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riche ou pauvre, heureux ou malheureux ; mi je ne puis en ce monde me dispenser de remp mon devoir, toujours et partout, même au pr des plus grands sacrifices. Le devoir le pl noble et le plus méritoire est celui qui se fait « secret et non à la vue des hommes. On l’a complit alors avec dévouement et pour Die sans vaine gloire.
Nos devoirs comprennent d’abord ceux qu nous devons à Dieu, puis à ceux qui dépender de nous, femme et enfants, à nos amis et relitior de société. Il'y a des devoirs de maîtres à serv teurs et de serviteurs à maîtres, de patrons enver leurs employés et d'employés envers les patron: devoirs envers tous nos semblables, devoirs enfi envers l'Etat.
Je dois donc appliquer ma raison à bien saisi la responsabilité qui m'incombe et bien com prendre le sens de la vie, ‘‘le terme final que, dan le plan de Dieu Créateur, doit atteindre la créatur intelligente et libre, et qui doit, en la fixant, acheve: <t consommer ma vie’ Mon insouciance à cet égard serait non seulement une erreur, une folie mais le malheur de ma vie.
Ce problème de ma destinée emprunte même aux aberrations propres à notre temps un intérêt exceptionnel. ‘Cette pensée de la destinée finale est tellement la vraie lumière de notre vie sur la terre, disait un jour le P. Félix dans une de ses conférences, que, quand elle vient pour nous
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à s’éteindre, ou, ce qui revient à peu près au même, quad on en détourne les yeux en la tenant da un volontaire oubli, il se fait dans l’âme une profonde nuit. La vie devient alors comme un abyrinthe où les ténèbres se croisent avec les tinèbres et où l’on marche obscur et incertain, sans àpercevoir une issue qui ramène à la lumière. Voilà pourquoi il faut que cette grande lumière brille ‘oujours sur nous de son vif et pur éclat, si nous æ voulons pas nous condamner à marcher dans le ténèbres et nous précipiter aux abîmes. Dans tus mes mouvements et tous mes actes, dans m& souffrances comme dans mes joies, je regarderäi ma fin suprême, je tendrai à ma fin suprême, ; ma destinée finale.”
Si je neréponds pas, en effet, aux desseins que mon Créatur avait en me donnant l'existence, aurais-je régsi dans tout le reste, j'aurai tout perdu, et jeserai du nombre de ces malheureux qui, éclairés nfin par la lumière d’outre-tombe, rediront ces ttribles paroles que la Sainte Ecriture met en lur bouche. ‘“Nous nous sommes donc trompés. Nous avons dévié du chemin de la vérité. La Imière de la justice n’a point lui sur nous, et le soil de l'intelligence ne s’est point levé sur nous. jous nous sommes lassés dans l voie de l'iniqué et de la perdition : nous avons ignoré la vie du Seigneur. Ce fut la suprême et irrépaible erreur de notre vie.” (Sap. v. 6.)
La vie, dont chaq moment peut avoir de si formidables conséqueres, m’est done la chose
la plus sérieuse, mon bien le plus précieux et la vivre vraiment, il me faut la prendre au 8 C'est le temps de la lutte et de l’épreuve vie présente vaut comme moyen, elle p l'avenir, et c'est ce qui en fait le prix.
La vie, en effet, est composée de moment:
la valeur est inestimable. Le temps, un perdu, est perdu pour jamais. Une heux l’on abandonne chaque jour à l’indolence des riens pires que l’indolence, ferait en que années, si elle était consacrée au perfeti ment de ;soi-même, un sage d’un ignoan employée à de bonnes œuvres, fécondenit | d'un homme et ferait de son trépas um mc d'actes méritoires.
On a souvent insisté sur la nécessité le se fo de bonnr ‘sure un idéal élevé. ‘e poin départ, Li." orienté, nous sera d’un grand se dans l’accomplissement de notre euvre ici Il faudra cependant de constant et géné efforts pour reproduire en nous l’hage de ce nous admirons comme beau et bn, qui n'es somme, que la véritable vie arétienne. ] rien ne m’apportera autant d consolation de voir à la fin de mes jours, r@ tâche soign ment et parfaitement rempl, de m'être as par une vie vertueuse, un lu de repos pot vie future.
Quelle est donc la plus aute et la meill forme de la vie que l’on pisse atteindre dar
ieux et, pour re AU sérieux.
preuve. La elle prépare rix.
