CHAPITRE VI. jii
mais le plus souvcMit il les livrait au commerce sans sa marque.
En 1837, François Lupot étant mort, D, Peccate quitta J.-B. ^'uillaume, pour qui il avait constamment travaille depuis iH-i6^ et prit la suite de la maison Lupot, rue d'Angivilliers, n° 18.
En 1847, ^^ quitta Paris, pour revenir à Mirecourt, oii il continua à travailler pour les amateurs et les artistes.
Dominique Peccate est mort à Mirecourt, le i3 janvier 1874, dans sa soixante-quatrième année.
II avait un frère qui travailla aussi chez J.-B. Vuillaume, et fut connu sous le nom de Peccate Jeune. Les produits de ce dernier sont inférieurs à ceux de son frère aîné. Il est mort à Paris vers iSSG.
Persoit. — Ouvrier habile, établi à son compte, et qui a surtout travaillé pour J.-B. Vuillaume, de 1823 à 1841. Lorsqu'il vendait ses archets lui-même, il les marquait des initiales P. R. S.
Persoit n'avait pas réussi à faire fortune, car il est mort concierge d'une maison de la rue Saint-Honoré.
ScHWARTZ (Georges-Frédéric). — Né à Strasbourg le 7 avril 1785, mort dans cette ville le 29 décembre
Après avoir fait son apprentissage chez son père Bernard Schwartz, luthier à Strasbourg, il se livra exclusivement à la fabrication des archets, dans laquelle il acquit une réputation méritée.
Il marquait ses archets près de la hausse :
Schnarrj, Strasbourf;.
JI2 L'ARCHF.T.
Voir le nom Schwartz dans la nomenclature des luthiers français.
Simon. — Ne à Mirecourt en 1808, vint à Paris en i838; travailla pendant quelques mois chez D. Peccate, et ensuite chez J.-B. Vuillaume jusqu'en 1845, époque à laquelle il s'établit pour son compte. Dominique Peccate s'étant retiré en 1847, Simon lui succéda rue d'Angivilliers, s'associa avec Henry de 1848 à i85i, et depuis lors travailla seul.
SiRJEAN. — Avait ses ateliers, en 1818, rue de l'École, n^Si.
TouRTF. — ^^oir à la troisième page du présent chapi-tre.
^"oiRiN (François-Nicolas). — Né à Mirecourt, le i^-- octobre i833.
Après avoir fait son apprentissage à Mirecourt, il entra chez J.-B. Vuillaume à Paris, en i855, oià il resta pendant quinze années consécutives, et obtint une mention honorable à l'Exposition universelle de Paris en 1867, comme collaborateur.
Il se sépara de J.-B. Vuillaume en 1870 pour s'établir rue du Bouloi, n° 3, où il a travaillé jusqu'à sa mort arrivée le 4 juin i885 d'une façon tragique.
Il avait quitté son atelier à cinq heures trois quarts de l'après-midi, se rendant chez un amateur pour lui porter un archet; en passant faubourg Montmartre, il fut frappé d'une attaque d'apoplexie, devant le n" 17 de cette rue.
Relevé mourant, on ne trouvait sur lui aucun
papier constatant son identité; il allait être transporté dans un hôpital, lorsque l'archet qu'il avait à la main recouvert d'un étui en papier portant son nom et son adresse, le fit reconnaître. Il fut transporté chez lui où il mourut le soir même à neuf heures et demie, sans avoir repris connaissance.
F.-N. ^"oirin mérite une mention toute spéciale dans la fabrication de l'archet en France. Je ne crois pas trop m'avancer en affirmant que, depuis François Tourte, personne, pas même Peccate, n'a réussi comme lui dans ce genre. Il y a, dans son travail, une pureté, une élégance et un fini qu'il est impossible de surpasser. Il avait remporté une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris en 1878, seule récompense accordée à la fabrication de l'archet.
Lorsqu'il est mort en t885, il laissait une superbe vitrine pleine d'archets, et destinée à l'Exposition d'Anvers. Cette vitrine remporta une médaille d'or.
Hommage un peu tardif rendu à une vie de travail, d'honnêteté et de dévouement à son art.
Voirin marquait tout ses archets au fer rouge audessous de la hausse :
F. N. Voirin., à Paris.
Sur ceux ayant figuré à l'Exposition de 1878, il a ajouté comme pendant :
Exposition x8j8.
M™'' Voirin, depuis la mort de son mari, vend des archets portant la marque qu'il employait de son vivant.
J.-B. Vuillaume : l'un des luthiers parisiens qui
j,^ L'ARCHF.T.
ont eu le plus d'intlucncc sur la bonne fabrication des archets en France depuis 1820, et qui a apporté dans cette branche importante l'esprit d'observation et de suite dont il a donné tant de preuves dans la construction des instruments. On peut dire que lui, surtout, a encouragé par ses soins incessants et ses excellents conseils l'habileté naissante des ouvriers qui se sont fait une réputation dans ce genre. Après avoir constaté que la perfection se rencontrait dans les archets de François Tourte, Vuillaume a voulu pénétrer le secret de ces résultats toujours les mêmes, et qui sont une preuve bien évidente d'une règle identique rigoureusement suivie; car si le hasard peut aider quelquefois dans la réussite d'une œuvre unique, il 'est impossible d'admettre son influence constante dans la production de chefs-d'œuvre sortant tous de la même main, et tous, sans exception, présentant les caractères d'une supériorité incontestable.
Il est prouvé que Tourte n'emplo3^ait aucun moyen mécanique pour calibrer les diamètres proportionnels de ses archets; mais il avait acquis une telle sûreté de coup d'œil et une habileté d'exécution si parfaite, qu'en mesurant exactement les contours de ses archets depuis le bas de la baguette jusqu'à la tête, on retrouve la même progression mathématique.
Après avoir scié les bûches de bois de Fernambouc à droit fil. Tourte obtenait la cambrure voulue à l'aide du feu, et il procédait au calibrage de la baguette, opération qui résume en elle toutes les difficultés, car les trois conditions essentielles, légèreté, élasticité, vigueur, en dépendent exclusivement.