‹ La lutherie et les luthiersChapitre 109 sur 196 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

est sorti de ses mains un air de famille auquel il est impossible de se méprendre. La grande force de Lupot a été sa connaissance très sérieuse des grands maîtres italiens : Stradivarius lui servit de type; il ne pouvait pas en prendre de meilleur.

Charles-François Gand, élève distingué de Lupot et son gendre, lui succéda en 1 824 ; il a laissé un assez grand nombre d'instruments estimés; il se distinguait particulièrement par la connaissance approfondie qu'il avait des instruments italiens.

Autour de Gand vinrent se grouper : Chanot, l'un de nos luthiers les plus habiles et qui avait une capacité de premier ordre pour la réparation ou les modifications à apporter aux anciens instruments; Bernardel, qui a laissé beaucoup d'instruments bien faits et d'une bonne sonorité, Thiboust, Maucotel, Rambaux, Mennégand, G. Henry, Miremont, Germain à Paris, Jeandel à Rouen, Lapaix à Lille, Silvestre à Lyon, Simonin à Toulouse, Derazey, Grandson fils, Gaillard à Mirecourt, tous luthiers de mérite dont le nom figure honorablement dans les récompenses accordées par les jurys des expositions internationales inaugurées par l'Angleterre.

Mais parmi tous ces hommes de talent, il en est un dont je n'ai pas encore prononcé le nom, et qui restera l'une des gloires les plus brillantes de la lutherie française au xix*^ siècle. Je veux parler de Jean-Baptiste Vuillaume, auquel je consacre une longue notice biographique à la fin de ce chapitre.

Aldric. — Très bon luthier qui a travaillé pendant longtemps à Paris.

La marque la plus ancienne que j'aie rencontrée de lui se trouvait dans une basse :

Fait par Aldric ^ luthier ^

rue des Arcis, i6,

Paris. 17^2.

Les autres sont datées de la rue de Seine-Saint- Germain, 71, où il a demeuré jusqu'en 1840, époque où son neveu Aubry a pris la suite de ses affaires.

La plupart des étiquettes d'Aldric sont manu-

20a LES LUTHIERS FRANÇAIS.

scrites; il en employait aussi une imprimée dont voici le libellé :

Rue de Seine j 71, près celle de Bussy. Aldricy Luthier à Paris 18 . ., (Pl.xx.)

La lutherie d'Aldric est remarquablement bien faite; elle commence dignement avec celle de Lupot, quoique bien inférieure à cette dernière, la bonne école française.

Son vernis est généralement rouge et de belle apparence, mais un peu trop épais.

Il existe aussi de lui des altos faits de vieilles violes italiennes, dont la facture atteste une habileté hors ligne.

Alibert (Jean-Pierre). — Né le 22 mars 1820 à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Propriétaire exploitant des mines de graphite et de néphrite dans la Sibérie orientale. Officier de la Légion d'honneur et de l'instruction publique.

M. Alibert est l'inventeur d'un système de chevilles, assurant l'accord parfait des instruments à cordes. Cette invention, destinée d'abord au seul mécanisme du piano, fut étendue plus tard par l'auteur aux instruments à archet ^

Elle apporte dans l'accord une facilité et une rectitude mathématique absolument remarquables.

Voici le résumé du système :

I. La maison Pleyel-Wolff l'adopta pour les pianos, après une suite d'essais concluants.

Page 1