F. Vigourouz, Lea Livre» Saints, Préface
Et dans cette œuvre de démoralisation, il eut de puissants auxiliaires : Rousseau, d'Alembert Diderot, Helvetius, d'Holbach, d'Argens, La Mettrie, Condorcet. Se parant du titre de philosophes, ces sophistes inconscients, mais fanatiques d'impiétés et d'infamies, mènent une guerre ouverte contre Dieu et la Révélation, prêchant le matérialisme et l'immoralité, tant par leurs écrits que par leur conduite. L'incrédulité gagne toutes les classes et fait scandale. Horace Walpole,se trouvant en France en 1765, écrivait : " J'ai dîné aujourd'hui avec une douzaine de savants, et quoique tous les domestiques fussent là pour nous servir, la conversation a été beaucoup plus libre, même sur l'Ancien Testament, que je ne l'aurais souffert à ma propre table en Angleterre, n'y eût-il eu pour l'écouter qu'un valet de pied *."
"Singulier siècle, dit Sainte-Beuve dans une de ses Causeries sur le théosophe Saint-Martin, où l'incrédulité, l'athéisme, aux meilleurs jours, un déisme agressif, le naturalisme toujours, se promenaient en plein soleil, et où le sentiment religieux et divin, ainsi refoulé dans l'ombre, allait se prendre à des sortilèges ou à des fantômes ^" On ne croyait plus à la religion révélée, que d'ailleurs on ignorait, mais on ajoutait foi à la secte des illuminés à laquelle appartenait Saint-Martin,