre destinée à la perdition." (Sageeae, XVIII, 14, 16.)

"Et toi, Bethléem d'Ephrata, tu es petite entre les villes de Juda ; c'est de toi pourtant que sortira

Celui qui doit régner dans Israël, Celui dont la naissance est du commencement, des jours de l'éternité." (Michée, V. 2.)

"Maison de Sion, tressaillez de joie et bénissez Dieu, parce que le Grand, le Saint d'Israël, est au milieu de vous." (Isaïe, XII, 6).

"Un petit enfant nous est né, un fils nous a été donné ; il sera appelé l'Admirable, le Conseiller, le Dieu fort, le Père du siècle futur, le Prince de la Paix, son empire s'étendra de plus en plus, et la paix qu'il établira n'aura point de fin." (Isaïe, IX, 3, 6 et 7.)

"Les rois de Tharse et des Iles lui offriront des présents ; les rois d'Arabie et de Saba lui apporteront des dons, et tous les rois de la terre l'adoreront, toutes les nations lui seront assujetties." (Ps. LXXI, 10, 11.)

"J'ai aimé Israël lorsqu'il n'était qu'un enfant, et j'ai rappelé mon fils d'Egypte." (Osée, XI, 1.)

"Un rejeton sortira de la racine de Jessé, et de cette racine croîtra un Nazaréen." (Isaïe. XI, 1.)

Le retour d'Egypte et le séjour de Jésus à Nazareth étaient l'accomplissement de deux importantes prophéties, remarque saint Matthieu.

"Il s'élèvera devant le Seigneur comme un arbrisseau et comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée : il est sans éclat ; nous l'avons vu, il n'avait rien qui attirât l'œil, et nous l'avons méconnu." (Isaïe, LUI, 2.)

"Voici que j'envoie mon envoyé (Jean-Baptiste) , et il préparera les voies devant ma face. Et aussi-

t^t viendra à son temple le Dominateur que vous cherchez,et l'Ange du Testament que vous voulez." (Malachie, III, 1.)

"L'esprit du Seigneur s'est reposé sur moi, parce que le Seigneur m'a rempli de son onction ; il m'a envoyé annoncer sa parole à ceux qui sont doux, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ; pour prêcher la grâce aux captifs, et la liberté à ceux qui sont dans les chaînes ; pour publier l'année de la reconciliation du Seigneur et le jour de la vengeance de notre Dieu, pour consoler ceux qui pleurent. "(Isaîe, XVI, 1, 2.)

"En ce jour-là il y aura une fontaine ouverte à la maison de David et aux habitants de Jérusalem pour y laver les souillures du pécheur." (Zach. XIII, 1.)

"Alors les aveugles verront le jour, et les oreilles des sourds seront ouvertes ; le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée." (Isaïe, XXXV, 5, 6.)

"Tressaille, fille de Sion ; réjouis-toi, fille de Jérusalem : voici que ton roi vient à toi, ce roi juste est le Sauveur : il est pauvre, et il est monté sur une ânesse et son ânon." (Zach., IX, 9.)

"Rendez ce jour solennel, en couvrant de branches de feuillage tous les lieux." (Ps. CXVII, 24.) C'est la mémoire de la triomphante ovation ainsi prédite, qui fut faite au béni Sauveur à la veille de ses humiliations et de sa mort, que l'Eglise évoque le dimanche des Rameaux.

"L'homme avec lequel je vivais en paix et çn qui je me suis confié, et qui mangeait de mes pains, a fait éclater sa trahison contre moi." (Ps. XL, 10.)

"Ils pesèrent trente pièces d'argent qu'ils me donnèrent pour ma récompense." (Zach. XI, 12.)

"Mon cœur s'est troublé au dedans de moi ; et la crainte de la mort est venue fondre sur moi ; j'ai été saisi de frayeur et de tremblement, et j'ai été couvert de ténèbres." (Ps. LIV, 5, 6.)

