CHAPITRE V
de la même rue (pi, xxm), où il habita jusqu'à sa mort, arrivée en 1845.
Élève et gendredeLupot,il lui avait succédé en 1824.
Charles-François Gand suivit les traditions de son maître et apporta dans ses travaux le même soin et les mêmes aptitudes. Il vivait à une époque oia les œuvres de lutherie étaient encore personnelles. Lupot ne laissa jamais sortir de son atelier un instrument qui ne fût entièrement fait de sa main: ainsi opérait C.-F. Gand.
Les luthiers de cette époque étaient de rudes travailleurs ; tous les instants qui n'étaient pas consacrés aux soins de leur commerce les trouvaient assis devant l'établi traditionnel; aussi les œuvres de ces maîtres habiles conservent-elles leur caractère absolument particulier. Lupot avait été chargé de faire des instruments pour la chapelle ro3^ale, mais la mort ne lui a3^ant pas permis d'y mettre la dernière main, Ch.-F. Gand les termina.
Ces beaux spécimens de lutherie, dont plusieurs avaient été détériorés en i83o, lors de l'envahissement des Tuileries, furent malheureusement anéantis en 1871, par l'incendie du palais.
La lutherie de C.-F. Gand mérite, à tous égards, la réputation qu'elle s'est acquise : main-d'œuvre soignée, patrons élégants, belles fournitures, vernis rouge brun, un peu épais peut-être, mais auquel la patine du temps imprime un cachet qui fait penser à certains vieux maîtres italiens.
C.-F. Gand n'était pas seulement un luthier de premier ordre pour la facture des instruments neufs;
230 LES LUTHIERS IRA NÇAI s.
il joignait à ces qualités émincntes la connaissance approfondie de l'ancienne lutherie italienne, et, à cet égard, ses jugements étaient sans appel. Il laissait en mourant deux fils :
1° Charles-Adolphe, né à Paris le ii décembre 1812, décédé le 24 janvier 1866.
Élève de son père, il lui avait succédé en 1845. Comme ses prédécesseurs, il fut nommé luthier de la musique du Roi et du Conservatoire, et plus tard de la chapelle de l'Empereur. Il a fait peu d'instruments neufs, mais ceux qu'il a laissés sont de belle facture et portent sa marque personnelle.
En i855, à l'occasion de l'Exposition universelle, il s'associa son frère Eugène, dont je vais parler, et la maison Gand frères remporta la médaille de première classe (pi. xxiv\
2° Eugène. — Né à Paris le 5 juin 1825. Tout en se livrant à l'étude de la lutherie sous la direction de son père et de son frère, M. Eugène Gand suivait avec succès la classe de violon faite par Baillot au Conservatoire, et la quitta à la mort du professeur, en 1842.
Lorsque son irère mourut en 1866, il s'associa à MM.. Bernardel frères, et la nouvelle maison Gand et Bernardel frères s'établit rue Croix-des-Petits- Champs, n" 2 I.
En i883, les ateliers furent transférés passage Saulnier, 4, où ils existent aujourd'hui.
M. Eugène Gand, en s'associant premier en nom avec MM. Bernardel frères en 1866, avait une lourde tâche à remplir pour maintenir à son rang la réputa-
Pl. XXI.
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