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pratique pour la rendre effectivement bonne, se demande un auteur? Travailler À s'enrichir, gagner le plus d'argent possible, voilà à quoi, dit-il, se dépense généralement la vie de la plupart des hommes que je connaisse. La poursuite de la richesse semble absorber toute leur attention et leur promette le succès ; mais je ne crois pas qu’elle les rende heureux. D'abord, ils n’aiment guère la société ; leur préoccupation est telle que leur santé en paraît affectée ; en tout cas, ils ne semblent pas jouir des satisfactions et des plaisirs de la vie. Ils n’ont guère les loisirs de s’adonner aux douceurs de l'amitié, et leur vie intérieure, leur vie du foyer, ne compte presque pas pour eux. Ils ne lisent jamais, si ce n’est la page commerciale ou financière de leurs journaux.
Arts, poésie, littérature, compositions dramatiques, tout cela est classé dans leur esprit comme des placements qui ne rapportent rien, comme de vaines matières spéculatives.
Ce n’est pas que je considère la richesse comme blâmable en soi-même, mais je ne dois pas la regarder, elle et les jouissances qu’elle procure, comme ma “fin” ; je ne dois pas en devenir esclave, mais m'en servir pour le bien. “C’est Dieu, dit Bossuet, qui envoie les biens temporels comme les autres, car il est l’auteur de tout. Vrais en eux-mêmes, bons en eux-mêmes, puisque tout ce que Dieu fait est vrai et bon, mais trompeurs et empoisonnés par le mauvais usage que nous en faisons.” D'ailleurs, quand je posséde-
rais seul tous les biens du monde, quand je jouir: seul de toutes ses délices, il est certain que to cela ne durerait pas longtemps, dit l’Zmitatio
Le sens de la vie ne consiste assurément pi non plus en une vie de plaisir. Une telle vie pet d’abord paraître attrayante, mais peu de pe sonnes peuvent se la permettre, et ceux qui s’ sont adonnés n’en ont recueilli que des tristesse et des désenchantements. D'illustres victimes tant dans les temps anciens que modernes, n’on cessé, sur la fin de leurs jours, de gémir sur le vidk et les amertumes qu’une telle vie laissait dan; leur âme. En effet, qu’il soit raffiné ou grossier, l'excès dans le plaisir épuise l’âÂme sans la jamais contenter ; il amène toujours avec lui la satiété, la perte du sens moral, et, infailliblement, abrège la vie.
Le plaisir ne peut être le but et la fin de la vie, pas plus que l’ambition ou le désir déréglé de la Célébrité. Une telle ambition ne vaut pas la dépense d’£énergie qu’il faut pour l’atteindre. La vie est trop courte et trop précieuse pour être employée à Poursuivre une pareille fin.
D'ailleurs, supposons que j'aie réussi à acquérir de grandes richesses et une position éminente,
je ne serai pas encore satisfait. Je me prendrai bientôt à vouloir jouir de ces biens à perpétuité et à en désirer même davantage. La raison en est que les biens terrestres ne peuvent jamais pleinement satisfaire l’âme humaine. Ils sont
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limités dans leur étendue et dans leur durée, tandis que l’âme aspire invinciblement à la plénitude, à quelque chose qui ne peut jamais lui être enlevé et au-delà de laquelle il n’y a rien à désirer. Ce quelque chose est Dieu, d’où nous venons et à qui nous devons retourner. (C’est pourquoi, quand nous travaillons à notre amélioration morale, nous devons avoir en vue non seulement le perfectionnement de notre état naturel, mais notre préparation à cette vie surnaturelle d’union
avec Dieu, qui est le premier objet et la fin der-
nière de notre être. Si l’homme ne vaut que par
la volonté et le caractère, le chrétien ne vaut que
par la vie morale supérieure.
Tel est le vrai sens de la vie et l'idéal que je dois m’en faire. Elle est destinée à apporter le bien-être et la joie à mon foyer ; elle fera en sorte que ceux qui dépendent de moi jouissent de tout le bonheur qu’elle est susceptible de faire naître. Elle éloigne les noirs soucis, les inquiétudes déprimantes, les revers, et empêche, en général, les ennuis du dehors de franchir le seuil de ma maison. Une telle vie ne peut être l’esclave de l’amour de l'argent, des plaisirs ou même d’une ambition désordonnée. Elle ne doit pas rester inactive ; elle doit cultiver le bon goût et s’entourer, socialement et intellectuellement, de tout ce qui peut la préserver d’habitudes vulgaires. Elle doit être bien ordonnée, sérieuse, reconnue pour son honnêteté et loyauté, respectée pour sa noblesse, aimée pour l’heureuse harmonie et la
beauté qui en font tout le charme. Par-des tout la religion, simplement et naturellem pratiquée, devrait être le principe même, le 8 de son être, l’inspirant, la stimulant, la spiritu sant depuis ses actes les plus ordinaires jusqu’s plus importants.
