‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 178 sur 270 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LES MÊMES, excepté LELIEVRE- RAiMBAUT , à voix busse.

Nous v'ià bien ! . . . ( Montrant Jolivel. ) Grâce à cet imbécille. . . dans un qu.irt d'heure peut-être nous serons tous arrêtés . . .

LE COMTE et GENEVIÈVE.

O ciel !

JOLIVET

Ah çà I il y a donc quelque chose ?

RAiMBAUT , vivement.

Eh I sans doute .... tu n'as pas voulu comprendre les signes que je te faisais. . . ton cousin est un brave homme qui est poursuivi , que nous voulons sauver à tout prix. . . . et que tes bavardages vont exposer. . . . JOLIVET, désolé. Dame! aussi, vous ne me dites rien. . . Comment voulczvous que je devine. . .

Mais votre voisin vous a promis le secret.

RAIMBALT.

Raison de plus pour qu'il le conte à tout le monde.

Comment?

haimbatit.

Pas par méchanceté. . . mais pour se mettre à couvert... Il est si timide. . . si poltron.. 3e le vois d'ici.. . en sortant de chez moi, dire à l'un et à l'autre. . . «On a voulu me « faire souper chez Ivcisin Jérôme avec quelqu'un de (( suspect, mais je n'ai pas voulu, j'suis trop bon citoyen...» Il n'en faudrait pas davantage.

Ici cotamence le morceau du Muletier , en sounline , qui accompagne le dialogue suivant jusqu'au fia al.

KAiMBATjT , leur faisant signe de garder le silence. Chut ! . . écoutez . . .

Qu est-ce donc ?

KAiMBAuT , à voix basse.

Il y a déjà un rassemblement. . . du coté du passage Feuillant ; j les entends courir, j'ai bien peur que ça ne nous regarde.

GENEVIÈVE , tremblant.

Ah ! mon Dieu I

JOLivET , tremblant aussi.

Ah bien! j'aimerais mieux être à l'armée de Samber- Meuse.

RAiMBAUT , plus virement.

Femme... glisse-toi prèsde la porte , regarde au-dessus... par ces vitrarc:... ne te montre pas... et vois un peu ce qui se passe devant le corps-de-garde, qui est là, au coin de la rue.

Jolivet aide Geneviève à monter sui- une chaise près de la porte, Geneviève regarde par la fenêtre qui est au-dessus de la porte avec précaution, Jolivet lui tient la main , RaimLant et le Comte sout sur le devant de la scène et écouteut avec anxiété.

GEKEViÈVE , à mi-voix. »

Oh ! que de monde ! . . J'aperçois des flambleanx ; on fait prendre les armes aux soldats. . . ils se rangent devant le corps de garde. (Avec e^'roi.J Ahl mon Dieu î

RÀIMBÂTJT.

Quoi donc ?

GEKEVIÈVE.

Ils se montrent notre maison ; ils la désignent du doigt.

Elle redescend!.

rAimbaït , d'un air sombre.

Allons I c'est une visite domicilière qui s'prépare pournous.

GENEVIÈVE , embrassant le berceau de saille. Ma pauvre enfant !

LE COMTE , vivement et les prenant par la main.

C'en est trop, mes amis, je ne souifrirai pas que vous S03'ez victimes. . . Je cours me livrer.

RAiMBAuT , le retenant et préoccupé dune idée. Bon moyeu. . . pour nous perdre tous.

Mnis. . .

nAiMBAUT, viveinc/it.

Mais... mais... on ne vous verra pas sortir de chez- v»0(is..j n'est-ce pas? on ne saura pas que vous y avez été caclic!... D'ailleurs, jeune homme, esi-ce que vous croyez que nous reculons quand le danger approche? jNon, foi d'ancien dragon. Jolivet. . . pousse les verroux. . .

Mais ta femme , ton enfant. . .

RAiMBAuT , serrant la main de Genveiève.

Geneviève pense comme moi. . . et quant à ma petite.*, (^essuyant une larme) si je lui manque... eh bien! mes ouvriers sont là pour lui donner un morceau d' pain... mais n'y a cas un instant à perdre. . . faut changer nos batteries, t voulais vous garder cette nuit. . . impossible. . . 11 faut partir. . .

TOUS

Et comment?

RAIM3AUT

'^ A la place de Jolivet, le ssc sur le dos; vous êtes à peu près de la même taille.

CEîîEVlÈYE. .

Et de q\îel côté îe faire sortir ?

KAiMRAUT, réfléchissant.

C'est là le diable. ( Montrant la fenêtre. ) Par cette fenêtre... on le verra... (Montiant le fond.) Parla, nous allons être cernés. ( Il regaj'de la petite porte à gauche qui est masquée par des planclies de menuiserie. ) Ah ! j'ai votre affaire. . .

Quoi donc ?

KAiMBAuT, au comte.

Cette petite porte qui donne sur la ruelle de l'imprimeur. . . (A sa femme. ) Geneviève, cherche la clé. ( Elle diparaît.) C'est presque inhabité. . . C'était par là que je rentrais du temps de mon père. . . Vous prendrez les rues isolées... ( Ici Jolivet dégage la porte en retirant les planches. ) Jolivet vous conduira jusqu'à la barrière.

JOLIVET, bas à Rainibaut.

Ah çàî dites donc, je n' m'oppose pas à ce qu'il aille se battre pour moi. . . Mais si on me prend pour lui , pendant ce temps-là . . .

n^JMBAtT.

Eh non ! imbécille, lu diras que t'as perdu ta feuille de route, on t'en donnera une autre. ( ^a comte.) "N'ite à votre toilette.

GEKEYiÈvE, revenant avec sa clé à la main.

Ecoutez ...

FINAL

Air : Cette fois c'est Lien le canon. (Deuxième acte du Hussaid Je Felsheiiii )

JOLIVET , écoutant.

C'est le tambour... Entendez-vous ?

RAIMBAUT

Aidez-moi tous.

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