R. P. Caussette, Le bon sens de la Foi
d’hypothèses art ficie lement arrangé. Tous ont employé leur vie à émettre des opinions et À affirmer des choses moins croyables et mille foiéf moins certaines que la religion !.”
Combien est préférable, pour le repos du cœus et la satisfaction de l’esprit, le récit évangéliqué simplement accepté, à ces vaines spéculations! amas de sophismes, qui ont néanmoins égaré beaucoup d’esprits et fait pénétrer le scepticisma parmi les masses. A force de subtiliser, or!
étouffe le bon sens, et l’on finit par ne plus croire à rien; non seulement on rejette le caractère miraculeux des événements, mais on en vienté même à nier leur réalité historique.
‘ Cette confusion et ce vague ne viennenih pas de faiblesse d’esprit ou d’ignorance ; c’est une conséquence lngique de la position prise par les adversaires de la foi. Tout entendementh qui abandonne la voie de Dieu, est condamné il se perdre dans les ténèbres de la mort. A peine l’homme se détache-t-il de ce centre de vie, qu'il se sent plongé au sein d’une atmosphère empoi. sonnée, Quand l’âme se soustrait aux lumières} de la foi, la lueur de la raison elle-même s’affaiblit Il n’y a plus rien de stable. Tout est désordre, hésitation, incertitude. La contradiction se faitk jour dans tous les systêmes philosophiques formé
1. En 1806, l'Institut de France comptait 80 théories hostiles à la Bible, chacune de ces théories exprimant les idées particulières de son auteur.
par la s:ience ennemie de Dieu ; et pour peu qu'on les approfoudisse, on y découvre à la base
le doute et le scepticisme, C’est un châtiment
providentiel.
aux choses surnaturelles troubler la Connaissance
ired affreuse obscurité envahit
D pousse la société aux + Si les arguments 1 i foi n'étaient pas us suiirait, pour dérer l’effroyable
ligence dès qu’elle
Parce qu'ils aiment mieux être grands que à d’être humbles, ils s’évanouissent dans leurs pensées, dit l’Imitation, en parlant de ceux qui
Il se gonflent de leur vaine science.
L'esprit de Dieu inspirant toute la Bible, il n'est 2 pas étonnant qu’elle demeure environnée de ténèbres pour le rationaliste et l’impie, tandis qu’elle
rayonne de beautés et d’ineffables lumières pour 2 les chrétiens au cœur droit et à la foi sincère.
En Allemagne, les doctrines rationalistes, jointes à celles des philosophes, furent la pâture dont se
A 1. P. Mir, L'Accord de la Science et de la Foi.
nourrirent des millions d’âmes, que les variations 4 du protestantisme avaient déjà désemparées, j Sous l'effet de ces désolantes doctrines, elles à finirent par perdre toute notion de vie chrétienne # Pour en revenir aux mœurs du paganisme. À la | place des vertus évangéliques, on a vu fleurir le froid scepticisme, un égoïsme hideux, un orgueil, : inconnu jusqu'ici, un mépris absolu des faibles, * un esprit de domination allant jusqu’à enseigner que la force prime le droit. Cet enseignement * nous a valu d’abord la guerre de 1870, puis celle : de 1914, devenue mondiale, avec toutes ses hor- 1 reurs, ses cruautés et sa barbarie. À De l'Allemagne, le mal s’étendit à toute l’Europe jusqu’en Amérique. En France, Renan fut le LS principal propagateur du rationalisme. De fait, À les systèmes bizarres des songeurs d’outre-Rhin M n'auraient j,mais percé les brouillards de leur À pays, s'ils à .vaient pas été traduits et expliqués en français. Renan alla donc chercher dans les P ouvrages des incrédules allemands ses idées contre j la révélation. Comme eux, il rejette le miracle. à À l’exemple de Strauss il publie, lui aussi, sa scandaleuse et fictive Vie de Jésus, et nombre P d'ouvrages de critique biblique, que l’on a juste- ; ment comparés à des romans. Il n’est pas sûr cependant que le miracle existe, car ‘‘si le miracle Ë a quelque réalité, avoue-t-il, mon livre (sa Vie de Jésus) n’est qu’un tissu d’erreurs = de toute discussion sur de pareilles matières est la question du surnaturel. Si le miracle et l’inspi-
ns ration de certains livres sont choses réelles, notre 8. Æméthode est détestable.”’ Elle est d'autant plus €8 Ædétestable, sa méthode, qu'il manipule, élague ne Æou supprime les textes avec un sans-gêne vraila Sment incroyable. Elle est non seulement détesle Stable, mais criminelle, à cause des fruits empoil, Æsonnés qu’elle a produits et dont nous souffrons $ aujourd'hui. Nombre d’esprits, incapables de 7 contrôler la fausseté de tous ces systèmes de t Scritique soi-disant scientifique, ont perdu la foi le Æau surnaturel et à la révélation, attendant en
{vain que quelque chose de meilleur paisse de ces “ruines.
