‹ La Lutte Antipaludique En TunisieChapitre 16 sur 50 · CARE · texte numérisé non relu

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rale, ne donne pas encore une idée exacte de son genre de vie.

Les grandes tribus nomades étaient autrefois la caractéristique de la Régence. La colonisation, l'effort du gouvernement pour fixer au sol l’indigène ont en partie bouleversé ce régime. Tribus et nomadisme sont restés le privilège de la steppe, de l’extrême sud et d’une partie du Haut Tell. Dans le nord du pays, au contraire, les tribus sédentarisées se sont plus où moins confondues en des agglomérations villageoises (decherat) et les seuls mouvements périodiques qu’on y enregistre sont dûs aux marchés à peu près hebdomadaires qui se tiennent en certains bourgs.

Le sud de la Régence ne bénéficiant ni du climat, ni de la richesse du nord est resté la région des oasis et des douars (1) peuplés de nomades, qui, chaque année, suivant la rigueur des saisons, la pauvreté de leur propre récolte, émigrent plus ou moins vers le nord à la recherche de conditions meilleures pour eux et leurs troupeaux.

Le grand nomadisme commercial est à peu près disparu; on peut à l’heure actuelle considérer trois catégories de nomades ou mieux de transhumants

1° De grands transhumants quittant régulièrement leurs contrées pour aider aux moissons et aux cueillettes du nord (céréales, oliviers).

2° Des transhumants moyens, se déplaçant surtout suivant les exigences de leurs troupeaux, quittant la plaine pour la montagne l'été et abandonnant la montagne pour la plaine l’hiver. Selon la sécheresse, ils re-

(1) Douars : réunion de tentes.

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montent plus ou moins haut à la recherche de l'humidité indispensable à la vie de leurs animaux. Ces échanges d'ordinaire se font surtout entre la Steppe et le Haut Tell.

3° De petits transhumants : ceux-là poussés par la misère et la famine, errent dans le pays et se fixent plus ou moins longtemps suivant les possibilités temporaires trouvées sur place : coins de terre fertile, susceptibles d’être ensemencés, travail dans une ferme, etc.

Cet exode saisonnier n’est pas sans bouleverser la densité normale de la population. Le nord de la Tunisie, à certains moments, est surpeuplé et le sud délaissé; au contraire, en novembre, le sud voit ses habitants lui revenir, en partculier, lors de la cueillette des dattes.

Le réservoir de virus est donc mouvant et continuellement soumis à un brassage éminemment favorable aux épidémies de toutes sortes, favorisées en outre par les nombreux échanges qui se font sur la frontière maritime et terrestre de la Tunisie (Tripolitaine, Algérie surtout).

Sédentaire ou nomade, l’indigène, nous l'avons dit, est pauvre, sans hygiène et d'état sanitaire précaire. L’impécuniosité, cause de bien des maux, est due en grande partie au climat si spécial de ce pays et à la mentalité si particulière de ses habitants. Dans cette contrée essentiellement agricole, la courbe économique suit de près celle de la pluviométrie. La pluie de mars est de l’or, dit-on ici. Elément essentiel d’une bonne récolte, elle décide, en effet, des périodes d’abondance et de misère, Fellah, Khammès (sorte de métayer), jour-

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