ACTE 11, SCÈNE X
u m'épouvantes, mon ami ! Dis-moi que jamais pareil danger ne viendra altérer notre félicité intérieure.
aIbert.
L.e tore habituel des mères, ma chère Hélène, et la tienne n'y a pas échappé, c*est de n'abandonner jamais à. un époux la tutelle de leur enfaiît sans se réserver de la reprendre aussitôt en sous-œuvre. L*époux qui subirait sans protestation ce partage d'autorité se déclarerait par là même incapable d'être à lui seul une protection suffisante pour sa femme. Quelle estime ferais-tu de moi, ma chère Hélène, si je te laissais supposer qu'une autre providence, fût-elle ta mère elle-même, est indispensable à compléter ma mission tutélaire auprès de toi } Crois-moi, ma bien-aimée, je me sens capable de te protéger tout seul, et surtout de te donner assez d'amour pour que tu n'aies jamais à regretter de rejeter au second plan toutes les autres attaches de ton cœur, si respectables soient-elles.
HÉLÈNE
Que je suis heureuse d'être aimée ainsi! Pardonne à l'inexpérience de ma jeunesse; pourquoi n'ai-je pas compris plus tôt ! (Elle Tcmbrasse.)
ALBERT, se levant.
Il s'agit maintenant de notifier notre volonté commune; je m'en charge* (Hélène fait un geste de prière.) Ne
crains rien, ma chère Hélène; je saurai concilier la fermeté résolue de Tépoux avec la sensibilité respectueuse du gendre.
HÉLÈNE
L* arrêt sera dur à prononcer. Pauvre mère ! — Dismoi, mon ami, quelle position penses-tu lui réserver loin de nous ?
ALBERT, regardant par la fenêtre.
N'aperçois-tu pas quelqu'un dans le jardin?
HÉ LÉ ME, regardant aussi*.
Oui, M. Dupistil qui se glisse à pas de loup le long des charmilles. Que vient-il encore faire chez nous ?
ALBERT
Peut-être apporte-t-il la réponse à ta question.
HÉLÈNE
Oh ! quelle apparence !
'ALBERT
Qui sait? J'ai là-dessus certaines idées que je vais te communiquer. Mais sortons; il ne faut pas qu'il nous aperçoive.
HÉLÈNE
Est-ce qu'il monte ?
ALBERT
Parbleu! Norine a dû lui livrer passage, et... j'en-