F. Vigouroux, Les Livres Saints, Introd
giles, qu'ils riches tapis.
eût été prése écrite.
Cependant, comme l’arian
celle des Albigeois ou C
siècle, son règne de mais les controverses, les ts importants de la foi,
aux mots, mettait p ni du N la Rena
dans le 19e. Le principe de 1 touchant l'interprétation de l’Ecriture, proclamé s
dès la naissance de la Réforme et qui a été à la base de toutes . : communions protestantes, l'influence de la philosophie panthéiste de Spinoza, celle du socinianisme, la vague d’'incrédulité connue sous le nom de déisme ! qui se répandit sur l’Angleterre vers le milieu du 17e siècle, ont également été les facteurs principaux dans cette évolution des esprits vers le rationalisme, qui est aujourd’hui le grand ennemi de la Bible.
Pour le rationaliste, qui place la raison au-dessus de l’autorité, la Bible n’est qu'une œuvre purement humaine. Il ne lui reconnaît pas son caractère divin; il ne croit pas à la révélation ; il nie la possibilité des m1.:cles, parfois même l'existence de Dieu. “Pour lui, le surnaturel n’est qu'une illu-
sion; l'efficacité de la prière, un rêve ; la grâce, une chimère ; le ciel et l’enfer, des fantômes ; rien n'existe que ce qui tombe sous nos sens ou du moins ne dépasse pas la portée de notre intelli-
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mes, sons une fo:
Saints, et furent écrits, et en parti broke, que Voltai
Au total, cette littérature déiste fit plus de mal en llemagne qu’en Angleterre même, où son influence = fut relativement faible ot de courte durée.
gence. Il fait ainsi main basse sur toutes les 4 grandes vérités chrétiennes et parce que ces À vérités reposent sur l’Ecriture qui nous les enseigne, il attaque l’Ecriture avec acharnement, sans * trève et sans merci, sachant bien que s’il réussis- À sait À renverser cette colonne, tout l'édifice de 3 Jésus-Christ croulerait avec elle, comme le temple * des Philistins ruiné par la force de Samson !.”’ 4
Voltaire, le plus violent ennemi de la Bible en ! France, ne fut pas un critique scientifique. Tous É ses efforts tendirent à la caricaturer, à la déshono- | rer et à la couvrir d’infamie. “Il altère, dit % l’auteur que nous venons de citer, il transforme À tout pour lui donner un air difforme et ridicule Dérision, plaisanteries, Sarcasmes, invectives, anec- © ; dotes bouffonnes, telles sont les armes de l’arsenal de Voltaire contre les Ecritures. Il altère les textes, il en dénature le sens, il y ajoute, il y 4 retranche et, en se servant toujours des mêmes traits répétés cent fois, il parvient enfin à couvrir | la Bible de ridicule aux yeux de ses ecteurs, ses complices et ses séides… ” Telle est la guerre ! que Voltaire, durant sa longue vie, a portée contre À les Ecritures, ‘“‘guerre de quolibets, légère, superficielle, à coups d’épingles, mais, à la longue, ! agaçante, douloureuse et finalement démorali- ! satrice.”
a 1. F. Vigouroux, Les Livres Saints, Préface.
Et dans cette œuvre de démoralisation, il eut de puissants auxiliaires : Rousseau, d’Alem- A bert Diderot, Helvetius, d’Holbach, d’Argens, La Mettrie, Condorcet. Se parant du titre de # philosophes, ces sophistes inconscients, mais fana- 4 tiques d’impiétés et d’infamies, mènent une guerre % ouverte contre Dieu et la Révélation, prêchant # le matérialisme et l’immoralité, tant par leurs + écrits que par leur conduite. L'incrédulité gagne Aioutes les classes et fait scandale. Horace à Walpole,se trouvant en France en 1765, écrivait : + ‘J'ai dîné aujourd’hui avec une douzaire de À savants, et quoique tous les domestiques fussent là pour nous servir, la conversation a été beaucoup plus libre, même sur l’Ancien Testament, que
- © je ne l’aurais souffert à ma propre table en Angle-
terre, n'y eût-il eu pour l'écouter qu'un valet de pied !,”
“Singulier siècle, dit Sainte-Beuve dans une de ses Causeries sur le théosophe Saint-Martin, où l’incrédulité, l’athéisme, aux meilleurs jours, un déisme agressif, le naturalisme toujours, se promenaient en plein soleil, et où le sentiment religieux et divin, ainsi refoulé dans l’ombre, allait se prendre à des sortilèges ou à des fantômes 2” On ne croyait plus à la religion révélée, que d’ailleurs on ignorait, mais :n ajoutait foi à la secte des 1 ‘lluminés à laqule appartenait Saint-Martin,
1. Correspondance, Londres, 1837, t. 11, 203, 294. 2. Causeries du lundi, vol. 9.
au charlatanisme d’un Cagliostro. Cet escroc |
arriva à Paris en 1785, et il eut ‘un succès pro:l
digieux dans la haute société, qu’il subjugua park
sa prétendue connaissance des sciences occultes.” A Tout ceci s’explique par la constitution même h
de notre nature, dont le besoin de croire est telle.
ment impérieux que ceux qui n’adhèrent pas à la! ra vraie foi, deviennent crédules et superstitieux, Ë et qui fait qu’au lieu de la réalité ils s’attachent! à à l'ombre du divin. À d
Les déistes anglais observaient au moins une! s
certaine décence dans leurs écrits ; on n’attaquait M ni la religion naturelle ni l'ordre établi. En. France, le philosophisme dégénéra bientôt en 8 pur matérialisme. Non seulement on ne voulait plus du surnaturel, mais on enlevait avec brutalité
à la religion tous les freins propres à retenir les pires instincts de la nature.
