I. Gustave de LamaneUe, Mpueur
il a existé. Mais ce qui convient à tous lef temps, ce qu'il est indispensable de conserver i toutes les époques, si l'on veut jouir de la paix, de cette tranquillité de l'âme que la terre est sisceptible de nous procurer, c'est l'esprit de foi, la pratique des vertus chrétiennes et la soumiision aux décrets de la Providence, qui aninaient ces populations d'autrefois et qui faisaieit que, en dépit de ce que ces temps pouvaieit laisser à désirer en fait des commodités de la vie elles étaient p]us heureuses, plus satisfaites que nous, avec toute notre science, nos progrès natériels, nos richesses et notre prétendue et mensongère égalité. Nous faisons bien de rcueillir et de conserver par écrit les gais refraiis et les divertissants propos de ces joyeuses >opulations, car nous ne les entendons plus, les nAres n'étant plus d'humeur à chanter, au miliei des désirs, des convoitises, du besoin factice maladif, que le progrès matériel crée sans csse sans pouvoir apporter de quoi les satisfaire. Ces hommes d'autrefois possédaient la grande et vraie lumière, lumière supérieure des inte-igences, qui a une autre origine que celle que projettent nos fourneaux embrasés ; ils conriissaient le secret du contentement et de la joifi leur appétit se bornait à leur avoir ; ils oncevaient le véritable but de la vie et vivaient d^s l'ordre. Ils n'étai ent pas exempts de souffra<îes, de maux comme il y en a toujours eu, corme il y en aura toujours. Mais ils les comprennent, et savaient ce qu'ils
devaient en penser. L'âme, l'esprit, le cœur étaient sains. "Il y avait une immense santé morale qui neutralisait toutes les maladies du corps social, qui leur opposait un antidote tout puissant, une consolation positive, universelle, perpétuelle dans la foi ^" Ils reconnaissaient Dieu comme le maître de toutes choses, et, dans l'Etat comme dans l'école, ils lui réservaient la place d'honneur. Ils savaient prier, enfin, ces hommes, et au sein des plus grandes épreuves, la prière, leur apportait la paix et la joie. Rapprochonsnous donc de Dieu. Qu'il soit le centre de notre vie. Observons ses commandements ; gardons le droit sentier du devoir, les disciplines anciennes, la pratique de la justice, de la charité, ne bornant pas à la terre nos aspirations, et nous aurons le contentement intérieur, la paix de l'âme en même temps que la paix sociale tant recherchée, réalisant ainsi ce que dit si justement Montesquieu que "la religion chrétienne, qui semble n'avoir d'autre objet que la félicité de l'autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci."