‹ La lumière visible [microforme]Chapitre 75 sur 79 · POÉSIE BIBLIQUE.—LES PSAUMES · texte numérisé non relu

POÉSIE BIBLIQUE.—LES PSAUMES

Si la Bible a les paroles de la vie éternelle, charme encore le lecteur attentif par ses gran beautés littérires. Il] ge dégage de ces pa sacrées une poésie que nul auteur profane jamais surpassée. C’est une épopée à la !{ divine et humaine. Les récits bibliques de l’2 cien Testament mettent en scène des héros, t que Gédéon, Jephté, David, Jonathas, qui in ressent pour le moins tout autant que les persc nages de l’Illiade et d'Homère. Ils nous prése tent des tableaux d’une simplicité et d’une grâ incomparables, des peintures de mœurs d’u beauté et d’une délicatesse à ravir. Si le 1: siècle n’a pas compris les beautés littéraires de Bible, s’il s’est même efforcé de la représenter so un faux jour, personne aujourd’hui n’oserait co! tester le mérite littéraire des écrivains sacrés.

Le génie humain n’a jamais rien produit comm la Genèse, chef-d'œuvre de narration dans so antique simplicité, et où l'exposition des fait tient constamment l'attention en éveil. “Per sonne, dit un critique, n’a jamais connu mieux qu

Moïse le secret de ces formes dramatiques qu donnent tant de charme et de mouvement a:

récit. Ses personnages sont presque toujour:

nelle, elle 8 grandes es pages pfane n’a À la fois de l’Anéros, tels qui intés person- 3 présenne grâce s d’une i le 18e es de la ter sous ait conrés.

comme ans son es faits ‘“Per-

eux que ues qui ent au Dujours

en scène ; leur dialogue est si naturel que l’on croirait assister à leurs entretiens !.”’

“On a tant écrit sur la Bible, dit Chateaubriand, on l’a tant de fois commentée, que le seul moyen qui reste peut-être d’en faire sentir les beautés, c'est de la rapprocher des poèmes d’'Homère... Les passages les plus fameux et les plus admirés dans Homère, se retrouvent presque mot pour mot dans la Bible, mais avec une supériorité incontestable.”

Les Hébreux avaient recours à la poésie pour exprimer leurs joies et leurs peines, les événements heureux et les deuils de la vie privée et de la vie publique. David chante le passage de la Mer Rouge ; Débora la victoire de Barac et la défaite de Sisara. David, dans une élégie qu'aucune langue humaine n’a égalée, s’attendrit sur la mort de Saul et de Jonathas ; Jérémie, dans ses touchantes lamentations, déplore les malheurs de son peuple emmené en captivité. Diverses autres circonstances de la vie, les moissons et les vendanges, qui étaient l’occasion de bruyantes réjouissances, étaient célébrées par des chants poétiques.

Mais la poésie hébraïque est avant tout une poésie religieuse ; ce que les Hébreux composaient surtout, c’étaient des chants religieux. Le culte qu'ils rendaient à Dieu consistait principalement en chants sacrés avec accompagnement de musi-

Ï. J.-B. Saigues, De la littérature des Hébreuz.

que. Nul recueil ne peut être comparé sous rapport à celui des Psaumes pour l'élévation d sentiments, la profondeur de la piété, l'éclat « lyrisme, l’intime union du poète avec Dieu. € sait que David eut le glorieux privilège d’êt l’un des ancêtres du Messie.

On admire les beautés littéraires et surtout sublime du style hébreu de l'Ancien Testamen particulièrement dans les psaumes et les pr phètes. En effet, les plus belles odes de Pinda n'en supportent pas la comparaison. Chatea briand, de Maistre, de Bonald, lord Byron, Lama tine, Mgr Dupanloup, Mgr Plantier, Louis Veu lot, nous ont laissé des pages émues sur le style d écrivains bibliques, qui emprunte à la grandeur d sujets traités et aux scènes de la nature un écl extraordinaire, et pourtant ils n’avaient lu de Bible que des traductions, et l’on sait tout ce q1 perd un texte rendu dans un idiome étranger. . ne reproduirai ici cependant sur la poésie d Livres saints que les témoignages de quelques a teurs que signale M. l’abbé Verniolles dans 8 Récits bibliques et leurs beautés littéraires.