"Que ceux qui cherchent à m'ôter la vie soient couverts de confusion et de honte. Que ceux qui ont conçu de mauvais desseins contre moi soient renversés et confondus." (Ps. LIV, 16.)

"Ils ont cherché des crimes pour m'en accuser ; mais ils se sont épuisés inutilement dans ces recherches." (Ps. LXIII, 6, 7.)

"Ils m'ont insulté par des railleries, ils ont grincé des dents contre moi." (Ps. XXXIV, 16.)

"Je suis devenu un sujet d'opprobre pour mes voisins, et une occasion de frayeur pour mes amis eux-mêmes ; ceux qui me voyaient fuyaient loin de moi." (Ps. XXX, 12.)

"Et ils décidèrent qu'on lui donnerait trente deniers d'argent. Et le Seigneur me dit : Va jeter au potier cette belle somme qu'ils ont cru que je valais lorsqu'ils m'ont mis à prix. "(Zach., XI, 13.)

"J'ai livré mon corps à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui me donnaient des soufflets ; je n'ai point détourné mon visage de ceux qui me couvraient d'injures et de crachats." (Isaïe, L, 6.)

"Le Christ sera mis à mort et le peuple qui l'aura renié ne sera plus son peuple.** (Daniel, IX, 26.)

"Je suis un ver de terre et non un homme, l'opprobre et le rebut du peuple. Ceux qui me voyaient se sont moqués de moi ; ils en parlaient avec outrage, et ils m'insultaient en branlant la tête. Il a espéré dans le Seigneur, disaient-ils, que le Seigneur le délivre maintenant, qu'il le sauve". (Ps. XXI, 6, 7, 8.)

"Je suis assiégé par une foule de furieux qui veulent me perdre ; ils ont percé mes mains et mes pieds, ils ont compté tous mes os ... Ils ont partagé entre eux mes habits, ils ont jeté le sort sur ma robe." (Ps. XXI, 17, 18, 19.)

"Ils m'ont donné du fiel jxmr ma nourriture, et dans ma soif ils m'ont présenté du vinaigre à boire." (Ps. LXVIII, 22.)

"n paraîtra sans gloire devant les hommes et n'aura rien qUi le distingue . . . Méprisé, homme de douleur. .Vraiment il a pris sur lui nos langueurs ; il a paru à nos yeux comme un homme maudit de Dieu, et un abandonné. Il a été frappé pour nos iniquités, et il a été brisé pour nos crimes, et nous avons été guéris par ses meurtrissures. Mais s'il a été offert, c'est parce qu'il l'a voulu ; il n'a pas ouvert la bouche pour se plaindre ... Il a été mené à la tuerie comme un agneau ... Il est mort dans les aagoiaes ayant été condamné par des juges ; maù qui racontera sa génération ? Je l'ai frappé pour les crimes de mon peuple. . .

Le Seigneur lui départira une nombreuse postérité, parce qu'il se sera livré lui-même à la mort, qu'il aura été mis au rang des scélérats. . .et qu'il aura prié pour les coupables." (Isaïe, LUI tout entier.)

"En ce jour-là le soleil se couchera en plein midi, et je couvrirai la terre de ténèbres lorsqu'elle devrait être pleine de lumières." (Amos, VIII,

"Ils m'ont mis dans une fosse profonde, dans des lieux ténébreux et dans l'ombre de la mort." (Ps. LXXXVII, 7.)

"Son sépulcre sera glorieifx." (Isaïe, XI, 10.)

"Je les délivrerai de la puissance de la mort (les âmes retenues dans les limbes et les corps de tous les élus) , je les rachèterai de la mort. 0 mort, je serai ta mort ! O enfer, je serai ta ruine ! (Osée, XIII, 14.)

" Préparez le chemin à Celui qui est monté sur le couchant ; le Seigneur est son nom. (Ps. LXVII, 4.)

" Et vous, portes éternelles, levez-vous, ouvrezvous, afin de laisser entrer le Roi de gloire." (Ps. XXXVII, 7.)

