‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 11 sur 270 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

JEAN, puis KOULIKOF.

Je ne flounerals pas cette commission-là pour cinqiianie copecks.

Kov LiKO F j entrant, d'un air aj^airc, et tenant im panier à la main.

Voilà... voilà — je me suis tellement pressé que je suis tout en nage... (mettant sur la table ce (ju'ilj a dans le panier. ) Par bonheur.... j'avais chez moi chi thé que

j'ai acheté (le la dernière caravane et j'apporte mes

plus belles tasses.

JEAN , s'assejant près de la table.

Allez, allez, monsieur Koulikof, ca n'était pas la peine. ( On entend du bruit dans la chambre , à droite , et Micheline parait. )

MICHELINE , sortant de la chambre.

Eh bien ! que faites-vous donc là ?.. madame la comtesse s'impatiente... elle demande son déjeuner... elle demande ses gens, et elle est surtout furieuse parce que, dans son appartement, il n'y a pasdesonnetles.

Je crois bien... il n'y a là que la gross.e cloche des ouvriers.

KOULIKOF

Dites à madame la comtesse que je suis désolé., que j'ai fait mon possible... le petit traîneau que je lui ai promis-., le kibick est à la porte... et quant au déjeûner.... voici du meilleur thé... ( // ^e retourne et aperçoit Jean qui s'est mis à table y et qui boit une tasse.) Qu'est-ce que je vois-là ?

JEAN

Je le goutiiis .. vous avi'z raison... il est 1res -bon.

TMICHELINE.

Goûter au déjeuner de matlaine!

KOt'MKOF.

Une [jareille profanation... manquer ainsi de respect!.. Diies Lien à madame la comtesse qu'il va périr sous le Làtou.

On entend appeler : « Micheline ! Micheline ! »

MICHELTJVE.

Entendez- vous... Je vais la prévenir, (à son père) Mais levez-vous donc.

{Elle rentre.)

3EKN.

Et pourquoi donc me lever?., devant la femme d'un de mes ouvriers?

KOUHKOF.

Qu'est-ce que Ui dis-la?

JEAN

Que c'est elle qui me doit le respect.... Cette dame si fièie et si orirueilleuse n'est point la femme du comte de Woronski, notre maître.

KOULIKOF

11 se pourrait !.. {courant à la porte) Michel, ramenez mon kibick.

JEAN

C est la femme d'Alexis... un vassal de monseigneur.

JCOULIKOF.

Pas possible.

JEAN

C'est Alexis lui-même qui me l'a dit.

KOULIKOF

\ja femme d'un vassal... et elle se permet de prendre du thé... et elle «e permet d'avoir faim... ( se mettant de l'autre coté de la table, en face de Jean, et buvant avec

lui. — ' En ce vionienL on entend une grosse cloche. )

JEAN

Oh î moti dieu!... c'est la cloche rl'al r.ne... le tocsin (jnelle sonne jjoiir avoir h tléieûner.

JEAN ei KOULIKOI'', à gauche, à table, prenant trauffuillement du thé.

inCHLLiJN'E et POKE.'KA , sortant par la droite.

POLESKA.

A t-on idée d'une pareille insolence? me f.ijre attendre, moi!., moi-même !... enfin ^ je n'ai \)<\s encore déjeuné! KOULiKOF, à table y et sans se déranger. Ah ! ce n'est que celi... ni moi non plus.

POLESKA.

Qii't'St-ce que je vois là ? qu'est-ce que cela signifie ?

JEAJV.

Prenez garde ; Il ne faut pas se fiicher comme ça.... ça peut faire du mal... surtout quand on est à jeiin.. entendezvous , petite mère.

MICHELINE, à part, et tremblante.

Dieu ! mon père va se f.iire assommer.

poLESKA , allant a eux et a^ec colère. Je t'apprendrai à me manquer de respect... ( elle passe entre eux deux j prend la serviette sur laquelle est la théière et les porcelaines , et les jette par terre. ) KOULIKOF, se levant.

Mes porcelaines du Japon!., son mari me les paiera , et j'aurai une indemnité.

POLESKA.

Une indemnité... ( lui donnant un soumet ) tiens ^ la voilà. .. et tous les deu\, dans une heure, vous serez pendus.

Ah! VOUS le prenez sur ce Ion... lever la main sur l'inlen-.lant de monseignenr !.... c'est moi qui vais porter plainte, et qui ferai cliàlier une vassale rébelle et insolente.

POLESKA, étonnée.

Une vassale !

kOULlkOF.

Ouï, morbleu!.... jNlalgré vos manières de jjrande dame , vous n'êtes pas plus comtesse que moi.

MICHELINE

Que dites-vous?

JEAN

Que son mari n'est point le comte de Voronski , notre maître , que nous attendons.... c'est tout uniment Alexis^ ce galant sabotier, {h Pohska, qui fait un geste.) i>i vous en doutez... tenez , le voilà qui \ieiit de ce côté... {à Koulikof) Si vous m'en croyez, nous les laisserons s'expliquer ensemble... je n'aime pas être près d'elle... il y fiiit trop chaud. ( Ils se retirent au fond.)

POLESKA, troublée.

Mon mari... Gustave... qu'est-ce que cela signifie ?... quels sont donc les dangers qui m'environnent... et que je ne (;eux comprendre?

( En ce moment paraît Alexis , qui entre par la porte h gauche. 3Ii(!heline, Koulikof et Jean sorjLent par le fond y au moment oh il entre. )

POT.ESK A , le vojant.

Qu'ai-je vu ?... dieu !... Gustave !... Jl est donc vrai!..

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