Si nous nous contentons de vivre honorak ment aux yeux des hommes, sans chercher surnaturaliser notre travail, nos misères, :
peines, nos joies, nous perdons le mérite divin nos actions ‘. Cherchez Dieu, dit l’Ecriture, votre âme vivra. Ce peu de mots résument devoirs de l’homme et lui disent où il trouve son bonheur.
“Chose admirable ! la religion chrétienne, ( Montesquieu, qui semble n’avoir d’autre ob; que la félicité de l’autre vie, fait encore not bonheur dans celle-ci.’
Saint Augustin avait déjà, en d’autres terme exprimé la même pensée : “Si les rois de la ter et tous les peuples, si les princes et tous les jug de l’univers, si les jeunes gens et les jeunes fille si les enfants et les vieillards avaient soin d’écout: et d’observer les règles que donne la religio chrétienne pour bien vivre, ici-bas la républiqu
1. J'emprunte les pensées contenues dans ces dernières pag à l'excellent ouvrage de M. l'abbé Feeney, dont j'ai dont récemment la traduction.
Par-dessus rellement e, le sang spiritualijusqu'aux
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serait prospère, florissante, et elle s’acheminerait ainsi vers le royaume bienheureux de la vie éternelle.”
Chez le jeune homme, par exemple, la pratique fidèle de ses devoirs religieux suppléera en bien des circunstances à son défaut d’expérience de la vie. Elle fera de lui un fils naturellement respectueux et soumis, un citoyen intègre, circonspect dans sa conduite, prudent dans ses rapports avec ses semblables, un chrétien de véritable sens moral. La croyance religieuse apprend à se surveiller, à contrôler ses impulsions, à suspendre ses jugements, à déterminer sa volonté. Et que de fautes, de méprises, d’embûches, il évitera ainsi dans tout le cours de son existence ! que de regrets il s’épargnera pour la fin de ses jours ! Le christianisme, dont la nature est de tout concilier, linvisible et le visible, le spirituel et le temporel, la personne et la société, le divin et l’humain, assure donc le bonheur des individus comme celui des nations. Dans les moments difficiles de la vie, la religion communique une force morale qui, au besoin, fait faire des miracles ; elle inspire une sagesse et une énergie dont elle seule a le secret. C’est au point qu’on pourrait penser que la religion, dont l’objet essentiel est le salut des âmes, aurait pour fin d’assurer le bien-être de l'humanité en ce monde, tant les avantages qui en découlent naturellement dans le domaine des intérêts terrestres sont nombreux et importants. Elle maintient le bon ordre dans
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une société et assure la paix aux individus « composent. Elle a les paroles de la vie éte et par cela même de la vie présente. “Com en toute maniére, dit un pieux auteur, so côté de la religion, soit du côté de la vie prés l’état d’un homme esclave de ses passions, celui d’un chrétien qui leur fait la guerre, e! vient enfin à bout de les assujétir, et vous avot que l'Evangile, en nous ordonnant cette gu travaille pour notre bonheur, même tempo
Pour apprécier ce que nous devons au Chri i «me en fait de civilisation et de douceur dar vie, il suffit de se représenter ce qu'était le mc païen avant la venue de Jésus-Christ, les v et les passions tyranniques des empereurs roms l’avilissement de la femme, la position préc et cruelle faite aux enfants, les doctrines incra bles des philosophes sur l’infanticide, l’esclavs l’asservissement de tous les peuples à un s l'effroyable immoralité des institutions et mœurs de ces anciennes sociétés, bien que civilisation matérielle brillât, sous certains r ports, d’une splendeur extraordinaire. On a raison de dire qu'avant le christianisme, il se ca mettait plus de crimes dans le cours d’une an: qu’il ne s’en commet aujourd’hui dans le co:
d’un demi-siècle. Que nous serions misérab si nous nous voyions tout à coup privés de tc ce que nous devons à l’auteur de l'Evangile fait de civilisation, ou si nous n'avions pas
vidus qui la rie éternelle “Comparez ur, soit du ie présente, sions, avec erre, et qui us avouerez tte guerre, temporel.”
u Christiaeur dans la t le monde , les vices 8 romains, n précaire 8 incroyaesclavage, un seul, s et des n que la ains rap- On a eu il se comne année
le cours aisérables ; de tout angile en s pas le
bonheur d’être chrétiens. Voyez encore aujourd’hui les peuples qui, sous l'influence de l'islamisme et du bouddhisme, croupissent, immobiles, jusqu’à l’abjection des races dégénérées.
