‹ La Lutte Antipaludique En TunisieChapitre 14 sur 50 · EST · texte numérisé non relu

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effet indemnes de larves et d'adultes, se sont brusquement trouvées infestées, alors qu’elles étaient éloignées de 3 kilomètres de tout gîte anophélien.

Telles sont les notions principales que nous avons pu recueillir sur les anophélines tunisiennes.

HÉMATOZOAIRES

En Tunisie, les trois formes plasmodiales du paludisme : plasmodium falciparum, plasmodium vivax et plasmodium malariæ existent à des degrés divers.

D’après l’ensemble des constatations et des examens faits, nous donnons ici, succinctement exposées, les conclusions principales.

Plasmodium falciparum et plasmodium vivax, sont les plus fréquemment rencontrés, en particulier le falciparum. Le plasmodium malariæ semble plus rare.

Les associations plasmodiques sont fréquentes, moins pour le malariæ.

Le plasmodium falciparum est à l’origine du paludisme estivo-automnal (septembre, octobre, novembre, décembre). Le plasmodium vivax est responsable du paludisme printanier (avril, mai, juin). Les statistiques ne nous permettent pas d'attribuer au plasmodium malariæ une prédominance saisonnière.

La gravité des accès palustres est le fait du plasmodium falciparum, c’est à lui que reviennent les accès pernicieux : cependant, en temps d’épidémie, il semble bien que cette règle générale subisse quelques dérogations : en 1932, lors de l'épidémie qui décima une partie de la population du centre de la Tunisie, M. Villain,

An dt

alors inspecteur du paludisme, fit en effet remarquer que le plaäsmodium vivax était à l’origine d’aussi nombreux décès que le plasmodium falciparum : le plasmodium vivax semblait jouir d’une exaltation de virulence soudaine provoquant l’apparition de véritables accès pernicieux.

Dans l’ensemble, le parasitisme périphérique, moyen au printemps, atteint son acmé dans la période estivoautomnale pour diminuer en hiver. Il semble suivre avec un léger décalage la courbe de la densité anophélienne qui, elle-même, suit avec un peu de retard la courbe pluviométrique. En règle générale, il n’est guère moins intense chez l’adulte que chez l'enfant.

En dehors de ces généralités, quelques notions s’imposent encore.

Les porteurs de parasites n’ont pas une qualité de parasitisme constante. Vivax, falciparum et malariæ alternent souvent chez le même individu, fréquemment, semble-t-il, sous l’influence saisonnière.

Si le parasitimse périphérique diminue d’une façon notable en dehors des deux périodes de recrudescence : printemps-été et automne, il ne disparaît jamais tout à fait et peut prendre à n'importe quel moment en dehors de ces acmés des proportions importantes, sans manifestations cliniques. À Oued-Zerga, par exemple, région fortement impaludée d’ailleurs, des index furent pratiqués fin mars et début avril qui s’élevèrent, pour certains, à 80 et même 90 % ; aucune morbidité, cependant, ne pouvait encore faire soupconner ce parasitisme intense.

Il est difficile de donner une explication à ce phénomène. Doit-on voir là une preuve du paludisme d'hiver, d'infestation hivernale passée inaperçue ? Faut-il en faire une résurgence analogue à celle décrite au Maroc par M. Sicault ? La question n’est pas résolue.

Il devait être intéressant également, de rechercher le pourcentage des gamètes par rapport aux schizontes. Dans l’établissement des index de printemps à oued Zerga, au Krib et à Menzel-Temime, ce pourcentage s’est montré très faible comme presque tous ceux pratiqués ces dernières années; par contre, lors de l’épidémie de 1932, dans la région de Sousse, par exemple, plus de 50 % des parasités étaient porteurs de gamètes. Fautil expliquer la rareté actuelle des gamètes par la notion d'infestation récente, comme l’ont voulu certains auteurs, ou bien ne faut-il voir là qu’une tendance au parasitisme profond, viscéral, de la part des gamètes ? Seules, des réactions de Henry ou des réactivations auraient pu donner une solution.

Le plasmodium malariæ pose ici, comme dans toute l'Afrique du Nord, un problème assez ardu. Considéré comme exceptionnel tout d’abord, au fur et à mesure des nouvelles enquêtes épidémiologiques, des foyers de quarte et même de quarte pure furent découverts. C’est ainsi que, dans le nord-est du Cap Bon, à Tabarka, à Ouchtata en Kroumirie, la quarte prit un rang important. La rareté et la localisation du plasmodium malariæ ont soulevé de nombreuses hypothèses : M. Villain, en particulier, s'était demandé si l’anophèle algériensis n'était pas un vecteur spécifique de malariæ; le Doc-

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teur Sicart, médecin de colonisation à Tébourda, considérait le plasmodium malariæ comme une forme littorale trop fragile pour supporter un climat continental. Or, depuis, de nombreux foyers de quarte ont été mis à jour dans des régions sans anophèle Aïlgériensis à priori, nettement continentales dans tous les cas (Feriana, Sbeïtla, Bou-Arada, Ebba-Ksour). La Tunisie n'est donc pas exempte du « mystère de la quarte ». (Marchoux).

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