CHAPITRE PREMI ER. ,p
Longueur de l'ouverture des G o"',oq5""".
— du haut jusqu'au milieu des jTjr o"',220 — Hauteur des cclisses du haut o"', o38
— — du milieu . . . o"', o38 —
— — du bas o'", o3i) —
Ce magnifique instrument fait partie de la splendide collection Camposelice*.
Violoncelle. — Au fur et à mesure que. les modifications se faisaient aux pardessus de viole et les anienaient à la forme du violon, ces mêmes changements s'opéraient dans les basses de viole, devenues alors basses de j'iolon ou violoncelles.
Comme je l'ai dit en parlant du violon, le violoncelle, avec sa tête à quatre chevilles, était probablement construit en Italie dès i52o; mais les premiers spécimens authentiques connus datent des Amati, Gaspard da Salo et Maggini, de i55o à 1600, et encore sont-ils d'une rareté excessive.
Un auteur français, Laborde, dans son Essai sur la musique, a édité sur le violoncelle une fable tellement absurde que je n'en parlerais pas ici, si je ne
1. Leducde Camposelice, décédé àParisle i^^'septembre 1887, avait réuni un ensemble d'instruments précieux dont voici la nomenclature :
Joseph Guai-nerius del Jesu : 5 violons.
Anlonius Stradivarius : 8 violons, 2 altos, 2 violon-
celles.
Pierre Guarnerius [Venise) : i violon.
Saint- Séraphin : i violon.
Gagliano [Nicolas) : i alto.
Gaspar da Salo : i alto.
Lupot (Nicolas) : 2 violons, i alto, i violoncelle.
Cette collection remarquable appartient aujourd'hui à M"'^ la duchesse de Camposelice.
Tavais vue reproduite souvent dans des ouvrages de musicologie sérieux.
Laborde dit à l'article violoncelle' :
« Instrument qui a succédé à la viole pour accompagner dans les concerts. Il est fait comme le violon, excepté qu'il est beaucoup plus gros et se tient entre les jambes. Le P. Tardieu, de Tarascon, frère d'un célèbre maître de chapelle de Provence, Vimagina vers le commencement de ce siècle (le xviri*=), et le monta de cinq cordes ainsi accordées : lit, sol, ré, la, rJ. Quinze ou vingt ans après, on réduisit le violoncelle à quatre cordes en lui ôtant la chanterelle ré. »
Je ne sais où l'auteur a puisé les éléments de cette légende naïve; toujours est-il que l'histoire de l'abbé Tardieu est fausse d'un bout à l'autre.
La chose est simple et facile à comprendre, puisque plus de cent cinquante ans avant lui le violoncelle était sorti d'Italie avec ses quatre cordes et sa tête à quatre chevilles! Depuis lors, sa forme a pu rechercher plus d'élégance, mais elle a toujours été la même; ses dimensions seules ont varié. Pendant bien longtemps on a complètement ignoré les ressources dont cet instrument admirable était susceptible; on ne s'en servait que pour soutenir le chant dans les églises, ou bien encore pour faire la basse d'accompagnement aux sonates de violon, dont la mode commença à se propager en Italie dans le courant du xvii® siècle. Les instruments construits par les luthiers italiens dans ce but étaient sensiblement plus grands que le
I. Laborde, Essai sur la musique, 4 vol. in-4°. Paris, 1780, t. I", p. 309.
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patron adopté par A. Stradivari de 1700 à lySo. On les appelait basses : la plupart étaient percées d'un trou au milieu de la table de fond, pour permettre au joueur de suivre les processions en suspendant son instrument à un crochet attenant à la ceinture-, elles étaient montées exactement comme le violoncelle. A. Stradivari lui-même a construit plusieurs de ces grandes basses d'église, mais on a reconnu que le modèle le mieux approprié à l'usage était celui du violoncelle de cet auteur, ayant appartenu à Louis Duport, et ensuite à notre tant regretté maître A. Franchomme. Voici quelles en sont les dimensions exactes, prises sur l'original :
Longueur totale du corps o"", ySo""".
— du haut au milieu des ffjf. . o"',40o — Largeur du haut o"', J40
— du milieu des C • • o"', 240
du bas o",440 —
Longueur de l'ouverture des C . . • . o"\ 170 —
Hauteur des éclisses du haut. . . . • o™, 118 —
du milieu. . . . o'", 118 —
du bas o™, 119 —
L'accord du violoncelle est le suivant :
L'étendue pratique de l'instrument, depuis 1'/// grave à vide jusqu'au bas du manche sur le la, est de quatre octaves, plus le ré et le mi. Certains compositeurs solistes écrivent jusqu'au /Ii appuyé, mais il faut alors une touche de longueur suffisante.
Je ne m'étendrai pas davantage au sujet du vio- Ijiicelle, sur lequel Je crois avoir donné les détails indispensables; il nous conduit naturellement à la dernière expression des dérivés du violon dans la famille des instruments à archet usités de nos jours : je veux parler de la contrebasse.
Contrebasse. — Comme pour le violon et le violoncelle, on a voulu trouver, et sans plus de fondement, un inventeur à la contrebasse : on a choisi dans ce but un luthier italien, Michel Todini, travaillant à Rome dans la seconde moitié du xvu^ siècle. Quelques lignes mal interprétées, insérées dans un petit volume que Todini fit paraître à Rome en 1676% ont donné naissance à cette supposition erronée.
Voici ce que dit l'auteur dans sa Gallcria armcnica, chap. xxiii, p. 81 :
« Ma perche doppo fabricai e introdussi nelle musiche di Roma il violone grande, osia contrabasso, mi convenue tralasciare ogn'altra cosa. »
« Mais comme depuis j'ai fabriqué et introduit dans les orchestres de Rome le grand violone, autrement dit la contrebasse, j'ai préféré abandonner toute autre chose. »
Todini, on le voit, n'émet même pas la prétention qu'on lui suppose bien gratuitement.
Du reste, en lui accordant toute espèce de charlatanisme, il lui eût été difficile de faire croire à ses con-
I. Dichiaratione délia galleria armonica eretta in Roma, da Michèle Todini. Piemontese di Saluzzo, nella sua habitatione, posta ail' arco délia Ciambella. In Roma per Francesco Tizzoni, 1676. — Petit in- 12 de 92 pages.