" Celui qui doit leur frayer le chemin marchera devant eux : ils passeront en troupes à leur porte, et y entreront : le roi passera devant leurs yeux, et le Seigneur sera à leur tête." (Michée, 11, 13.)

" Vous êtes monté en haut, vous avez amené un grand nombre de captifs." (Ps. LXVII, 19.)

" Ib ont VU, ô Dieu, votre entrée, triomphante de mon Dieu, de mon roi qui réside dans son sanctuaire." (Ps. LXVII, 26.)

" Le Seigneur remplira de sa parole ses Evangélistes, afin qu'ils l'annoncent avec une grande force." (Ps. LXVII, 12.)

" J'élèverai un signe parmi eux, et j'enverrai ceux d'entre eux qui auront été sauvés vers les nations de l'Afrique, dans la Lydie, vers les peuples armés de flèches, dans l'Italie, dans la Grèce, dans les îles les plus reculées, vers ceux qui n'ont jamais entendu parler de moi. . . Ils annonceront ma gloire aux gentils ; et ils feront venir tous vos frères de toutes les nations, comme un présent pour le Seigneur ; et j'en choisirai d'entre eux pour les faire prêtres et lévites, car les cieux nouveaux et la terre nouvelle que je vais créer subsisteront toujours devant moi, dit le Seigneur, et les fêtes se changeront en d'autres fêtes ; et les sabats en un autre sabat ; toute chair viendra se prosterner devant moi et m'adorer." (Isaie, LXVI, 19, 20, 21, 22, 23.) "... Mais il sera une pierre d'achoppement (le Messie), une pierre de scandale pour les deux maisons d'Israèl ; un piège et un sujet de ruine à ceux de Jérusalem . . . Plusieurs d'entre eux s'y heurteront... Ecoutes, sourds, aveugles... Qui est aveugle, si ce n'ert Israël, mon serviteur? Qui est sourd, sinon celui à qui j'ai envoyé mes prophètes ?.. Qui a livré Jacob à la destruction et Israél à la dévastation? N'est-ce pas le Seigneur

que nous avons offensé? Car ils n'ont pas voulu marcher dans ses voies, ni entendu sa loi." (Isaïe, XLII, 17, 25.)

" Les yeux du Seigneur sont ouverts sur le royaume qui pèche ... Et je vais faire que la maison d'Israël soit secouée parmi toutes les nations de la terre comme on secoue le froment dans un crible." (Amos, IX, 8, 9.) C'est ainsi que la réprobation des Juifs, leur aveuglement et leur dispersion sont annoncés énergiqueraent dans les Livres saints.

Quelle conformité des prophéties avec l'Evangile ! Quel portrait de Jésus-Christ ! Quelle fidèle image ! Surtout quel accord avec l'événement ! Ne dirait-on pas, en lisant certains passages d'Isaïe, que ce saint homme, qui écrivait plus de mille ans avant Jésus-Christ, est un évangéliste et non un prophète.

Je ne puis, en effet, sans renverser la base de toute certitude, conclure autrement que le personnage annoncé par les prophètes n'est autre que Jésus-Christ, le Sauveur promis. C'est bien la figure sublime du Sauveur attendu que les prophètes nous peignent sous d'aussi vives couleurs. Jésus-Christ a donc vécu réellement ; il est bien né dans la ville désignée par les prophètes, à Bethléem de Juda ; il y est né de la manière et à l'époque convenue ; il est né d'une vierge, tel qu'annoncé par Isaïe ; il était, tel que prédit, de la race de David ; il a réalisé dans sa personne

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tous les traits de Celui que l'on attendait ; sa vie, son œuvre, en un mot, ont été la vie et l'œuvre du Messie annoncé par les prophètes. Tout ce qui a été prédit de lui ne peut s'appliquer à aucun autre ; les moindres détails de sa vie sont signalés d'avance et vérifiés par l'événement. Il n'est pas au pouvoir d'un homme, remarque à ce sujet Mgr Freppel, de choisir son lieu de naissance, de naître de la race d'Abraham, de la tribu de Juda, de la maison de David, de paraître au temps marqué par Jacob, de faire des miracles et d'obtenir la foi du genre humain.

