SCÈNE VIII
LES MÊMES, PIEPiRE, m veste de couleur, un funitalon blanc et des guêtres.
GRITLY , I'ciiibra>sant.
Mon frère ! . . .
LlSBETil, lui prenant la main.
Mon ami ! . . .
PIERRE
Je vous revois!... chère Lisbcth!... ma bonne sœur !...
GRITLY.
Quoi ! nous surprendre ainsi ! . . .
LISBETH
Vous avez donc obtenu un congé'?., et ne pas nous
récrire .' . • .
PIERRE , préoccupé.
Mon congé? oui je suis parti j'ai demandé. . . mais ne parlons maintenant que du plaisir que j'ai à me retrouver près de vous deux... dans mon pays... dans ces vallons [aoec ollendris sèment) que je désirais tant revoir... et auprès desquels Paris lui-même me semblait si triste !..
AUGUSTE, vivement.
Qu'est-ce que vous dites, mon ami ?. . mon cher ami, vous étiez à Paris ! . . . vous venez de Paris !.. et vous ne m'en prévenez pas ! pendant une heure que nous avons marché ensemble , nous aurions causé. . . enfin , en voilà un au moins qui me donnera des nouvelles.
GRITLY, lui donnant ses lettres.
Des nouvelles !.. eh ! mon Dieu ! j'en ai pour vous. AUGUSTE.
Des lettres de France... donne donc vite... (^Il en ouorc une , et lit , pendant que Pierre , Lisbeth et Grîtly qui uni remonté la scène vers la droite, causent entr'eux). « Cher Auguste.» . . ah! c'est d'elle.. . elle ne peut se consoler.. . elle est bien malheureuse !. . j'en étais sûr.. . elle m'aime toujours.. . pauvre petite.. . elle en épouse un autre! ha! bien, par exemple!., voyagez donc en Suisse!.. (Jl en regarde une autre.') Encore une écriture de femme!., je me doute du contenu. . . Ah ! celle-ci est d'Ernest , un ami !.. [Il Vouore.) « Mon cher Auguste , ton affaire n'est » pas encore arrangée , mais la petite comtesse , qui te proj> tège, a bon espoir; et quoique ton retour ne soit pas » formellement accordé , si tu trouves un moyen ingénieux » de venir à Paris, sans que ça paraisse. . . on fermera les
» yeux , elfe le promet. » [À lui-même.') La belle avance ? an moyen ingénieux.. . sans que ça paraisse.. . parbleu, si je ne dois plus me montrer qu'au bal masqué !.. Et pas d'autres nouvelles! comme c'est aimable l. . {A Pierre.) Mais au moins, vous, mon ami, vous qui arrivez de Paris, dites-moi un peu où en est-on ? ses promenades, ses spectacles !.. la Bourse, la Fontaine de l'Eléphant. . . tout cela doit être achevé depuis long-tems ?.. le Café de Paris estil encore à la modei*. . le Gymnase^ les Nouveautés, le Théâtre Anglais?. .(Aux deux femmes.) Pardon, mes toutes belles. . . mais c'est un si grand bonheur de pouvoir parler de son paysl
Je vous avoue, monsieur, que tout cela m'est inconnu. . . et que d'ailleurs, je Taurais bien vite oublié, à la vue de ces montagnes , de ce village , où j'ai passé mon enfance.
AUGUSTE
Oui , oui , le pays est superbe. . . mais, puisque vous arrivez de Paris... encare une demande... une seule.. mais pardon, mille pardons.. . je vois de l'inquiétude dan* vos yeux.. . de l'impatience dans ceux de Lisbelh.. . l'amour du pays m'avait aussi fait oublier. . . même le danger d'être importun.
PIERRE
Comment, monsieur, vous pourriez croire
AUGUSTE
C'est trop juste, trop naturel... Des affaires de famille.... le plaisir de se revoir.... {A pari.) Moi , je m'en vais songer à mon moyen ingénieux Diable de moyen ingénieux !.... où le trouvcrai-je?.... Rentrez donc à Paris sans que ça paraisse! (^Tl sort.)