CHAPITRE V
Chanot (Gf^orgpis). — Frère du précédent. Né à Mirecourt le 26 mars i8or, l'un des luthiers les plus habiles de l'École française de notre époque. Après avoir fait son premier apprentissage dans sa ville natale, il vint à Paris en 18 19, et entra chez son frère pour travailler à la facture des violons d'un nouveau modèle, pour lesquels ce dernier avait obtenu un brevet en 18 17. L'année suivante, il entra chez Clément, l'un des bons luthiers du temps. En 1821, il fut engagé chez Gand, qu'il quitta en 1823 pour s'établir à son compte rue Oblin, près de la Halle au blé. Il demeura successivement place des Victoires, 1825- 1828; passage Choiseul, 1828- .837; rue de Rivoli, 1837-1848; et enfin quai Malaquais.
Georges Chanot joignait à une science approfondie de son art une connaissance hors ligne des anciens instruments italiens, dont il avait fait une étude spéciale.
Il a fait des instruments neufs qui se distinguent parleur belle facture et leur bonne sonorité; mais il excellait surtout par une grande habileté de main dans la réparation des anciens instruments.
Artiste enthousiaste, il avait su communiquer aux siens le feu sacré : lors de l'Exposition de Paris en 1827, on fut très surpris de voir figurer parmi les produits de la lutherie française un violon remarquable fait par une dame, et cette dame était M'"® Chanot^ : c'est un fait probablement unique dans l'histoire de la lutherie.
I. Description d'un violon historique et monumental ^ par Cyprien Desmarais. A Paris, chez Dentu, au Palais-Royal, i836, brochure in-S" de 3/ pages.
si4 LES LUTHIERS FRANÇAIS.
M""' Chanot fit plusieurs violons : elle travaillait régulièrement et avec assiduité près de son mari, et lui rendait de véritables services.
Devenu veuf, G. Chanot se remaria en iSôg.
11 quitta les affaires en 1872, époque à laquelle il céda son fonds à son beau-fils, Mv Joseph Chardon, son élève, qui a su profiter de ses bons conseils et de ses leçons, car il est aujourd'hui l'un de nos luthiers parisiens les plus distingués, surtout pour la réparation et la connaissance des anciens instruments.
Georges Chanot eut de son premier mariage un fils portant aussi le prénom de Georges, qui commença l'étude de la lutherie avec son père. En i85i, il partit pour Londres, où il travailla pendant plusieurs années chez Maucotel, luthier français établi dans cette ville ^ En i858,M. Chanot (Georges II) entreprit luimême les affaires pour son compte, et il est aujourd'hui l'un des bons luthiers de Londres.
Georges Chanot père, en quittant les affaires, s'était retiré à Courcelles, près de Gif (Seine-et-Oise), oia il est mort le 10 janvier i883, dans sa quatre-vingtdeuxième année. (PI. xxii.)
Chapply (Nicolas-Augustin). — Bon luthier, qui travaillait à Paris dans la seconde moitié du xviii® siècle.
La date la plus ancienne que nous a3-ons relevée dans les instruments que nous avons vus de lui, est 1762. Son nom, avec l'initiale N, est marqué au feu,