CHAPITRE II
Ori-ine de la lutherie. - Faiseurs de vielles à archet, à Paris, en 1292. - La lutherie italienne. - Premicre époque dite des violes. - Ecole de Brescia: Gaspard da Salo, J. P. Maggini. -Crémone : Les Amati, Guarnieri, Anton.o Stradivari - Le vernis. - L'usage et le commerce de l'ancienne lutherie italienne au xix» siècle. - Nomenclature des luthiers italiens.
L'origine de la facture des instruments de musique se perd dans la nuit des temps. Le premier homme qui a eu l'idée de couper un roseau et de le façonner de manière à pouvoir en tirer des sons, a été l'inventeur de l'art de la lutherie. Ne cherchons donc pas à découvrir quel a été ce premier faiseur d'instruments, nos peines seraient vaines, mais traversons tout de suite les siècles, pour arriver à l'époque où l'usage de la musique s'est formulé clairement sur le contment européen, lorsque les instruments à archet, dont je
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m'occuperai seulement ici, commencèrent à devenir d'un usage général. Quelles étaient les règles qui présidaient à leur facture ? Quels furent les hommes qui excellèrent dans l'art de les fabriquer? Nous l'ignorons, car si l'histoire des joueurs d'instruments antérieurs au xvi^ siècle nous est imparfaitement connue, nous sommes encore bien moins éclairés sur ceux qui les faisaient.
Nous savons, il est vrai, après avoir compulsé nos archives, qu'il y avait à Paris, en 1292, un nommé Henri, connu sous le nom de H eniy ans vicies Henry, l'un des premiers faiseurs de vielles d'alors, que ce Henri était imposé pour la taxe à la somme de 6 et 12 sols parisis par an, habitait dans la rue aux Juiilécurs^ Ce sont des détails curieux, mais ils nous en font regretter d'autres beaucoup plus intéressants à connaître.
Il nous faut passer sans transition au xvi*^ siècle pour trouver trace de faiseurs d'instruments dont les noms et même quelques spécimens soient parvenus jusqu'à nous : l'Italie, d'abord, nous présente ces patriarches de l'art qui nous occupe.
La première époque de la lutherie italienne, que j'appellerai « époque des violes», est peu connue jusqu'au moment où la forme du violon fut définitivement arrêtée. Les essais furent si nombreux, les formes varièrent de tant de façons, qu'il n'y avait pas, à proprement parler, d'école.
I. Bibliothèque de l'École des chartes, 1S41-1S42, t. III, p. 379.