‹ La Lutte Antipaludique En TunisieChapitre 17 sur 50 · RES · texte numérisé non relu

RES

naliers, propriétaires sont à la merci d’une année sèche ou trop pluvieuse. Pour l’indigène sans économie, une mauvaise année agricole signifie misère et famine. Hygiène et état sanitaire en subissent les répercussions. La tradition et les coutumes indigènes sont ennemies de l'Hygiène : certaines observances elles-mêmes ne sont pas sans influer sur l’état sanitaire des indigènes. En période de Ramadan, particulièrement, lorsque celui-ci correspond aux longues journées d'été, les indigènes manifestent un état de fatigue assez accusé. Dans tous les cas, une thérapeutique préventive sera difficilement pratiquée pendant les semaines de jeûne et les règles de prophylaxie médicamenteuse ne seront pas observées le plus souvent. ( L'habitation rurale, au seul point de vue paludisme, constitue par exemple, un refuge idéal pour anophèles. Dans la maison, propriété du sédentaire, faite de deux ou deux trois pièces étroites, obscures, sans fenêtres, où s’entasse toute la famille, on trouve toujours un réduit plus obscur servant en quelque sorte de garde-manger; sans air, sans lumière, de température toujours égale, d'odeurs fortes (huile, cuir, mangeaille) ce réduit constitue un gîte anophélien remarquable. Le: gourbi, propriété du sédentaire temporaire, est également un gîte idéal. Il en est de plusieurs sortes : les deux principales sont : le kib, hutte en branchages ou en paille: la maamra, case dont les murs sont en moëllons ou en toub et le toit en chaume. La plupart des ouvriers agricoles employés sur les grosses propriétés font leurs gourbis avec des bottes de paille pressées devenues inutilisa-

bles pour la ferme. La capture des anophèles sera particulièrement difficile dans ces habitats où les murs et le plafond s°nt faits de chaume, sans homogénéité de surface. La tente, emblème du nomade, serait encore l'habitation ia plus saine; ses bords relevés tout le jour l’exposent toute la journée aux courants d’air défavorables à la pullulation des moustiques. (

Quant au bétail, chez le sédentaire il vit dans la : cour de la maison, protégé par une tôle ou un toit de chaume ; chez le semi-nomade, il séjourne en plein air le plus souvent, autour du gourbi : avec le nomade, il est toujours libre aux abords de la tente. Mal abrité, le bétail ne réalise jamais ! « écran protecteur » de Roubaud.

L'état sanitaire est le plus souvent déplorable,

La tuberculose, la syphilis et le trachome sont les grands fléaux sociaux tunisiens. Quant aux affections épidémiques, personne n’ignore les ravages qu'ont pu faire dans ces populations la peste, le choléra, le typhus, la variole et la typhoïde. Il a fallu les efforts considérables du Service de Santé pour enrayer la marche périodique de ces fléaux. Grâce à la vaccination, la variole est réduite à zéro. Grâce à une surveillance stricte et à une prophylaxie sitôt installée, la peste, éternelle menace, est sévèrement combattue (les cas de peste cette année, ont été limités à une quinzaine). Seul le typhus, véritable endémie, apparaît encore fréquemment; mais rapidement dépistés, les cas restent isolés et peu graves dans l’ensemble. À l’heure actuelle, du reste, la vacci-

nation à grande échelle en est à l'essai,

Page 1