Aussi, eut-on bientôt, conséquence logique, tous les excès de la Révolution et les crimes de la Terreur, le règne de la violence, de l'oppression, du bourreau. Lorsqu'un homme a perdu le sens religieux, ce qui lui reste comme traits distinctifs des animaux ne fait que le rendre plus méchant et plus nuisible.
Les rationalistes allemands furent plus convenables, plus sérieux. Ils transformèrent la doctrine en système scientifique, et devinrent, au Se siècle, ce qu'on a appelé les rationalistes Proprement dits ; mais, déisme en Angleterre, philosophisme en France, rationalisme en Alle- =
{ magne, en réalité, c’est toujours au fond la même
doctrine.
Les premiers germes du rationalisme allemand datent de la Réforme. On chercha de bonne heure à faire croire que les dogmes chrétiens sont susceptibles d’être démontrés par la raison ; puis on en vint à n’admettre comme vérités chrétiennes que celles que la raison pouvait comprendre, et ainsi, peu à peu, on finit par ne plus guère parler de mystères et de dogmes pour ne s’en tenir qu’à un simple enseignement moral.
Ce fut surtout sous le règne de Frédéric II que
| se développa l’irréligion en Allemagne. Ce prince,
qui avait le Christianisme en aversion, favorisa l’incrédulité. Il se donnait lui-même le titre de philosophe, et appela à sa cour Voltaire, La Mettrie, d’Argens, qu’il nomma son chambellan.
Helvetius et d’Alembert lui firent aussi une visite. Encouragés par ce prince, la philosophie impie fit de ..pides progrès.
Un diplomate français décrit ainsi cette époque :
“M. Schultz, ministre à Gilsdolf, près de Berlin, chéri de ses paroissiens, a pendant dix ans prêché le matérialisme. Le haut clergé luthérien était ouvertement rationaliste. La prédication, dans les grandes villes, se réduisait à la morale, à l'humanité, au sentiment. Un conseiller supérieur du consistoire, Spalding, déclarait qu’il fallait supprimer de l’enseignement religieux les mystères et le surnaturel. Le fond de leurs
Croyances se ramenait au déisme anglais, traduit et commenté par l’auteur du Dictionnaire philo- ! sophique : “C’est Voltaire en rabat et en robe de pasteur ”’, écrivait Forster. Plusieurs suivaient le maître jusqu’au bout, égayant leurs sermons par des sarcasmes. Frédéric les pourvu qu’ils louassent l’obéissance aux sujets.
part ; il y joignait a fo
et le cynisme de l’
tout le monde le prit à !
onséquence. Le levain !
qui gâte toute la litté- !
fermenta sans obstacle dans ces Mi âmes encore grossières (La dépravation) s’étala
en un lourd dévergondage. Les employés, les gentilshommes, les femmes se nourrissaient de d’Holbach et de La Mettrie, prenant au sérieux leurs doctrines et les appliquant à la lettre Tel nous apparaît Berlin au temps de Frédéric 1.” Christian Wolf, philosophe et mathématicien né à Breslau en 1679, avait été un des premiers à traiter la religion au point de vue rationaliste. Voulant la rendre évidente pour tous, il essaya de la démontrer sous forme mathématique. Il la simplifie, en élimine le surnaturel, n’accepte en fait de miracle et de révélation que ce que la raison peut comprendre, celle-ci devant suffire à tout sans
PE A 1. Custine le fils, ler avril 1792.
it Ma foi. La diffusion de ses doctrines affaiblit la 0- Monstitution morale et religieuse de l'Allemagne, le Méjà ébranlée par la Réforme.
