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y passaient I& nuit. C’est ainsi que dans le Sahel, le marché de Siliana fut créé uniquement pour sup@rimer celui de Ksar el Hadid par trop insalubre.
Particulièrement" graves, sont les mouvements de transhumance dûs aux circonstances météorologiques. La sécheresse chasse de son coin le propriétaire de troupeaux, oblige le cultivateur à se déplacer vers des lieux plus favorisés :.des zones généralement inhabitées en raison de leur réputation d’insalubrité deviennent le rendez-vous de ces chercheurs d’eau. Les infestations se font alors nombreuses. Coïncidant avec une période de disette, car la sécheresse décime les troupeaux, supprime les bénéfices agricoles, une épidémie éclate souvent l’année suivante.
Nous donnons plus loin le tableau des transhumances principales, relevé par le Service de Santé. Ce tableau et ‘la carte du nomadisme donnent une indication de l’importance des mouvements de la population tunisienne.
Il n’est pas que le nomadisme ou la transhumance pour favoriser l’extension du paludisme : la Tunisie est un pays de pélerinages. Chaque année, en effet, de grands pélerinages ont lieu, tels ceux de Djerba, de Sidi Messaoud Hedili, etc...
Le Docteur Comte a relevé en 1926 par exemple, cinq décès et quatorze malades graves par paludisme parmi les pélerins de Sidi Messaoud Hedili. Ces infestations, dit le Docteur Comte, se font à la Zaouïa ou au cours de l’étape.
Enfin ces grands mouvements populaires changent, nous l'avons déj® dit, la densité de la population. Si une
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forte densité diminue en principe les dangers de l'infestation® palustre, cette notion vraie pour les villes et les gros villages, ne répond plus à la réalité lorsqu'il s’agit de douars où sont entassés des individus déjà porteurs de parasites.
A côté de ces facteurs d'extension, en existent encore qu’on ne peut malheureusement passer sous silence. La colonisation a ici, comme ailleurs, joué un rôle important dans l'entretien et l’extension du fléau.
Les colons acquéraient les terres de colonisation d’autant plus facilement que ces terrains insalubres avaient été abandonnés par les indigènes; en d’autres lieux, où persistait un anophélisme sans paludisme, l’arrivée d'ouvriers parasités rendait offensifs les anophèles.
« Dans les centres de colonisation créés par l’Administration, les colons, dit le Docteur Comte, sont tout d’abord installés sur leurs lots, ce n’est que plus tard qu’on crée les voies d’accès et qu'on entreprend quelquefois quelque travail d’assainissement, même quand ce centre est signalé propice au paludisme. Rarement le travail d'assainissement est poursuivi avec esprit de suite, les crédits annuels ne sont pas prévus dans ce but et les fossés de drainage, non curés, sont vite envahis d'herbes et deviennent de longs gîtes d’anophélines. Dans beaucoup de centres salubres, le captage d’eau pour l’alimentation de ces nouveaux colons a provoqué l’éclosion du paludisme, aucune précaution n'ayant été prise pour assurer l'évacuation convenable des fontaines ou du trop-plein des réservoirs. Nombre d’épidémies de paludisme ont été ainsi provoquées par ue canalisation
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d’eau ou par le forage d’un puits artésien. Il s’est créé ainsi dans toute la Tunisie de véritables relais pour anophèles dont l’aire de dispersion s'étend chaque année. »
Il faut donc veiller à l’organisation de la colonisation. Le Gouvernement est en train de développer la fixation au sol des indigènes; un récent décret a entrepris de réglementer la question des terres collectives ; il ne faudra pas oublier que la Tunisie est un pays de paludisme.
Nous avons ainsi passé en revue toutes les causes principales du développement de l’endémie palustre en Tunisie. Ces notions nous permettent de mieux, comprendre l’aspect général de l’endémie palustre proprement dite et sa répartition sur les territoires tunisiens.