‹ La lutherie et les luthiersChapitre 9 sur 196 · PL · texte numérisé non relu

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Nous savons même quel prix il faut payer le violon dii Crémone : un fragment curieux des comptes du roi de F'rance, Charles IX, nous l'apprend en ces termes : « 27 octobre 1572. Paye à Nicolas Dolinet, joueur de fluste et de violon du dict sieur (le Roy), la somme de cinquante livres tournois pour lui donner le moyen d'achepter un j'iolon de Crémone pour le service du dict sieur ^ »

Depuis le règne de François II le violon revient à chaque instant dans les comptes des rois de France; et il est hors de doute qu'à partir de i55o les luthiers italiens en faisaient un commerce relativement étendu.

Il est donc permis de conclure qu'à l'Italie seule revient la gloire du changement de la viole en violon; aucun autre pa3's de l'Furope ne peut sérieusement y prétendre. On a voulu l'attribuer à la France, parce qu'un auteur italien, Claude Monteverde, dans son opéra Orfeo, joué en 1607, indique dans la composition de son orchestre : « Duoi violini piccoli alla francese - ».

A mon avis, la désignation de Monteverde n'est pas une preuve ; et sans chercher à l'interpréter, je

Ponte dit il Bassano, né en i5io, avait, à la même époque, cinquante-trois ans; on connaît de lui deux manières : celle de sa jeunesse, qui comprend les peintures à grands sujets; celle de son âge mûr, où il réduisit ses dimensions et s'attacha aux détails. Le tableau que je cite est de la seconde manière. Jl existe au musée du Louvre à Paris, grande galerie, n" 3oi.

I. Cimber et Danjou,.4rc//jVe5 de l'histoire de France, t. Mil, p. 353,

1 Fétis, yl. Strjdivari, Paris, i85G, p. 47.

ii LE VIOLON.

ne puis admettre que les nombreux prédécesseurs des Amati, Gaspard da Salo, Maggini, etc., soient venus cliercher en France l'idée du violon, lorsque nous ne connaissons pas le nom d'un seul luthier français de l'époque à leur opposer.

Les Amati à Crémone, Gaspard da Salo et Jean- Paul Maggini à Brescia furent les premiers à améliorer la forme du violon. A. Stradivari lui a donné la perfection actuelle ; je prendrai le grand luthier pour guide dans la description de cet instrument admirable, délice de toutes les générations musicales depuis plus de trois siècles, et destiné, vraisemblablement, à fournir encore une longue carrière.

Quoique les détails de l'instrument soient connus de la plupart des amateurs, je ne crois pas sans intérêt de les mentionner ici.

Les parties dont le violon se compose sont :

La tête, les chevilles;

Le maîiche, sur lequel est collée :

La touche;

Le sillet, petite pièce placée au haut de la touche et sur laquelle s'appuient les cordes au sortir de la tête;

La table d'harmonie, appelée aussi table de dessus ;

ha table de fond, dite fond;

Les éclisses, lames en bois circulaires sur lesquelles s'appuient les tables ;

Le bouton, fixé au milieu de Véclisse du bas, et sur lequel s'attache :

Le tire-corde, qu'on appelait autrefois la queue ;

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