‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 78 sur 270 · BERTRAM, ANNA · texte numérisé non relu

BERTRAM, ANNA

ANNA

Pourvu que son parrain ne le refuse pas!

BERTRAM , entrant en appelant Anna! Anna! allons qu'est-ce que je disais, j'é'ais sîir de la trouver ici.

ANNA

Tiens, c'est vous mon père, d'où venez-vous donc? voili une heure que je vous cherche.

BERTRAM

Oui... lu me cherches toujours du côtéoii jenesnis pas. Je gage que tu viens encore île causer avec ce mauvais sujet de Tony.

ANNA. , timidement.

Oui, mon père... c'est vrai... je suis venu pour lui dire que vous m'aviez défendu de le voir...

bertram.

A la bonne hei^re... c.ir (leni.in tu épouseras M. CroîmilofF. ce qui va f";. ire de lui i.ne femme de pi eniière classe.

J'aimerais mieux êlrc de la seconde avec un autre.

BEliTRATW.

Comment ! nn homme de sa force!

AïK : Dis-moi , t en somnens-tu?

Chez nous , c'est lui qui fait tout's les harangues.

C'est l'mém' discours qui lui sert en tous lieux

bertkam.

Il sait à fond cinq ou six langues :

Nous ne nous entendrons pas mieux.

BliRTK VM.

Enfin , c'est l'éloquence même.

AKNA.

J' n'i ens' pas comme \oiis aujourd'hui.... Et quand Tony médit : Je t'aime....

Je trouv' qu'il parle mieux que lui.

BERTKAM.

Encore Tony ! que y- tVnfende parler c?e ce mauvais garnement... Je ne veux plus que tu prononces son nom: s'il était là... où est-il?

AKNA.

Mon père.

BERTRAM, levnnt son hâ on.

Du tout, dis-moi où il eti , que je lui donne une leçon.

ANNA

Eh! bien, mon père, il est ; IV cliez son prrain, ei il espère qu'il rapportera ce soir les tinquanie giiinées...

BtuTRAM, se câlinant.

Ahîc'es: différrn ,1e maîire d'rcole nVn offre que fren!e; tu sais, ma fille, je n .i «ju'ime pai oie, eL puisque lu Tain es plus que l'iji.tie, s'il apporte la somme eu question... nous ferons la noct; demiin...

Oh ! que vous êtes gentil, mon père, quand vous parlez comme ca !,..

BEBTP.AM.

Tony n'est pas un méchant i^aiçon...

ANNA

Ah! ça, comment ferez-voiis avec l'autre? bertuam héntcmt.

L'antre... l'antre... ce n'esi pas déjii un si bon parti... uu xnauviiis niaîue d'école... on le dit savant, je n'en sais rien ; on di' qu'il p.iile cinq ou six langues, je vo'idiais les enteudie... Kiqi.'il te • if une pas médire un mot <le travers .. p;irc<" qnt^... (Se i adoucissait) Ahlça, j\)iil)lie que ton oncle Bisco.t Je pâ iis er, doit arriver de Londres aujourd'hui. Voila dix ans qne nous ne l'avons vu, parce qu'il ne peut se décidei à quitter tes j eiits pâtes 5 mais comme il à su que c'était ]>oi r !a noce...

BjscoTT, dons la coulisse.

Merci , mon trarçun , merci. ( // entre en scène, )

AMJVA.

C'est mon oricle...

BERTRAM

Oui, ma foi, c'est lui !...

SCEIXE IV.

Les Mêmes, BISCOTT . im manteau sous le hras.

BISCOTT.

Oui, c'est moi... mes amis, mes enfans... permettez-moi d'abord de satisfaire à un vœu de la nature. (// les emhrasse. )

Air : d'Une Nuit au château.

Des fatigues du voyage Dans un moment aussi doux.

Si l'plaisir te dt-dommage, Reste long-temps avec nous.

BISCOTT.

Embrassons-nous donc encore , Qu'il est beau le sentiment , Pour des parens qu'on adore , Et qu'on ne voit pas souvent !

lO

EKRTKA.ir.

Des fatigues du voyage, Daus un moment aussi doux , Si l'plaisir te dédonimage , Reste long-temps avec nous.

ANNA

Des fatigues du voyage , Dans un moment aussi doux , Si l'plaisir vous dédommage , Restez long-temps avec nous.

niSCOTT.

Des fatigues du voyage.

Dans un moment aussi doux , Le plaisir me dédommage , Que n'suis-j' toujours avec tous !

BISCOTT.

(.e bon frère... Je sr.is sûr qu'il venait nii-devant de moi.

ÏERTRAM.

C'est vrai... j'y allais, j'avais pris ma fille avec moi.

BISCOTT.

Ah! en... tu vois que je suis ponctuel, j'arrive la veille de 1.1 noce... T. a chère nièce n'es» pas fâclivie de me voir... mais comme elle est drôl^tte, grandeleite ei gentillette. AKNA^ riant.

Oui j mon oncle...

BERTRAW.

Mais parlons de toi , comment va la santé et le commerce?

BISCOTT.

A merveille, mon frère... La pâtisserie se soîiiient, et me soutient, nous allons l'un portant l'.lntre, c'est une une bonne jjartie : ce qu'on ne vend pas , on le mani^'e, et on vit avec ça.

BEUTRAM.

C'est fort ngréable.

BISCOTT.

L'AnîjlaJs est un peuple gros-mangeur, coniinuellenient sur sa bouclie J'ai remaroué que ce peuple a un penchant décidé pour les comestibles... Il n'est p.^s rare en Angleterre de voir un membre du Park^nient quitter la séance pour descendre chez le pastry-cook, et préf<'rcr an plus beau discours, une simple galette... Aussi je fiis moimême des pâtés d'Amiens^ de Cliaitres, de Strasbourg,

des l)iscuils tle Reims . des gaiiifres de L\on; je ne rong:s pas même de ccnfectionuer la dariole de Naiiierre ei la talnioiise de Sl.-Beiiis.

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