‹ La lumière visibleChapitre 67 sur 89 · I. Orestes-Augiutufl Brownson · texte numérisé non relu

I. Orestes-Augiutufl Brownson

prévenus, comme des dogmes indiscutables, l'adoption d'hypothèses intéressées. Les adeptes de cette science, dans les explications qu'ils prétendent nous donner des grands problèmes de la nature, comme par exemple, dit l'auteur des Ignorances de la science, comment le monde a commencé, tout seul, ou comment un animal qui n'avait jamais fait que grogner, glousser ou aboyer, durant des siècles, est devenu homme et s'est mis à parler, ont une manière de s'exprimer qui leur est particulière : "La Science dit . . . la critique établit ... il se peut que ... à un moment sans doute. . . il dut arriver. . ., etc." La vérité est qu'ils ignorent absolument comment cela a été fait, quand cela a été fait, même êi cela a été fait, et ils s'eflTorcent, à l'aide de leurs affirmations peeudo scientifiques, de dissimuler leur embarras et la peine qu'ils se donnent pour se passer de Dieu.

"Qu'un Créateur intelligent ait façonné l'œil, la main, le système nerveux ou le système sanguin de notre espèce, avec ordre et prévoyance, certains savants ne sauraient y souscrire ; mais qu'un mollusque gastéropode, en étendant son corps sous l'empire de la nécessité, se fasse pousser des tentacules ou des membres nouveaux, cela leur paraît très probable. Que Dieu ait créé des espèces, la science n'en saurait convenir ; mais qu'un beau jour, une plante soit devenue un animal, ou bien encore que des poissons "entraînés

par l'ardeur de la chasse et de la fuite, ou par

' la violence du vent dans des roseaux du rivage, ' aient vu, sous les influences de l'air, leurs ' nageoires se fendre, les rayons qui les soutien- ' nent se transformer en plumes, dont les mem- ' branes desséchées formèrent les barbules, leur ' peau se couvrir de duvet, leurs nageoires ven- ' traies devenir des pieds, leur cou et leur bec ' s'allonger, enfin la carpe se changer ainsi en * oiseau", (Du Maillet), rien de plus simple. Enfin, que la religion enseigne les béatitudes corporelles réservées à l'homme dans un monde meilleur, elle n'obtiendra que des sourires ; mais qu'un évolutionniste annonce que l'homme engendrera, plus tard, une espèce supérieure à luimême, sorte de postérité olympienne qui n'aura plus rien du singe son aïeul, toutes les Facultés de France et d'Allemagne dresseront l'oreille avec curiosité. Ainsi, à tout instant, la science préfère l'absurde des explications naturelles au bon sens des enseignements divins ^"

Se passer de Dieu ! chercher à supprimer le miracle ! voilà le secret qui nous explique les opinions scientifiques de la plupart des savants matérialistes. "Ne voulant pas, dit Burmeister, dans son Histoire de la Création, si répandue en Allemagne, avoir recours aux miracles et aux mystères, noua sommes obligée, pour expliquer l'apparition sur la terre des premières créatures organisées, de revenir à la vertu génératrice de la matière elle-même."

Page 1