Lors de l'établissement du Christianisme, six millions d'hommes pressuraient, foulaient aux pieds cent vingt millions d’esclaves. Et quel esclavage? On en usait comme on usait des animaux. On les vendait comme on faisait d’un animal, d’un meuble, d’une chose. On cherchait
à effacer en eux tous les caractères distinctifs
de la personne humaine. Ils étaient contraints à donner leur travail gratuitement, ne gagnant rien pour eux-mêmes. On les achetait, on les entretenait, mais on ne les payait pas. C'’étaient des machines à voix humaine, comme les appelle Varron. La famille pour l’esclave n’existe pas. Il ne devient père ou mère qu’autant que l'intérêt, quelquefois, mais plus rarement, l'humanité du maître le permet. L'enfant, né esclave, n’appartient guère plus à son père et à sa mère que le petit animal domestique. Souvent il leur est enlevé. Les maîtres abusant de leur pouvoir, font d’ordinaire de leurs esclaves les victimes de leur luxure, de leur avarice, ou de leurs cruautés ls plus atroces. La vie de l’esclave regarde seul le maître, qui n’en doit compte à personne. “Devenait-il vieux ou malade? Le plus sage, suivant d’illustres philosophes, était de le vendre avec les vieux bœufs et les vieilles ferrailles.” (Caton, de Re Rustica, XXX, 111.) Si le maître
était tué par un esclave, la loi permettait que les autres, habitant la même maison, quel qu’e: le nombre, fussent crucifiés. Les nécessi:
les indigents, impropres à servir comme escl: sont traités encore plus durement que les maux, quand ils ne sont pas jetés aux pois des viviers pour les engraisser, ou aux bête l’amphithéâtre comme une pâture. Galère rassembler les mendiants de son empire parque sur des barques qui sont ensuite cot à fond.
Un des plaisirs les plus goûtés des raffiné cette civilisation, aussi bien que du peuple ron était de voir des hommes s’entretuer ou broyés sous la dent des bêtes. Aussi le sort gladiateurs était-il peut-être encore plus lan table. Hommes et femmes trépignaient de pl au spectacle de ces tueries, que sanctionnaien: lois. Ces atrocités se passaient au siècle d’Augu à une époque où les Lettres et les Arts ava atteint leur plus haut degré de perfection, o: civilisation latine était à la fois en pleine p sance et en pleine beauté. On a calculé, dit érudit, que les spectacles des gladiateurs coûtai en moyenne, 30,000 hommes par an. Ces SI tacles, propres d’abord aux Romains, s’étendir dans tout l'empire, en Gaule, en Espagne, Grèce, en Asie. Je ne dirai rien des horril persécutions des chrétiens en pleine splendeur la civilisation romaine ; elles sont suffisamm connues. En un mot, la vie humaine n’é!
it que tous el qu’en fût 1écessiteux, 1e esclaves, ue les ani- IX poissons Ix bêtes de Galère fait npire qu’il ite coulées
raffinés de ple romain, r ou être le sort des lus lament de plaisir nnaient les d’Auguste, ts avaient ion, où la eine puislé, dit un coûtaient Ces specétendirent Jagne, en
horribles endeur de isamment 1e n'était
comptée pour rien ou du moins pour peu de chose. Tout prisonnier de guerre était mis à mort ou réduit en esclavage. Les faibles et les humbles étaient l’objet du mépris universel. Quant à l'enfant, il vivra si le caprice du père le permet. [la sur lui droit de vie ou de mort. S'il a le malheur de naître avec quelque infirmité, ou même s’il ne plaît pas, on le laisse là et il meurt sur place, ou bien le fleuve ou l'égout le débarrassent de ses infâmes parents. A Sparte et à Rome, les premiers codes ordonnaient au père de tuer son enfant s’il naissait difforme ou contrefait. D’autres fois, on l’exposait comme une vile marchandise. Quelque trafiquant s’approchait, l’estropiait et plus tard l'envoyait, aveugle ou boiteux, mendier à son profit. Cette conduite était conforme à l’enseignement des sages de ce temps.
Le droit romain, dit Ozanam !, donnait toute puissance ‘non seulement sur les biens et sur la vie, mais sur les Âmes, sur les consciences : Rome étant divinisée, ses volontés étaient divines, légitimes... Un autre vice profond, c'était l'effroyable inégalité dont tous les efforts de la conscience n’avaient pu avoir raison”. “D’après la loi romaine, la femme était toute sa vie maintenue en tutelle ; le fils était soumis au droit de vente et même au droit d’exposition dès sa naissance ; l’esclave était dépourvu de tout droit.”
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