LE PALUDISME DANS L'ARMÉE
En dehors d’une armée de mer dont le centre est à Bizerte, la Tunisie possède une armée de terre assez importante. Elle comprend des corps techniques spécialisés et des régiments de zouaves et de chasseurs d’'Afrique exclusivement Français, de tirailleurs tunisiens et de spahis de recrutement indigène de même que le bataillon d'infanterie légère d'Afrique et les compagnies sa- “hariennes de goumiers opérant dans les territoires militaires. |
Dans l’armée tunisienne, le paludisme prend une place importante. Outre la lutte générale qu’on est obligé d’y assurer contre l’endémie, le paludisme en effet, entraîne des difficultés pour le recrutement indigène.
Une sélection sévère s’opère à l’incorporation, éliminant naturellement tous individus contagieux : trachomateux, tuberculeux, etc., éliminant également les porteurs de grosse rate paludéenne, à fortiori les paludéens en évolution.
Il est remarquable de noter qu’en 1932, lors de la grande épidémie palustre, l’incorporation dut admettre 90 à 100 % d’impaludés, dont 50 % atteints de paludisme actif, pour conserver les effectifs fixés par le Ministère.
Les précautions prises pour la protection des effectifs se résument en petit assainissement dans les casernements et quinisation en périodes de manœuvres ou en temps d’épidémie.
Nous donnons ici les statistiques relevées dans l’ar-
mée tunisienne au cours de ces dernières années; elles portent sur un effectif d'environ 20.000 hommes. Européens Indigènes
LISE 205 CASE T0. 82 183 19922 ATOS LASTERERS 12 715 1938122 1.099 cas. 5247 179 920 19345145 Cas 2 2., 32 TUE
(6 premiers mois) (1).
On peut voir dans ces statistiques le retentissement de l'épidémie 32-33, en particulier chez les indigènes. À noter également le faible pourcentage de morbidité et l'absence de mortalité s’opposant aux statistiques civiles.
Sans oublier que la plupart des garnisons siègent en des grandes villes relativement à l’abri de l’anophélisme, on peut voir dans ce faible pourcentage les conséquences du fait que les indigènes recrutés sont des indigènes bien portants, que la vie militaire les contraint à suivre une vie beaucoup plus en rapport avec une hygiène normale et les soustrait à l’hypo-alimentation si courante
dans ce pays et dont nous connaissons la néfaste influence.
4) A noter que ces 6 mois représentent la partie de l’an< née la moins impaludée.