CHAPITRE PREMIER. -..j
temporains qu'il avait inventé un instrument décrit en détail par Ganassi del Fontego dans sa Regola Rubertina dès i543.
Michel Praetorius, dans son Organograjîa^ ^ nous entretient avec détails des violoni et des contrebasses usitées de son temps en Allemagne, et les appelle violone ou contrabasso da Gamba. Elles avaient six cordes, six cases marquées sur la touche pour indiquer la place des doigts , et elles s'accordaient par quarte. Outre le violone ou contrabasso da Gamba, l'auteur cite encore le violone da Gamba siib basse, plus grave que le violone ordinaire et s'accordant juste une octave au-dessous du ténor.
La contrebasse, usitée en Italie et en Allemagne au commencement du xvii^ siècle, l'était également dans les Flandres, où on l'employait surtout à l'accompagnement de la musique religieuse.
Maître Daniel, luthier d'Anvers, en fit une en i636,pour la chapelle du Saint-Sacrement de la cathédrale; en 1641, Théodore ^'erb^uggen en fabriqua une pour le grand jubé de la même église. Il existe encore un de ces instruments à la cathédrale d'Anvers; il porte à l'intérieur l'étiquette suivante : Peeter Porlon tôt Antiverpcn,f. 164^. « Pierre Porlon m'a construit à Anvers en 1647 '• ^'
1. Deuxième volume du Syntagma miisicum, etc. Paru h Wittemberg en 161 5.
2. « Recherches sur les facteurs de clavecins et les luthiers d'Anvers, depuis le xvi'' siècle jusqu'au xix*», par le chev. Léon de Burbure. Publié dans les Bulletins de l'Académie des sciences, lettres, etc., de Belgique, 32" année, 2« série, t. XV, p. 36i et suiv.
On voit donc que la contrebasse était d'un usage général en Europe, on s'en servait aussi en France; mais, chez nous, l'usage s'en établit beaucoup plus tard dans les orchestres. L'Académie royale de musique l'admit pour la première fois en l'année 1700, et en 1-57 il n'y avait encore qu'une seule contrebasse à l'orchestre de l'Opéra; on s'en servait seulement le vendredi, jour du beau mondée Gossec en fit ajouter une seconde; Philidor, une troisième, pour la première représentation de son opéra Ernclinde-^ et successivement le nombre s'en augmenta jusqu'à huit.
La bande des vingt-quatre violons du roi ne contenait pas de contrebasse; quand elle fut dissoute en 1761, la musique royale reçut une nouvelle organisation, et cet instrument fit alors partie de l'orchestre; lorsqu'en 1792 on congédia la musique du roi, il se trouvait sur la liste des musiciens ordinaires de Sa Majesté deux contrebassistes, les sieurs Ravida et Gelineck'.
En 1827, on commença, sous l'impulsion d'Habeneck, à s'occuper sérieusement de la grande musique
1. « ... Passons aux orchestres et commençons par celui de rOpe'ra. .. Je vais le dépeindre tel qu'il est pour mettre le public à même d'en juger. Il y a 16 violons, 5 flûtes et hautbois, 2 cors de chasse, 6 quintes, 4 bassons, i clavecin, 3 violoncelles d'accompagnement, 8 autres du grand chœur et i contrebasse, I trompette, des tymbales, i musette, i tambourin. » (Réponse aux observations sur la musique, les musiciens et les instruments. A\'\e,ï\on, lySS. Sans nom d'auteur).
2. Ernelinde, princesse de Norvège, opéra en 3 actes, paroles de Poinsinet, musique de Danican Philidor. Représenté pour la première fois à l'Académie royale de musique le 24 novembre 1767.