ARS PUS
Les fortes chaleurs tunisiennes sont assez néfastes pour l’anophèle, en particulier lors des gros coups de sirocco. En période d’aouessou (canicule), les insectes trouvent, comme en hiver, des gites favorables dans les maisons et les gourbis arabes. On pouvait se demander, à Ce propos, si un phénomène d’estivation analogue à celui de l’hibernation ne pouvait avoir lieu. La seule observation susceptible d'y avoir trait, a été recueillie par M. Villain, d'après les rapports de MM. Decourt et Ga:ali, en mission anti-paludique. À la fin d’octobre 1933, le dernier soir d’un violent sirocco (qui avait duré trois jours) il se produisit à Enfidaville (non loin du lac Kelbia) une invasion d’anophèles Maculipennis telle qu'aucun habitant ne put fermer l’œil. Le lendemain matin, des centaines de moustiques furent capturés dans les maisons, presque tous gorgés de sang. Une exploration méthodique dans toutes les flaques d’eau environnantes ne permit de déceler ni larves, ni dépouilles nymphales. Or, le même jour, d’après les renseignements fournis par les Docteurs Krouch et Biecheler, il y eut une invasion identique à Grombalia et à Kairouan.
D'où venaient ces anophèles ? À Enfidaville, on avait pensé tout d’abord, à un exode en provenance du lac Kelbia. Or, le trajet du lac à la ville (20 km.) se trouvait, par rapport au lac Kelbia, dans une direction opposée à celle du sirocco. Pourquoi ces anophèles se réfugiaient-ils en masse dans les habitations ? Estivation ou instinct défensif contre le danger ? Aucune solution satisfaisante n’a pu être apportée.
Ces renseignements sur la biologie anophélienne en
en
Tunisie ne seraient pas complets si nous ne parlions de l'alimentation des anophélines, de leur pourcentage d’infestation, de la longueur de leur vol.
L’anophèle tunisien semble bien être de tendance anthropophile. M. H. Gaillard, du Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine de Paris, a noté, en 1934, la grosse prépondérance de labranchiæ pour l’espèce Maculipennis. M. Villain a pu ajouter les observations suivantes
« Désirant suivre dans la région de Kelbia les fluctua- « tions de l’anophélisme, nous avons établi un centre « de capture, y enfermant divers animaux. Alors que « les moustiques étaient journellement constatés dans « les gourbis avoisinants, aucun ne s’est aventuré dans « notre centre de capture.
« En août 1932, à l'occasion d’une enquête antipa-. « ludique à la ferme-école de Smindja, nous n’avons « trouvé aucun anophèle dans les étables et les écuries. « Par contre, nous avons capturé de nombreux exem- « plaires dans les dortoirs et jusque dans les salles de {€ Cours. »
Quant à l’infestation des anophèles, cette étude est seulement entreprise par M. Wassilieff. Aussi bien, on sait le faible pourcentage d’infestation des moustiques même en temps d’épidémie.
En ce qui concerne la longueur de vol possible pour l'anophèle tunisien, aucune précision ne nous est donnée. Le Docteur Comte, ancien médecin des épidémies, a pu constater des déplacements de plus de 3 kilomètres à l’occasion de vents légers et chauds : des régions en