SCÈNE IX
LISBETH , PIERRE , GRITLY.
LISCETII.
C'est un aimable homme... mais il a raison.,, il a bien fait de s'en aller.. . .
( ^5) GRITLY.
Oui.. . oui , que nous puissions un peu être ensemble, et nous aimer à notre aise.
LISBETH
Quel bonheur î quelle surprise de vous revoir ! tout à riieure encore nous demandions de vos nouvelles à Nalz.. .
Nalz. . . il est déjà ici ? . •
LISBETH
Oui , avec tous ses compagnons. . .
GRITLY.
Il ne manquait plus que toi , et maintenant , voilà toute la jeunesse du canton qui est de retour.
LISBETH
Mais aucun d'eux ne s'est conduit comme vous. . . .
PIERRE
O ciel I qui a pu vous apprendre ?. . .
LISBETH
Oui, monsieur, le courage que vous avez montré, les blessures que vous avez reçues ; nous savons tout cela.. . .
GRITLY.
Aussi ma mère et moi nous sommes fières de loi. . . et si mon père vivait encore... c'est lui qui serait glorieux.. .
LISBETH
Je le crois bien ; un vieil invalide qui a servi quarante ans. . . et qui est mort sous ses drapeaux î
PIERRE , emu.
Assez. . . assez. . . ne parlons pas de ça. . . .
LISBETH
Vous avez raison ! plus heureux que lui, vous voilà de retour... vous avez un congé ! Que ce doit être doux de rentrer dans son pays quand on y revient comme vous avec honneur... quand on s'est bien conduit... qu'on a fait son devoir... Eh! mais qu'avcz-vous donc.^
PIERRE
Rien, rien... je vous jure....
Mais si vraiment... je ne vous vois pas cet air de joie, de Lonheur, qu'on doit avoir... quand on se retrouve avec ceux qu'on aime ; il me semble que je suis plus contente que vous....
PIERRE
Pouvcz-vous le penser ?
GRITLY, l'observant.
Le fait est qu'il y a quelque chose... voyons, qu'est-ce que tu as ?
LISBETH
Sans doute. . . des larmes roulent dans vos yeux...
PIERRE
C'est de Lonheur... c'est d'émotion...
GRITLY.
Cependant... plus je le regarde... lu es changé, lu es pâle... Est-ce que c'est aussi le bonheur qui produit cet effet-là ?
PIERRE
Non vraiment... mais je marche depuis ce malin... je suis venu par de là Stanz... et peut-être la fatigue... ic besoin. . . .
LISBETH
Est-il possible?., il n'a pas déjeuné !,.•
GRITLY.
Et nous le laissons mourir de faim. . . LISBETH.
Je cours lui chercher du lait de nos vaches... du lait tout chaud., et nous déjeunerons tous ensemble... cela vaut bien mieux ; n'est-ce pas, monsieur .f*
Oui, sans doute !.. Combien vous êtes bonne !
GRllLY, àLisbcih.
Apporte en mcinc tcms une bouteille de vîn , ça ne lui fera pas de peine...
LISBETII.
Tu as raison ; je vais en chercher à la maison du maîlrc d'école; c'est un peu loin... mais c'est égal. . . ne vous impatientez pas. ( Elle sort. )