Toutes les prédictions, les figures de l'ancienne loi se rapportent à Jésus de Nazareth et prouvent qu'il était vraiment le Messie. C'est avec raison que le béni Sauveur lui-même, au moment de quitter la terre après sa résurrection, pourra dire à 868 apôtres et disciples réunis : "Dans toutes mes paroles, lorsque j'étais avec vous, je vous avais annoncé que devaient nécessairement s'accomplir toutes les prédictions écrites à mon sujet dans les livres de Moïse, des prophètes et des Psaumes."

Je trouve encore la preuve de l'accomplissement des prophéties, quant au règne de Jésus- Christ sur la terre, dans l'établissement de la religion qu'il a fondée, la conversion de toutes les nations à la pure et sainte doctrine de l'Evangile, le déploiement prodigieux de sa grandeur spirituelle, la permanence et l'universalité invincible de son règne à travers les siècles

Je sais, de plus, que Jésus-Christ s'est dit être le Fils de Dieu, envoyé pour racheter l'humanité ; qu'il a prouvé sa divinité par sa doctrine, par ses vertus, par ses miracles, par sa mort et sa résurrection. Nous avons en témoignage de la divinité de sa mission la Révélation chrétienne, c'est-à-dire la religion qu'il a enseignée, religion que la raison humaine n'eût jamais été capable de découvrir.

"Il n'y a qu'une question de laquelle tout dépend, disait à ce sujet M. Brunetière : Jésus- Christ est-il Dieu ou bien n'est-il qu'un homme ? S'il n'est pas Dieu, l'Ancien Testament croule avec le Nouveau. S'il est Dieu, au contraire, l'origine divine de l'Ancien Testament est prouvée par là même, puisque d'un bout à l'autre, il ne tend pour ainsi dire qu'à préparer Jésus."

Jésus-Christ, en effet,aaflarmé sa divinité dans plusieurs circonstances de sa vie terrestre, que Lui et Dieu ne faisaient qu'un. "Moi et mon Père, nous sommes un." — "Mon Père est en moi, et moi dans mon Père." — "Qui me voit, voit aussi mon Père."— "Crois-tu au Fils de Dieu ?", demande-t-il à l'aveugle-né, "Qui est-il, Seigneur, afin que je crois en lui ?" Jésus lui dit : "Tu le vois, et celui qui te parle, c'est lui-même." Alors il dit : "Je crois, Seigneur", et se prosternant, il l'adora. "Non, ce n'est pas ainsi que parlent les hommes", s'écriaient les foules qui suivaient les pas du Sauveur ^

1. On remarquera, en lisant dana l'Evangile la guériaon de l'aveugle-né, que ce miracle a été constaté selon toutes les règles que la plus sévère critique peut exiger.

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Un jour, à Césarée de Philippe, Jésus interroge 868 disciples sur ce que les gens disent de lui. Les uns, répondent-ils, disent que vous êtes Jean- Baptiste, d'autres Elie, d'autres Jérémie ou un des prophètes. — "Mais, vous, reprend le Sauveur, que dites- vous que je suis ?" — Simon Pierre lui répondit : "Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant." Jésus répondit : "Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, parce que ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux." Jésus le loue de son afl&rmation, qu'il ratifie, et prend occasion de cette circonstance solennelle pour faire de Pierre le chef de son Eglise future.

Un autre jour, Philippe lui dit : "Seigneur, faites-nous voir le Père, et cela nous suffit." — "Quoi, répond Jésus, je suis depuis si longtemps avec vous et vous ne me connaissez pas ? Philippe, celui qui me voit voit aussi le Père. Comment peux-tu dire : "Faites-nous voir le Père ? Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ?"

