PETIT ASSAINISSEMENT
Les mesures de petit assainissement jouent un rôle considérable dans la lutte antipaludique. Elles sont relativement économiques et offrent peu de difficultés. Ce sont en tous cas les compléments nécessaires et obligatoires du grand assainissement.
Ces mesures comprennent
a) destruction des larves,
b) destruction des anophèles adultes. On peut lui rat-
tacher la protection mécanique passive,
c) tous travaux portant sur l’assèchement des petites stagnations ou sur l'aménagement des eaux domestiques.
La surveillance étroite qu’exige le petit assainissement nécessite un personnel exercé et nombreux. Il ne faut donc pas s’étonner*éi le petit assainissement, avant la création de la Mission antipaludique, fut pratiqué au petit bonheur selon les bonnes volontés rencontrées et l’activité antipaludique des médecins de colonisation dans leur circonscription. Le Docteur Comte a bien obtenu l'exécution de quelques petits travaux hydrauliques, grâce à des subventions ou des avances en régie déléguées par le Service Central aux contrôleurs civils, mais ces travaux furent surtout exécutés dans les territoires militaires du sud, où l'autorité militaire semble avoir été plus active et efficace que l’autorité civile.
Dès 1928, M. Villain insistait sur l’importance des mesures antilarvaires : grâce à la Commission d’assainissement créée en 1926, le pétrolage et la verdisation prirent une certaine importance. En fait, les mesures de petit assainissement ne devaient devenir réellement efficaces que lors de la création de la mission antipaludique.
La multiplication des enquêtes épidémiologiques permit une meilleure détection des gîtes larvaires, partant, une destruction plus méthodique des anophèles. La présence de nombreux infirmiers délarvisateurs favorisa la surveillance et le constant entretien de ces mesures. Enfin, les médecins inspecteurs opérant la liaison nécessaire entre intéressés et Pouvoirs Publics, le petit assai-
nissement fut plus facilement exécuté.
A l’heure actuelle, tous les centres et leur périphérie sont l'objet d’une étroite surveillance de la part du personnel médical et infirmier : c’est sur une grande surface que s’opère la destruction des gîtes larvaires.
Signalons entre autres l'excellente organisation de délarvisation adoptée par le Bureau d'Hygiène de Tunis sous la direction du Docteur Raynal (1), son directeur.
Travaillant en collaboration étroite avec la Mission antipaludique, le Docteur Raynal a divisé la ville de Tunis et ses abords en 5 secteurs. Les secteurs sont régulièrement visités par une équipe d’infirmiers qui y appliquent strictement les mesures de petit assainissement : gambusias, pétrolage et paraffinage.
Un système de fiches avec cartes régulièrement mises à jour, permet d’avoir une idée d'ensemble rapide de la lutte antilarvaire ainsi menée.
Cette action a permis une importante destruction d’anophèles aux abords de la ville. Nous avons signalé que la cité urbaine proprement dite, aussi bien indigène qu'européenne, est dépourvue d’anophèles; cependant certains quartiers sont envahis par une impressionnante quantité de moustiques, et ne serait-ce que pour le bienêtre des habitants, les mesures antilarvaires trouvent là encore une raison d’être.
Ajoutons, par ailleurs, que ces moustiques sont des
(D Ilest intéressant de noter à ce propos qu’un centre de transfusion sanguine est sur le point d’être créé. On con- Çoit l'importance considérable que prennent dans une ville comme Tunis les vérifications sanitaires préalables à faire chez les donneurs.