“Le jeune Bossuet, raconte Maury, était dé en rhétorique et connaissait tous les historie et les poètes de la Grèce et de Rome, quand hasard offrit la Bible à ses yeux dans le cabin de son père. Il en lut avidement quelques page et, en parcourant ce livre divin, son #me fut sa sie d’un enthousiasme qu’il n’avait pas conr

sous ce tion des éclat du jeu. On e d’être

ques audans ses

ait déjà istoriens juand le cabinet 8 pages, fut sais connu

jusqu'alors. Toutes les splendeurs de la littérature profane pâlirent à ses yeux devant ces grandes images et ces hautes conceptions.”

On sait avec quels accents d’admiration l’évéque de Meaux a parlé de la poésie, de l’éloquence et de la suavité des psaumes. On peut appliquer aux autres parties de l’Ecriture presque tout ce qu’il a dit des psaumes : ‘‘Je n'aime point les fables, écrivait-il À Santeuil ; nourri dès longtemps de la sainte Ecriture, qui est le trésor de la vérité, je trouve un grand creux dans ces fictions de l’esprit humain.”

“Dans les temps, dit-il ailleurs, où les histoires profanes n'ont à nous conter que des fables, l’Ecriture, qui est sans contestation le plus ancien livre qui soit au monde, nous ramène, par des événements précis, et par la suite même des choses, à leur véritable principe, c’est-à-dire à Dieu qui a tout fait, et elle nous marque distinctement la création de l’univers et celle de l’homme en particulier.”’

Ecoutez maintenant Fénelon, qui pourtant goûtait beaucoup les auteurs profanes :

“Pour sentir l’éloquence de l’Ecriture, dit-il dans ses Dialogues,rien n’est plus utile que d’avoir le goût de la simplicité antique : la lecture des auteurs grecs sert beaucoup à y réussir. Mais l’Ecriture les surpasse tous infiniment en naïveté, en vivacité, en grandeur. Jamais Homère même n’a approché de la sublimité de Moïse dans ses Cantiques. Jamais nulle ode grecque ou latine

n’a pu atteindre à la hauteur des psaumes. Jar Homère ni aucun poète n’a égalé Isaïe peignan! majesté de Dieu, aux veux duquel les royaumes sont rien et l’univers n’est qu’une tente qu dresse aujourd’hui et qu’on repliera demain Qu'il a-t-il dans l’antiquité profane de compara au tendre Jérémie déplorant les malheurs de : peuple, ou à Nahum voyant de loin tomber superbe Ninive sous les efforts d’une armée innc brable ? Lisez encore Daniel dénonçant à E thasar la vengeance de Dieu toute prête à fon sur lui, et cherchez quelque chose de compara dans les sublimes originaux de l'antiquité.”

On se rappelle l’enthousiasme de La Fontai qui fut comme ravi hors de lui-même après a h: le prophète Baruch : Dans la Bible, aécrit quelque part, vous trouvez plus d’élévati de majesté, de force, que r’en ont eu jamais Homère et les Virgile.

“Le Cantique de Moïse, dit Rollin, surps tout ce que les profanes ont de plus beau dan genre. Virgile et Horace, les plus beaux mod d’éloquence poétique, n’ont rien qui en approc Virgile me paraît tout de glace, Moïse tout de fe

On sait que Laharpe, emprisonné sous la 7 reur, fut converti par la lecture de la Bible : Qu: même, dit-il, les poèmes de Moïse, de David d’Isaïe, nous auraient été transmis que comme productions purement humaines, ils seraient core, par leur antiquité et leur originalité, digne toute l'attention des hommes qui pensent,

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