Une autre fois, parlant à Nicodème, qui vient lui dire : "Maître, nous savons que vous êtes venu de par Dieu ; car personne ne peut opérer les prodiges que vous faites, si Dieu n'est avec lui." Jésus dit : "Dieu a tant aimé le monde qu'il a envoyé son Fils unique, afin que celui qui croit en lui ne périsse pas, mais obtienne la vie éternelle . . . Celui qui croit en lui, n'est pas condamné, mais celui qui n'y croit pas est condamné, parce qu'il ne croit pas au Fils de Dieu."

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Au moment de ressusciter Lazare, il déclare formellement qu'il va opérer ce miracle pour que le peuple reconnaisse la divinité de sa mission. La veille même de sa mort, il affirme de nouveau sa divinité, tout en sachant que cette réponse devait achever de le perdre dans l'esprit de ses ennemis. "Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu," lui demande Caïphe. Jésus lui répond : "Tu l'as dit", ou "Je le suis", selon saint Marc.

A Jean-Baptiste, qui lui envoie de ses disciples pour savoir s'il est vraiment le Christ attendu pour le salut du monde, Jésus en appelle à l'évidence des miracles qu'il opère. Dans une autre circonstance, il dira : "Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de ce que je suis." — "Si vous ne croyez pas à ma parole, croyez du moins à cause de mes œuvres."

Telle était, en effet, la notoriété de ses prodiges, qu'Hérode lui-même fut ravi en apprenant qu'il allait voir le Christ en personne, que lui déférait Pilate, pensant bien qu'il n'hésiterait pas à faire un miracle en sa présence.

Devant Pilate, qui songe à renvoyer Jésus, qu'il reconnaît innocent, les Juifs déclarent : "Nous avons une loi, et selon cette loi, il doit mourir parce qu'il s'est dit le Fils de Dieu."

Enfin, sur le Calvaire, on lui lance l'injure suprême : "Si tu es le Fils de Dieu, descnds donc de la croix." Le fait est manifeste : Jésus-Christ a été poursuivi et condamné à mourir pour avoir affirmé sa divinité.

Il réclame les attributs divins, la puissance divine. "Tout ce que fait le Père, le Fils le fait également."— "Je suis la voie, la vérité et la vie. Nul ne vient à mon Père que par moi." Quand il fait des miracles, c'est en son nom et de sa propre autorité. "Je le veux, sois guéri ; jeune homme, lève-toi.— Lazare, sors dehors, etc." Nous le savons, il a même déclaré qu'il avait le pouvoir de remettre les péchés ; de fait, il les remet, et transmet même ce pouvoir à ses disciples. Quant à lui-même, il défie qui que ce soit de le convaincre de péché, prétention qu'aucun homme n'a jamais soutenue et n'osera jamais soutenir, prétention de la part de Jésus-Christ que personne ni alors ni depuis n'a jamais osé démentir. En effet, il est la plénitude de la sainteté ; son caractère moral est la perfection même.

n veut qu'on l'adore comme on adore Dieu le Père. "Comme vous croyez en lui, croyez en moi" Thomas, revoyant Jésus après sa résurrection, se jette à ses pieds et l'adore en disant : "Mon Seigneur et mon Dieu", et Jésus le loue de .sa foi tout en déclarant heureux ceux qui ont cru avant d'avoir vu.

Il accueille nos prières et veut qu'on demande en son nom. "Tout ce que vous demanderei à mon Père en mon nom, je vous l'accorderai." "Si vous demandez quelque chose en mon nom, je vous l'accorderai." — "Je suis le pain vivant descendu du ciel. Qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle, et moi je le ressusci*

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terai au dernier jour. C'est moi qui suis la résurrection et la vie." — "Quiconque aura quitté ou maison, ou frères, ou sœurs, à cause de moi, recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle." — " Quiconque vit et croit en moi ne mourra point pour toujours", dit-il à Marthe, au moment de ramener son frère Lazare à la vie. Il faut être Dieu pour faire de telles promesses. On ne s'aurait expliquer autrement le langage tenu par le Sauveur, car "les expressions dont il se sert seraient d'un fou si elles n'étaient d'un Dieu", (Mgr Bougaud). Mais comme Jésus n'était pas fou, il était Dieu, vraiment Dieu et vraiment homme à la fois.

