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Ce tableau ne comprend pas les crédits consacrés au grand assainissement, on en trouvera les chiffres plus loin.
Nous étudierons maintenant dans ses détails l’œuvre de la lutte antipaludique. Avant 1932, en raison des phases de son organisation, ses résultats se montrent relativement peu importants.
ENQUÊTES EPIDÉMIOLOGIQUES
Les enquêtes épidémiologiques sont à la base de toute lutte antipaludique : il faut connaître l’adversaire avant de pouvoir l’attaquer ou s’en défendre. |
Nous avons vu qu’en 1906, Husson fut chargé des premières enquêtes dans les centres de colonisation; le Docteur Comte les continua, étendant son champ d’ac-
tion à presque tout le territoire tunisien. Réunissant
tous les renseignements recueillis, il fit lui-même des rapports détaillés sur le paludisme qui régnait dans presque tous les territoires des contrôles civils. Seul, malheureusement, pour cette énorme tâche, il ne put établir que de rares index sur un trop petit nombre d’individus ; quant aux statistiques de morbidité et de mortalité, il ne péuvait faire autrement que de s’en rapporter à des estimations très approximatives données par les quelques personnalités que la question intéressait (nous avons déjà vu pourquoi les statistiques étaient difficiles à établir). Ces premières enquêtes portèrent surtout sur les causes du développement du paludisme et les moyens d'assainissement à envisager. Ce n’est qu’à l’arrivée du Docteur Villain en 1927, que des enquêtes épidémiologiques au sens qu’on leur accorde maintenant, furent réellement effectuées. Toutefois, le Docteur Villain était pratiquement seul encore à cette époque et il faut attendre 1933, date de la création de la mission antipaludique, pour obtenir des résultats d'ensemble importants.
Marche des enquêtes. — En règle générale, elles sont initialement faites par des médecins inspecteurs; les années suivantes, des enquêtes de contrôle viennent élargir le champ des connaissances précédemment acquises.
Les index employés sont : les index plasmodiques, les index spléniques. Depuis peu des index de flocculation (réactions de Henry ou de Villain) sont pratiqués en grand nombre.
Chaque année, dans son rapport annuel, le médecin | de colonisation concrétise les progrès accomplis, grâce ° à son action propre ou à celle du personnel antipalu-
dique.
Le dépistage des gîtes larvaires, la détermination des variétés anophéliennes, les suggestions propres à l’assainissement quel qu’il soit, complètent ces rapports et constituent ainsi un ensemble de documents du plus haut intérêt. :
Voici, à titre d'indication, quelques chiffres donnant une idée des progrès accomplis dans le domaine des
enquêtes épidémiologiques.
En 1930 : 21 enquêtes initiales, 110 index spléniques
En 19316529 > > 274 > > 106 >» spl. & plasm. En 1932 : 22 » > 186 > spléniques
216 >» spl. & plasm.
En 1933 : 33 enquêtes initiales 424 enquêtes de contrôle
Les enquêtes principales portèrent cette année-là, sur les environs de Sbeïtla (Docteur Dupoux), Menzel- Heurr (Docteur Sicart), Oued Zerga (Docteur Sicart), Djeradou (Docteur Marini), Zaghouan ville (Docteur Marini), Nefzaoua, Kébili (Docteur Villain). Elles démontrèrent entre autres choses, l’insalubrité de l’oued Sbeïtla en raison des larves d'Hispaniola qu’il hébergeait malgré son courant rapide, et l'impossibilité d’assainir cet Oued par les moyens ordinaires (pétrolage ou gambusias) ; la véritable cause du paludisme à Zaghouan : ville, en prouvant que les gîtes anophéligènes ne se trouvaient pas dans l’oued, mais en des endroits méconnus .jJusqu’alors.
En 1933, les différents laboratoires de la Mission antipaludique eurent à examiner 34.614 lames de sang, en
1934, ce chiffre est passé à 62.778 pour atteindre, en 1935, celui de 60.165.