SCÈNE DEUXIÈME
du résultat, ils vont chercher, chacun sa chaise — et s’assoient.
Le repas commence. Golombine dispose le couvert, puis choisissant chaque plat, elle le lui offre. Mais Pierrot n’a pas faim, rien ne le tente. Colombine veut lui verser à boire. Il n’a pas soif non plus. Et Golombine fâchée, quitte la table.
Mais elle se ravise. C’est peut-être d’amour qu’il a faim; c’est peut-être de baisers qu’il a soif. Et se rapprochant de lui, de plus en plus provocante, cherchant son regard, elle tend ses lèvres, offrant un baiser. Mais comme son estomac, le cœur de Pierrot est fermé. Il n’a ni faim d’amour, ni soif de ses caresses. Et s’excusant, il baisse la tête.
Tout à coup, sur un arbre, un rossignol chante. Pierrot précipitamment se lève. Et Colombine et lui, l’oreille tendue, charmés, tous deux l’écoutent. C’est l’amour qui passe, pense-t-elle! Et Pierrot écoute toujours, croyant entendre la Lune de là-haut, l’appeler. De la main, il lui fait signe qu’il a compris.
SUR LA TERRE
Golombine veut alors l’entraîner vers la maison.
Voilà la nuit!Elle est lasse. C’est l’heure douce de s’en aller dormir gentiment tous les deux.
Mais Pierrot dit non; il n’a pas sommeil. Il a toujours mal à la tète, et il s’excuse lui montrant comiquement sa langue, qu’il lui mime être aussi blanche que sa blouse.
Colombine est furieuse. En vain il la supplie de se calmer. Elle ne veut rien entendre. Elle le menace. Elle se vengera. Pierrot veut s’expliquer; il la suit jusqu’à la porte d’entrée. Mais sur le seuil Colombine, poussée à bout, se retourne et lui envoie une formidable gifle. Puis elle rentre. — Pierrot étourdi, se tâte la joue.