Les Juifs mêmes ne s'y trompent pas. Un jour, Jésus leur demande pourquoi ils veulent le lapider : "C'est parce que, étant homme, tu te fais Dieu." C'est aussi la raison, comme nous venons de le voir, qu'Us donnent à Pilate pour le faire condamner. Jamais personne, écrit Mgr Mignot, n'a parlé en son propre nom de Dieu et des choses de Dieu . . . Jésus, au contraire, le plus humble, le plus sincère, le plus désintéressé des hommes, légifère comme Dieu, pardonne comme Dieu, juge, absout, condamne comme Dieu . . . Que veut-on de plus, à moins de réciter le symbole de Nicée ou celui de saint Athanase.

Non seulement Jésus-Christ a été prophétisé, mais il a lui-même fait des prophéties que le temps a confirmées, telles que, par exemple, la ruine

de Jérusalem et du temple, la manière dont cette ville serait assiégée. Il a prédit sa mort, toutes les circonstances qui devaient l'accompagner, le reniement de Pierre, la trahison de Judas, et enfin sa résurrection. Alors, Jésus dit à ses Apôtres : "Nous montons à Jérusalem ; là, on me crachera au visage, je serai flagellé et crucifié, mais ne craignez rien, je ressusciterai le troisième jour." En effet, il meurt comme il l'avait dit, et il ressuscite comme il l'avait annoncé.

"Après son dernier soupir, on a fouillé son cœur pour en tirer ce qui restait du sang. Il est mort, bien mort, non point dans un coin obscur, propice à la fraude et au mensonge, mais en plein air, au sommet d'une colline, cloué sur un gibet où tout un peuple a pu le voir. Il est mort d'une mort publique et juridiquement constatée. Il est mort et sa tombe a été mise sous scellés et gardée par des soldats. Eh bien ! ce mort on l'a vu vivant. Ceux qui le pleuraient ont tressailli de joie en le voyant apparaître au milieu d'eux, et en l'entendant dire : Paix à vous !

"La nouvelle de cette résurrection se répand dans le monde, non par les timides confidences d'une secte superstitieuse qui tient à se cacher, mais par des témoignages publics dont retentissent les tribunaux." (Monsabré.)

Le Père Nourit, dans une brochure intitulée Comment on croit, traitant le fait de la résurrection, exprime la réflexion suivante que tout homme de bon sens ne peut rejeter :

"Les cinq cents personnes qui l'ont vu ressuscité ont-elles dit vrai ? D'abord, il est inadmissible que tant de personnes s'unissent pour tromper, ou qu'elles soient toutes victimes d'une illusion ou d'une hallucination. Et puis, quel avantage auraient-elles eu à soutenir une erreur ou une fausseté ? On leur promettait des richesses, des honneurs, si elles voulaient renier cette croyance : on les menace de tous les supplices, si elles persistent à l'afl&rmer, elles choisissent d'être persécutées et même de mourir, plutôt que de trahir leur conscience et la vérité.

"Si cet homme était un imposteur, s'il n'était pas ressuscité, ceux qu'il aurait trompés auraient maudit sa mémoire au lieu de se faire tuer pour lui.

"Pourquoi, direz-vous, n'est-il apparu qu'à cinq cents personnes ? Je n'en sais rien ; mais ce que je sais, c'est que cinq cents témoins désintéressés qui se laissent égorger pour soutenir ce qu'ils avancent, sufl&sent pour établir une certitude, à laquelle aucun homme de bonne foi ne peut refuser «on assentiment."

