FACTEURS HUMAINS
Nous avons déjà insisté sur la mauvaise hygiène du réservoir de virus, sur sa pauvreté, sa misère physiologique, en un mot sur la mauvaise qualité du terrain clinique. Il nous semble nécessaire de revenir à nouveau sur un ou deux facteurs dépendant de cette condition humaine qui joue un rôle si important dans l’endémie palustre.
Le nomadisme, les grands mouvements de la population tunisienne ont pris une part très active dans l’extension du paludisme. Nous avons déjà vu ces grands mouvements périodiques qui se font du Nord au Sud : les nomades reviennent paludéens chez eux et font d'un
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pays indemne jusque-là, un pays impaludé, Il en est de même.pour certains ouvriers travaillant en chantier. Leur retour chez eux coïncide souvent avec une recrudescence du paludisme. Lorsque l'exode s’est fait en terre étrangère, le problème d’une prophylaxie devient délicat : en Tunisie, en effet, les ouvriers de chantier sont obligatoirement soumis à une protection antipalustre; il n’en est pas de même ailleurs et nous rapportons ici quelques détails intéressants relevés par le Docteur Belfort, médecin inspecteur de l'Hygiène.
« La recrudescence du paludisme dans la circonscrip- « tion médicale d’Aïn-Draham pendant l’année 1934 a « été favorisée par la misère d’une part et d’autre part « par la main-d'œuvre tunisienne de notre région qui a « été expatriée dans la région marécageuse de la Calle « (Algérie). Leur retour a été marqué par une forte « recrudescence du paludisme. Non seulement, ces « travailleurs ont présenté des accès paludéens souvent « graves dans le mois suivant leur retour chez eux, « mais encore, leur présence semble avoir exercé une « influence défavorable sur la situation sanitaire d’en- « semble (cas plus nombreux qu’à l’ordinaire chez les « parents ou voisins n’ayant pas quitté leur douar). »
Suit une proposition de règlement pour les ouvriers tunisiens employés en chantiers insalubres hors de la Tunisie.
Les marchés eux-mêmes ont pu jouer un rôle dans l'endémie palustre. Le Docteur Comte a souvent signalé ces lieux de réunion comme des foyers de virulence où les indigènes venaient périodiquement s’infester, car ils