La Russie n’a peut-être connu du rationalisme que le nom, mais elle a eu le tolstoïsme, dont les prétentieuses et subversives théories ont fini par produire le bolchévisme !. Aujourd’hui, dans le
1. L'auteur principal de la révolution russe, non peut-être dans l'effort de sa terreur et dans l'horreur de sa domination sanguinaire, c'est le comte Tolstoï. I] se peut que ses sermons, ses
… décisif des antichrétiens. Les antichrétiens ‘n'ont rien trouvé
e ces impiétés criminelles où les esprits forts prétendent affirmer leur incrédulité et ne marquent que leur sottise ? Il y a des diseurs de messes noires de plus d'un genre et pas seulement chez les chrétiens. (Frédéric Masson.)
monde entier, le ciel est sombre de nuages «à l'orage nous menace. Dieu veuille que ce ne soi É endies que nous apprenionk ces nouvelles philosophie:A sociales, issues du rationalisme et du rejet dédai. gneux de la religion révélée. 4 En 1794 de Voltaire,
verraient bientôt
p! r sur | que le patriarche de Ferne “mon fils”) était enfe d’autres victimes.
tant prônée, il n
Abandonné, priv tout, même de livres, i
tombait dans l'abattement » quand une per:
eut le bonheur deb
eût à sa disposition,
guère à un vétéran de la philosophie du siècle : c'était la Bible. Cependant Laharpe le prend et l’ouvre par désœuvrement. Il lit. Les pre. miers mots l’étonnent, la suite le confond, l’ensemble le transporte d’admiration. Eh quoi ! s’écriet-il, je ne connaissais pas ce livre ! Il contient tout ce qui peut exciter la curiosité humaine,
Atout ce qui peut la satisfaire. C'est un chefd'œuvre ; jamais l’esprit de l’homme n’a pu Mconcevoir ni s'exprimer ainsi ; oui, ce livre est divin !. Et Laharpe est converti.”
7 Une parfaite honnêteté d’esprit est une des ‘Mdispositions essentielles pour lire avec fruit les ÆLivres Saints.
Des livres de l’Ancien Testament, celui qui a
qété l'objet des attaques les plus persistantes est
le Pentateuque, composé par Moïse. Bien des
Asiècles avant Homère et dans un temps où la 2 Grèce ignorait toute civilisation, Moïse donnait
des lois à son peuple, fondait une société politique et religieuse, et célébrait par un chant sublime la puissance du vrai Dieu.
Le Pentateuque est la partie essentielle de toute la Bible, celle sur laquelle repuse la religion juive et chrétienne. Si Moïse n’en est pas l’auteur, si ce livre a été écrit plus ou moins longtemps
2 après les événements qu’il raconte, il perd de son
autorité et de son caractère surnaturel. Il ne peut plus être question de l'origine divine de la loi mosaïque, de la vocation du peuple élu, de la révélation primitive, de tous les grands faits qui sont le fondement du Christianisme. ‘ est l'importance même de cette question de l’authenticité du Pentateuque qui nous explique l’acharnement avec lequel les incrédules reviennent sans
ne , 1. Peignot, Recherches sur la vie et les ouvrages de M. de Laharpe.
cesse à la charge contre la C’oyance traditionnelle 5 Ils veulent renverser cette forte muraille pour pénétrer au cœur de la place, car ils savent qu'ils ne peuvent rien contre la religion tant qu'iké n'auront pas détruit ces remparts qui la défendent À Sous l’apparence d’une question purement litté %e
raire, c’est le principe de la religion qui est en jeu Moi
Il s’agit bien moins de savoir qui est l’auteur «tk la date d’un livre que de ruiner ou de défendreh l'existence du surnaturel et de la révélation. Laë question de l’origine du Pentateuque est devenuek celle même de la religion. !”, ; Le Pentateuque est le nom collectif que l'orh donne aux cinq premiers livres de la Bible. Ce livres sont : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, lek Nombres et le Deutéronome. Ils racontent les origines du monde et l’histoire du peuple de Dieu jusqu’au moment où il se disposait à prendre possession de la Terre promise. | Jamais il n’est venu à la pensée des Juifs quels Moïse ne fut pas l’auteur du livre qui décrit si bien leur histoire, le culte et la législation qu'il leur donna. La foi publique et constante de la nation, le caractère d’antiquité que le 1 vre comporte, l’impossibilité qu'il ait pu avoir été écrit par un autre que celui dont il porte le nom, font que le Pentateuque est authentique, et que son authenticité est aussi certaine que celle des livres} les plus anciens, aussi certaine que l'existence