Il est donc réellement ressuscité. C'est le témoignage unanime des quatre Evangélistes. Ses Apôtres, ses nombreux disciples, qui le voient, qui lui parlent, qui mangent avec lui, qui reçoivent ses derniers enseignements, voient en lui la personne même du Christ, et non une apparence, une ombre. Tous affirment qu'il est ressuscité. Ils mourront, au besoin, en témoignage de ce qu'ils

attestent avoir vu. Tacite, chez les Romains, Josèphe, chez les Juifs, mentionnent le fait *. Il n'y a pas d'événement ancien, historiquement mieux prouvé, que celui de la résurrection du Christ. Toutes les circonstances qui accompagnent la mort et la résurrection du Sauveur ne laissent absolument aucune prise au moindre doute, à l'imposture, à tout homme de bonne foi, quant à l'authenticité de ce fait, devenu public et dont la fausseté, si elle eût existé, aurait pu être démontrée en un instant, fait qui devient le point culminant de la divinité du Christianisme, la preuve

1. Les écrivains profanes nous fournissent sur l'ezistenoe personnelle de Jéeus-Christ des témoignages qu'il est intéressant de noter, bien que les documents évangéliquee et inspirés suffisent par eux-m^mes.

Tacite, dans ses AnnaUê, raconte l'incendie qui consuma une partie de Rome, et dont l'opinion publique accusait Néron d'être l'auteur. Celui-oi voulut rejeter ce forfait abominable sur les chrétiens. Le célèbre hintorien, après avoir mentionné ces faits, ajoute, comnie tntit oarartériiitique des chrétiens : " Ce nom leur vient du Christ, qui avait été exécuté sous Tibère, par les ordres du procurateur Ponce-Pilate." Tacite ajoute que la secta des chrétiens avait pris naissance en judée et s'était répandue dans Rnme mftmc. (Ann. XV, 44.)

Flavius Joséphe était un historien juif. Il naquit l'an 37 ou 88 rie notre èrt*. Ses Antiquité» juites contiennent detix rdatifs h Notre-8eicneur Jésus-Christ, dont le i>ius imi^ortant le suivant : "Ver* eette époque (sotM le sourernsnieLit de Pono»- Pilate 27-37) parut Jéstis. honme ••••, si loutsfoii on peut l'appeler un homme, car il faisait dss CBwrai êtoaamatm. Ce fut un maKre pour ceux qui reçoivent la vérité avse plaisir. Beaucoup de Juifs et aussi beaucoup de Grecs s'attachèrent k lui. C'est lui qui était le Christ. Sur la dénonciation des principaux de son peuple, Pilate le fit condamner au supplies de la croix. ICak ceux qui l'avaient aimé auparavant hii donetirèrent fidèles, ear il letir apparut vivant ds doutsmi le troisième jour, ooaame l'avaient annoncé les divins pfophètss, qui aviisnt aussi dh à soa

la plus irrécusable de la mission divine de Jésus- Christ, aussi bien que de sa divinité. Elle devient la base de nos croyances. C'est sur la résurrection de Jésus-Christ, affirmée par son témoignage et celui des Apôtres, que Pierre appuie son enseignement. Ses premières déclarations lui valent deux emprisonnements et le fouet. Il continue ; il ne pouvait se taire. . . "Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité : nous en sommes tous témoins ; nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendu", et le monde se convertit.

Saint Paul, dans ses Epitres, ne cesse de parler de la résurrection du Sauveur ; lui aussi l'invoque comme base de son enseignement : "Je voua ai communiqué avant tout ce que j'ai reçu, dit-il

«ujet mille choees merveilleuses. Maintenant encore. la racfl des chrétiens, qui tirent de lui leur nom, n'a pas cessé d'exister " (Ant. XVIII. iii. 3.)

Lucien, dans son livre De morte pereçrini, s'il ne nomme pas Jésus, parle du "sophiste crucifié", de "l'homme crucifié en Palestine", personnage très connu et mort depuis longtemps. C'eet. dit-il, le grand législateur des chrétiens, auxquels il a ordonné do renoncer au culte des divinités grecques, de l'adorer lui-même à leur place, do se regarder mutuellement comme des frères et de pratiquer la charité la plus parfaite les ims & l'égard dos autres.

