SCÈNE m
THÉRÈSE, seule.
{ Elle les regarde sortir , se lève , jette son ouvrage de côté et reprend sa brochure.. )
Enfin m'en voilà débarrassée..,. Dieux! que je aie déplais ici! Sont-elles mauvaises lani;ues! heureusement
qu'elles ne soupçonnent pas la vérité. . . . Comme le cœur me bat lait pourtant quand Mam'zelle Joséphine a parlé du Joueur de la Porte Saint-Martin! elle ne se doutait pas que. . . {montrant sa brochure) j'apprenais le rôle de Madame Dorval . . . car c'est bien décidé. . . je ne veux plus végéter dans une bou-
li(}ne de lingère. ... je veux me lancer sur un théâtre
j'ai toujours eu ce goùt-là. . . . Du temps que j'étais chez ma juarraine, que de leçons j'allais prendre en cachette chez Madame Gazin , cette ancienne élève du Conservatoire, qui avait un si beau talcnl, qu'elle n'a jamais pu débuter, à cause des cabales; eh bien! elle m'a toujours prédit le plus grand succès. . . . Le difficile, c'est de paraître, et j'espère y parvenir, grâce à ce bon M. Durosier, ce vieux garçon si riche, qui protège tous les artistes et surtout les débutantes ! . . . . Voilà un véritableami; comme il y met du zèle, et cela sans intérêt, pour
m'avoir vue chez M^'^. Julia ! Quand je pense que je
pourrais être comme elle avec un hôtel de beaux
in«'ubles. . . . une voiture... . Aussi j'étudie tous les rôles ,
opéras, mélodrames, contiédies , vaudevilles Il n'y a
«ju'une chose qui m'inquiète. . . . c'est mon petit Prosper que
( 9 ) j'aiine tant et qui est si jaloux ; s'il savait (jue jo veux entrer au tliéâtre, il serait tl'nne colère. ...
Air, : Faut r oublier.
IIeureusenie;'.t dans son voyage , Il n'.i[iprendia pas mc.s,proj(;is j V.t quanti il saura tnes succès , 11 sera bienheureux je gage.. .
Car dès que j'aurai réussi , FortuDC, bunneuis, tout nit; seconde , De Prospfir je deviens l'appui; Si je veux plaire à tout le monde , Ah ! c'est pour lui !.. .
Ali ! cette idée me rend tout mou couraye. {Déclannitii) : « Le dessein en est pris, je pars cher Téramènc. »