CHAPITRE V. 2C
Claude-Mctor Rambaux est mort à Mirecourt, le 25 juin 187 I '.
Raut (Jean). — Luthier assez estime, qui travailla à Rennes, en Bretagne, jusque vers 1790. On connaît de lui quelques violons.
Remy. — Nom d'une famille de luthiers travaillant à Paris depuis un siècle et demi.
Le chef, établi en 1760 rue Sainte-Marguerite- Saint-Antoine, et plus tard rue Tiquetonne, fit des instruments dans le genre des Guersan, Saint-Paul et Gaviniès. Il eut un fils, Jean-Math urin, né rue Tiquetonne en 1770, mort en 1854, lequel vint plus tard s'établir rue de Grenelle-Saint-Honoré, n°3o, où ses ateliers existèrent pendant trente-sept années. Aujourd'hui, le fils de Jean-Mathurin, M. Jules Remy, né en 181 3, continue le commerce de la lutherie, rue du Faubourg-Saint-Denis, n° 60.
Rexaudix (Léopold). — Établi à Paris en 1788, rue Saint-Honoré, au coin de la rue Jean-Saint-Denis.
I. C.-V. Rambaux avait laissé deux fils. Je tiens les détails qui précèdent de l'un d'eux, M. Emile Rambaux, sous-inspecteur des forêts à Laon. La lettre qu'il m'adressait se terminait par ces quelques lignes simples et modestes au sujet de son père :
« Il était encore plein de vie quand éclata la dernière guerre. Son cœur fut péniblement affecté des désastres de notre patrie, et l'impression fut d'autant plus vive, que Mirecourt était au centre du pays envahi. Mon jeune frère, âgé de vingt et un ans, et moi étions partis comme soldats : hélas ! un seul devait revenir. Mon frère fut tué à Belfort, et mon père ne put supporter cette nouvelle douleur: le chagrin le prit, et il mourut à Mirecourt le 25 juin 1871, à l'âge de soixante-cinq ans. »
270 LES LUTHIERS IRANÇAl s.
Lutherie de second ordre, dont on rencontre encore quelques spécimens; la facture n'en est pas mauvaise, mais les voûtes sont trop prononcées et le vernis, d'une couleur gris noirâtre, est d'un vilain aspect.
Léopold Renaudin (adresse illisible), Année 178^.
Aux amateurs. — Renaudin. luthier^ fait
toutes sortes d'instruments, rue Saint-Honoré,
près l'Opéra. ijSj.
On trouvera, à la planche xxviii, une étiquette manuscrite de sa main.
Léopold Renaudin était surtout réputé pour ses contrebasses, qui sont encore recherchées aujourd'hui.
Ce Léopold Renaudin prit une part active aux excès sanglants de la Révolution française et paya de sa tête, comme tant d'autres, sa triste célébrité. Voici ce que nous lisons à son sujet dans l'ouvrage de M. Campardon sur le Tribunal î'épolutiontiaire^ :
« Il y avait au tribunal de Fouquier-Tinville un certain nombre de jurés qu'on appelait /e5 5o/ùYe5 ; avec eux les accusés étaient toujours convaincus, et ils se plaisaient à faire ce qu'ils appelaient à^sfeux défile, c'est-à-dire à envoyer à la mort tous les prévenus sans exception. Léopold Renaudin, luthier, fut
I. Le Tribunal révolutionnaire de Paris, ouvrage composé d'après les documents originaux conserves aux Archives, par M. E. Campardon, archiviste aux Arch. nat. Paris, Henri Pion, 1866, 2 vol. in-8».