Pline le Jeune, gouverneur de la Bithynie, dans une lettre à Trajan, parle des chrétiens de sa province, qui se réunissaient à jour fixe, et chantaient dos cantiques qui attribuaient au Christ la. nature divine.

Saint Justin et Tertullien, célèbres apologistes, affirment qu'il aurait existé dans les archives de Rome un rapport de Pilate attestant la condamnation et le crucifiement de Jésus-Christ. II n'est pas probable qu'ils aient vu ce document de leurs yeux, mais ils n'ont pas fait cette déclaration sans avoir eu des raisons de croire à son existence.

dans sa première Epitre aux Corinthiens : que le Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ; qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures ; qu'il a apparu à Céphas (Pierre) et après cela aux Onze ; qu'ensuite il s'est montré à plus de cinq cents frères réunis, dont beaucoup vivent encore, et dont quelques-uns sont morts. Il est ensuite apparu à Jacques, puis à tous les apôtres ; et, enfin, après eux tous, il m'est apparu aussi à moi-même comme à l'avorton, car je suis le moindre parmi les apôtres, n'étant pas digne d'être appelé apôtre, puisque j'ai persécuté l'Eglise de Dieu... Voilà ce que nous avons prêché, moi aussi bien que les autres, et voilà ce que nous avons cru."

Se ressusciter soi-même n'est pas un fait ordinaire. Nous savons bien que personne au monde n'a jamais pu en faire autant, hormis Jésus-Christ, qui a achevé de prouver par là qu'il était vraiment Dieu et le Mattre de la mort \

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il, à mrinior sur if riuvajr»? pour me fairt' rniriti'T. p.Trrc nm- jt- na I— iiMllwli pa* U inkMo» jour."

PItM tard, déchu de m grandeur et déposé sur uoo tic perdue dn l'Atlantique. Napoléon, du haut de eon roeher, promenant eon rfcard nur In paané, réfléoUanait avee triateMe eur le peu d'amour qui suivait les gnod» au-delà de la mort et l'oubli qui suivait Ipur souvenir. Il prenait, sous oe rapport, Is moinirr de l'humanité rn Alexandre, en Céear, en Annihal. en lui-même, puia il l'appliquait A notre divin fondateur, et. apifs en avoir eonstaté la différence, il s'écriait avec un aoœnt fatidique : "O Bertrand! je me ronnnix en h«M«»T»»f , et Je t'assure que JéeuH-<~'hrist était Dieu". (Cité par le P. CauMett*. dans aoa ouvrace Le bon sens

Or "la divinité de Jésus-Christ, une fois admise, entraîne la certitude absolue de tout ce qui a été avancé jusqu'ici : la valeur de la foi, la divinité de la révélation, l'inspiration de l'Ecriture, l'autorité de l'Eglise, l'existence du surnaturel, la Trinité, la création, le péché originel, tout cela, directement ou indirectement, repose sur sa parole ; tout cela découle comme un corollaire de l'autorité divine de son enseignement . . . Aussi, depuis dix-neuf siècles, presque pas une vertu n'a été pratiquée sinon sous l'influence de Jésus et comme un hommage à sa divinité ; poussée par cette foi nouvelle, l'humanité a appris des vertus qu'elle ne connaissait pas, elle a produit des héros nouveaux, les saints, chez qui la lutte contre soimême et le dévouement pour autrui ont pris la place du courage Spartiate ou du patriotisme romain. Ce sont des personnes de tout âge, de tout sexe, de toute condition ; tantôt de pauvres femmes, comme sainte Geneviève et sainte Germaine Cousin, ou des rois, comme saint Louis et saint Edouard, à côté des docteurs comme saint Augustin, saint Thomas d'Aquin, saint François de Sales ou saint Liguori. En un mot, tout ce qu'il y a de grand, d'illustre, d'éminent dans l'humanité par l'esprit ou par le cœur, nous le trouvons aux pieds de Jésus-Christ, répétant la parole de l'apôtre convaincu : Vous êtes mon Seigneur et vous êtes mon Dieu ^"

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