‹ La lumière visibleChapitre 6 sur 89 · F. Vigourotu, I-rt I.ivTfa fiaint», Tntirxi · texte numérisé non relu

F. Vigourotu, I-rt I.ivTfa fiaint», Tntirxi

représentations de sujets bibliques. Lors de la tenue du premier concile œcuménique, à Nicée, après la victoire du christianisme sur le paganisme, la place d'honneur fut réservée aux Saints Evangiles, qu'ils élevèrent sur un trône couvert de riches tapis. C'est comme si le Christ lui-même eût été présent au milieu d'eux par sa parole écrite. Cet exemple de Nicée se perpétua dans les conciles qui suivirent. Il fut même décrété, au 4e concile œcuménique de Constantinople, que l'on rendrait à l'Evangile le même culte qu'à l'image de Notre-Seigneur. Enfin, pendant tout le Moyen âge, la Bible fut populaire et l'objet du plus profond respect de la part de l'immense majorité des chrétiens. De formidables hérésies cependant, comme l'arianisme et le pélagianisme, celle des Albigeois ou Cathares, du lie au 13e siècle, attristèrent l'Eglise dans son règne de paix et de progrès ; mais les controverses, les disputes sur des points importants de la foi, portaient plutôt sur le sens qu'il fallait attacher aux mots, aux expressions du texte sacré. On ne mettait pas en doute l'inspiration ni de l'Ancien, ni du Nouveau Testament. Vers l'époque de la Renaissance, les idées à cet égard, sous la double influence des doctrines averroïstes et de l'antiquité païenne, commencèrent à se modifier pour en arriver à la négation du surnaturel, négation qui marqua la fin du 18e siècle pour se perpétuer dans le 19e. Le principe de l'examen individuel touchant l'interprétation de l'Ecriture, proclamé

dès la naissance de la Réforme et qui a été à la base de toutes les communions protestantes, l'influence de la philosophie panthéiste de Spinoza, celle du socinianisme, la vague d'incrédulité connue sous le nom de déisme * qui se répandit sur l'Angleterre vers le milieu du 17e siècle, ont également été les facteurs principaux dans cette évolution des esprits vers le rationalisme, qui est aujourd'hui le grand ennemi de la Bible.

Pour le rationaliste, qui place la raison au-dessus de l'autorité, la Bible n'est qu'une œuvre purement humaine. Il ne lui reconnaît pas son caractère divin ; il ne croit pas à la révélation ; il nie la possibilité des miracles, parfois même l'existence de Dieu. "Pour lui, le surnaturel n'est qu'une illusion ; l'efficacité de la prière, un rêve ; la grâce, une chimère ; le ciel et l'enfer, des fantômes ; rien n'existe que ce qui tombe sous nos sens ou du moins ne dépasse pas la portée de notre intelli-

1. Relifcion nattirellp, indépendante de toute révélation. Le* principaux - ' ■• : clu déisme aofclaia furent Chorbur>', Toland, Shaftcshi: .. Woolston, Tindnl. Chubb vt Bo'.inRbroke.

qui comui .:„.... a esprit d'impiété A Voltaire. Toub ce» hommea, aons une fornip ou boua une autre, attaquèrent les Livre* Sainta, et furent de» apâtrea d'irréligion. Ce fut dana leurs écrita. et en (farticulier dan* le* Lettre» mr rkietoire de Bolin^ broke. que Voltaire puisa à plelnM mains ses objeetion^ milleuses et bouffonne» contre la Bible et le Christiu' mr.

C'est encore à c«»tt« école que se form&reot lo> le-

manda. J.-\\. Ilcckcr publia en 1762 sa htttçiun rmtimneiU, édition RermaninAe den a-iivres des inerédolss de la Grmnd»- Bretacne. Au total. c«!ttv littérature déiste fit plus de mal en Franee et en Allemagne qu'en Angletene même, ob son influenee fut reUtivemsttt faible et de eoorte dwée.

gence. Il fait ainsi main basse sur toutes les grandes vérités chrétiennes et parce que ces vérités reposent sur l'Ecriture qui nous les enseigne, il attaque l'Ecriture avec acharnement, sans trêve et sans merci, sachant bien que s'il réussissait à renverser cette colonne, tout l'édifice de Jésus-Christ croulerait avec elle, comme le temple des Philistins ruiné par la force de Samson \"

Voltaire, le plus violent ennemi de la Bible en France, ne fut pas un critique scientifique. Tous ses efforts tendirent à la caricaturer, à la déshonorer et à la couvrir d'infamie. "Il altère, dit l'auteur que nous venons de citer, il transforme

tout pour lui donner un air difforme et ridicule

Dérision, plaisanteries, sarcasmes, invectives, anecdotes bouffonnes, telles sont les armes de l'arsenal de Voltaire contre les Ecritures. Il altère les textes, il en dénature le sens, il y ajoute, il y retranche et, en se servant toujours des mêmes traits répétés cent fois, il parvient enfin à couvrir la Bible de ridicule aux yeux de ses ecteurs, ses

complices et ses séides " Telle est la guerre

que Voltaire, durant sa longue vie, a portée contre les Ecritures, "guerre de quolibets, légère, superficielle,, à coups d'épingles, mais, à la longue, agaçante, douloureuse et finalement démoralisatrice."

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