L'HOMME PREND CONSCIENCE DE SOI ET DE LA RAISON DE SON EXISTENCE
J'existe. Je me détermine à agir; je prends conscience de mes actes ; je ne suis pas tel ou tel, mais moi-même. Rien de plus certain que mon existence.
Je sens très bien que je pense, et mon esprit conçoit facilement que ce n’est pas la matière qui pense en moi, d’où je conclus que je suis composé de deux éléments très distincts, l’un physique, l’autre spirituel, le corps par lequel je me meus dans cet univers qui m’environne, et l’âme, principe supérieur, immatériel, aussi bien dans son origine que dans sa nature, et qui fait qu’en À effet je pense, je comprends et raisonne, que je veux librement et dans la mesure où je veux, que j'ai conscience de mes sensations, de mes idées et de mes actes, de ma dignité morale, que j'ai le pouvoir de connaître le vrai et le bien, que je suis vraiment le maître de la nature.
Je sens, de plus, que je diffère des êtres pure. ment animal que je vois autour de moi ; que ls bête ne pense pas, qu’elle ne possède pas, comme moi, la notion du mérite ou du démérite ; que, guidée par une impulsion qui ne la trompe jamais, elle n’accomplit toutes ses actions que par instinct,