CHAPITRE PREMIER
d'orchestre au Conservatoire de Paris, et on songea à former les contrebassistes nécessaires à l'exécution de cette musique; une classe spéciale fut créée. On adopta pour l'enseignement la contrebasse à trois cordes, accordée ainsi :
(8 va au-dessous.)
On se préoccupa alors du genre d'archet devant être adopté. Une commission, dans laquelle figuraient MM. Chénié, Lam\'' et Sorne, contrebassistes de la chapelle du roi, examina la question et se prononça pour l'archet à la Dragonetti.
Le célèbre artiste, auquel on en référa, envoya luimême de Londres le modèle, et notre luthier Gand fabriqua sur ce type les archets nécessaires au Conservatoire.
Jusqu'en i832, on se servit de l'instrumenta trois cordes; mais, à cette époque, Cherubini et Habeneck' décidèrent que désormais l'enseignement aurait lieu sur celui à quatre cordes.
(8 va au-iessous.)
Depuis longtemps, en France, les orchestres des théâtres étaient munis de contrebasses à trois cordes. L'Opéra-Comique de Paris, sur la demande de son chef d'orchestre, M. Girard, commença le premier, en
où LE VIOLON.
1840, à se servir de Tinstrument à quatre cordes; et aujourd'hui l'usage en est générale
L'accord de la contrebasse au moyen de simples chevilles offrait de réelles difficultés à cause de la grosseur et de la longueur des cordes; un luthier allemand, Louis Bachmann, de Berlin, eut l'idée, vers 1725, d'y substituer des chevilles à vis, ce qui a prévalu depuis.
Un contrebassiste hongrois, nommé Joseph Kœmpfer, fut l'un des premiers à jouer l'instrument en solo; on l'entendit au concert spirituel à Paris en 1787-. Il avait fait faire une contrebasse se démontant en vingtsix parties et se reconstruisant au moyen de vis. Il était ainsi parvenu à réduire de volume et à pouvoir transporter facilement dans ses voyages ce colosse qu'il appelait son Goliath ^
Il me reste encore à dire quelques mots d'un instrument qui occupe, dans l'échelle des instruments à archet, l'extrémité opposée à celui dont je viens de parler.
La Pochette n'a jamais eu de rôle musical proprement dit; elle avait été inventée pour les maîtres
1. Charles Labro, professeur au Conservatoire de Paris. Méthode de contrebasse. Paris, chez l'auteur, 1860.
2. On rendit justice au talent de l'artiste, mais l'instrument eut peu de succès : « M. KempfFer [sic] a fait entendre un concerto de contrebasse, tentative plus extraordinaire qu'agréable ; qui n'offre que des difficultés vaincues, sans aucun charme pour les oreilles des auditeurs. M. Kempffer paraît posséder parfaitement son instrument, et s'il n'a pas eu un plus brillant succès, c'est à la nature de l'instrument qu'il faut s'en prendre. » (Mercure de France., avril lySy, p. 32.)
3. H. Welclvcr, Magasin musikalischer Tonwerk'^euge. — i855, p. 95.
à danser, afin de leur faciliter le transport de l'instrument et leur permettre d'avoir ainsi en poche l'orchestre indispensable à leurs démonstrations.
L'idée de réduire ainsi le corps du violon date probablement de la fin du \wf siècle, quand la danse devint une mode générale dans toutes les cours de l'Europe. On rencontre aujourd'hui de nombreux spécimens de pochettes, signés d'auteurs italiens, allemands, anglais et français. Le musée du Conservatoire de Paris en possède une collection de trente pièces 'jf^ 47 à 76), parmi lesquelles il s'en trouve une (n° 61) d'Antonio Stradivari, véritable merveille de lutherie.
LA LUTHERIE ITALIENNE