POÉSIE BIBLIQUE. — LES PSAUMES
Si la Bible a les paroles de la vie étemelle, elle charme encore le lecteur attentif par ses grandes beautés littéraires. Il se dégage de ces pages sacrées une poésie que nul auteur profane n'a jamais surpassée. C'est une épopée à la fois divine et humaine. Les récits bibliques de l'Ancien Testament mettent en scène des héros, tels que Gédéon, Jephté, David, Jonathas, qui intéressent pour le moins tout autant que les personnages de rilliade et d'Homère. Ils nous présentent des tableaux d'une simplicité et d'une grâce incomparables, des peintures de mœurs d'une beauté et d'une délicatesse à ravir. Si le 18e siècle n'a pas compris les beautés littéraires de la Bible, s'il s'est même efforcé de la représenter sous un faux jour, personne aujourd'hui n'oserait contester le mérite littéraire des écrivains sacrés.
Le génie humain n'a jamais rien produit comme la Genèse, chef-d'œuvre de narration dans son antique simplicité, et où l'exposition des faits tient constamment l'attention en éveil. "Personne, dit un critique, n'a jamais connu mieux que Moïse le secret de ces formes dramatiques qui donnent tant de charme et de mouvement au récit. Ses personnages sont presque toujours
en scène ; leur dialogue est si naturel que l'on croirait assister à leurs entretiens \"
"On a tant écrit sur la Bible, dit Chateaubriand, on l'a tant de fois cotamentée, que le seul moyen qui reste peut-être d'en faire sentir les beautés, c'est de la rapprocher des poèmes d'Homère... Les passages les plus fameux et les plus admirés dans Homère, se retrouvent presque mot pour mot dans la Bible, mais avec une supériorité incontestable."
Les Hébreux avaient recours à la poésie pour exprimer leurs joies et leurs i>eines, les événements heureux et les deuils de la vie privée et de la vie publique. David chante le passage de la Mer Rouge ; Débora la victoire de Barac et la défaite de Sisara. David, dans une élégie qu'aucune langue humaine n'a égalée, s'attendrit sur la mort de 8aul et de Jonathas ; Jérémie, dans ses touchantes lamentations, déplore les malheurs de son peuple emmené en captivité. Diverses autres circonstances de la vie, les moissons et les vendanges, qui étaient l'occasion de bruyantes réjouissances, étaient célébrées par des chants poétiques.
Mais la poésie hébraïque est avant tout une poésie religieuse ; ce que les Hébreux composaient surtout, c'étaient des chants religieux. Le culte qu'ils rendaient à Dieu consistait principalement en chants sacrés avec accompagnement de musi-