it Mais vint Lessing, esprit supérieur, qui exerça 8 June influence énorme sur la littérature de son pays. MLessing avait beaucoup de goût, un style entraft Mhant, une forme admirable. Ilse fit lire des masà eset contribua à répandre l'indifférence religieuse. > M traite l’Ecriture comme des documents histori- L Ques et purement humains. Son autorité était Melle que ses affirmations furent regardées comme . Mes axiomes par les rationalistes qui vinrent après Aui De son vivant, enfin, ses nombreux admira- Œeurs le proclamèrent le père du protestantisme Mibéral. ‘Luther, disait-il, nous a délivrés du oug de la tradition, qui nous délivrera du joug us insupportable encore de la lettre ? ” “On pourrait dire dans un certain sens que MLessing a achevé ce que Luther avait commencé : a conduit le protestantisme al emand jusqu’à son erme et a déterminé la crise dont nous sommes émoins aujourd’hui … Comme système régulier, omme parti arrêté, le protestantisme ne pouvait fontinuer d’exister plus longtemps dans la science fai dans la religion avec la liberté de penser il imitée qui se manifesta bientôt Depuis la crise amenée dans la foi par Lessing, un christianisme interne et indéfini, une religion de sentiment purement ndividuelle, a remplacé chez les protestants religieux l’ancien système devenu insoutenable Un ne saurait nier que les ouvrages de Lessing
n'aient produit dans l'Allemagne un effet désorg: | nisateur !,””
mateur par quel ques-uns de ses disciples. Ainsi, Charles dé Bodman écrivait, avec Emser et Cochlaeus # “Jusqu'où ira la doctrine luthérienne quant ji l'interprétation et à l'autorité des Saintes Ecrik tures ? Luther rejette te! ou tel livre, il le tien
évangiles, ils n’ont à ses yeu 6 relative.
Pt 27 1. F. Schlegel, Hist. de la litt,; trad, Duckett, t. 11, p. 360-362.
son caractère divin, ne devient plus qu’un homme, un grand moraliste, si l’on veut, mais rien de plus.
Eichhorn, professeur de langues orientales, Reiwarus, Paulus, Bauer, Strauss, de Wette et autres
@ savants allemands, s'efforcent, chacun à sa maniè-
re, d'expliquer le sens des Ecritures comme avaient
fait, de leur temps, les déistes anglais. Eichhorn Æ base son système d'interprétation d’après le génie M oriental, où tout est exprimé dans une langue 55 métaphorique et hyperbolique. Pour Paulus, 2 tout se réduit à des faits naturels. Il donne aux 4 mots le sens qu’il lui plaît, ajoute des détails que le Atexte ne peut justifier. Les miracles ne sont que
des légendes populaires devenues merveilleuses
4 en passant de bouche en bouche. Strauss assimile
les miracles à des fables. Pour lui, l’histoire évangélique n’est qu’un mythe, c’est-à-dire ün souvenir plus ou moins obscur, moitié vrai, moitié faux, tenant le milieu entre la fable et l’histoire, provenant de l’idée préconçue que le peuple juif avait du Messie. De fait, le mythisme devient en grande faveur parmi les théologiens rationalistes allemands dans l'explication de l'Ancien et même du Nouveau Testament, dont on rejette le caractère historique et surnaturel. D’après ce système, le buisson ardent, par exemple, devient un taillis enflammé, la promulgation du Décalogue au Sinaï w. violent orage, le passage de la Mer Rouge une des conséquences de la basse et de la haute marée ; le mutisme de Zacharie, une attaque de paralysie. L’existence même de Jésus devient
problématique comme celle d'Hercule et de Linus À S'il est, par exemple, un fuit historiquement prouvé, c’est bien celui de la résurrection du Sau-
veur. Annoncée d’avance par le Christ lui-même Pié
elle sert de base à la prédication des Apôtres eth
devient l’assise du Christianisme tout entier. RP*
“Si le Christ n’est point ressuscité, vaine est votre foi”, écrit S. Paul aux Corinthiens.
opi-
son cadavre
d’après l’exégèse
était mort qu’en appa-R
rence, et il est revenu naturellement à la vie ;
selon nous (c’est Strauss qui parle) c’est l’imagi- B*
nation des disciples qui, sollicitée par leur cœur ému, leur a présenté comme revenu à la vie le Maître qu’ils ne pouvaient se résoudre à croire mort'. Ils voient Jésus ressuscité, 1
mangent avec lui,
garanties de cette ‘histoire évangélique.
ns 1. D. Strauss, Essais d'histoire religieuse, p. 74-76.
Au reste, un système qui repousse a priori la possibilité ‘ju surnaturel, et qui, pour le mieux néantir, nie la valeur de la relation des sens, d' émoignage humain et de la certitude historique ppliquée à cet ordre de phénomènes, ce système st suborneur par rapport à l'esprit, corrupteur
reBipar rapport à la vérité et un misérable instrument Be pyrrhonisme !,’
2 Ainsi tous ces exégètes, qui se donnent pour les
vracles de la science, victimes des fantaisies de eur imagination, sacrifiant l’autorité de l’histoire
à celle tout arbitraire de leurs études objectives, enchérissent dans leurs critiques les uns sur les autres, se refutent, se combattent et se détruisent les uns les autres, et tous n'arrivent qu’à des
ésultats négatifs. Le fruit de la critique évan-
gélique, avoue l’un d’eux (de Wette) c’est l’ignorance et l'impuissance. Bauer confesse qu’elle ne se trouve pas plus avancée, après chacun de ses essais, qu’au commencement.
gue, à eu pour mission de démolir l’œuvre de Strauss, et cette fameuse Ecole elle-même, à son tour, est morte avec son fondateur (1860), Fréduisant ainsi à néant tout ce vaste système