TO^'Y
Oui, j'en aimerais mieux une toute f.ite.
AKNA.
Ton parrain de Douvres, c'est im marchand à son aise, un peu avare , mais il avait dit qu'il ferait quelque cliose pour toi : il t'avancerait peut-être bien cinquante guinées pour t'établit.
TONY
Voyez un peu ! a- 1- elle de l'esprit ! c'est ime idée de rien i\a tout, eh ! bien , elle ne me seiail pas venue. Quand une fois il est dit qu\ui liomme n'aura jamais une idée, il u'eu a jamais; aussi moi, je ne cherche plus.
ANNA
Dis-lui que je t'aime, que tu m'aimes...
TONY
Que nous nous aimons...
ANNA
Que ça lui portera bonheur...
TONY
Oui, oui, des histoires, des contes... Via que j'y cours, c'est l'afiitire d'une d'.'mi-heure. Adieu, ma petite Anna,
à ce soîrnosiiançailles, àflemaiii la noc»'', et après demain... ah ! dame, après demain, tant pire!..
AJS'IVA.
Air : Je saurai bien la faire marcher droit.
Va-t-en bien vite , et cours chez ton parrain ; Il faut tâcher d'attendrir son àme ; Et si tu veux que je sois ta p'tit' femme , N'va pas , surtout , t'amuser en chemin.
TOIVT.
Quand j'hii peindrai fa tournur' , ton p'tit air , Les grâc's que ta mèr' t'a données , Quoique beu avar , y n'trouvera pas cher C'trésor-là pour cinquant' guinées.
ANNA
Va-t-en bien vite , et cours chez ton {)arrain ; . Il faut tâcher d'attendrir son ànie ;
*A \ Et si tu veux que je sois ta p'tit' femme ,
S I N'va pas, surtout, t'amuser en chemin. ^,
^ j TON T. *
'Ç. j J'm'en vas bien vite, et j'cours chez mon parrain,
W I Pour tâcher d'attendrir son âme
Et comm' je veux que tu sols ma p'tit' f«mme , N'y a pas d'danger que j'm'amuse en chemin.
{Il sort.)