‹ La Lutte Antipaludique En TunisieChapitre 8 sur 50 · ES O · texte numérisé non relu

ES O

Date de début des saisons :

Saisons Plaines Sraoutes (1) Automne 1° Octobre 15 Septembre FHVErN 15 Décembre 30 Novembre Printemps 15 Février 15 Mons

Eté 15 Mai

Les températures sont excessivement variables, cependant, en voici quelques exemples :

Moyenne de minima Minimum absolu

IPéDoUrSOURERS-27 ot 0° SC RTE HuL°2 — 2° MA RARES ET en SE AET — 4° DTA EN are Sn LEE) — 6°

À Maktar, M. Ginestous a relevé comme température moyenne du mois le plus chaud : 25°4,.

— En hiver, le vent de pluie nord-ouest domine. Au printemps, les vents nord-ouest et est se partagent la dominance. En automne, le nord-ouest l’emporte à nouveau. En été, le sirocco est assez rare grâce la barrière de la Dorsale. Les vents le plus souvent bienfaisants sont le guebli (sud-est et est), le chergui (nord-est).

— Les précipitations sont plus rares que dans le Tell septentrional, mais la neige fait ici son apparition.

En principe, le bord nord et le fond de la cuvette sont relativement arrosés, le bord sud est beaucoup moins avantagé. Les pluies tombent en général en automne et en hiver sous forme d’orages ou grosses averses. Signalons également quelques pluies de printemps, essentielles pour les céréales.

(1) Sraoutes : pluriel de sra.

ho

Moyenne générale du Haut Tell septentrional : 4 à 700 mm. en 60 jours.

Les eaux. — Elles sont encore relativement abondantes. Les sources sont nombreuses surtout dans les montagnes du sud, mais d’un débit très fantasque.

— Les garaas sont plus rares que dans le Tell septentrional et de moindre importance. Les unes sont d’eau douce comme celle de Sidi-Bou-Nefta dans la Hammada de la Kessera, les autres sont salées comme la garaa ouled Khezen.

— Les oueds sont petits et nombreux, mais souvent à sec. Les principaux, comme les oueds Mellègue, Tessa et Siliana qui alimentent la Medjerdah, et l'oued Miliane qui va à la mer près de Tunis ont des eaux perennes.

— Il faut retenir dans cette région la différence de régime très nette existant entre sra, hautes plaines et montagnes proprement dites. Cette différence de régime existe également au point de vue paludisme.

Les Steppes

Au sud du Haut Tell jusqu’au Septentrion des Chotts, s'étale la région des steppes séparée du littoral par le Sahel. (Contrôles civils : Kairouan, Gafsa, une partie des contrôles civils de Sousse, Sfax, et le sud du contrôle de Thala).

La vaste région des steppes (44.500 kms?) peut être divisée en deux zones : Hautes steppes et basses steppes de part et d’autre du méridien situé à l’ouest de

Hot

Kairouan.

Les basses steppes forment une plaine dont la surface est à peine troublée par quelques ondulations ne dépassant pas 300 mètres; vaste étendue dénudée et aride, elle est creusée çà et là de dépressions remplies d’eau saumâtre (sebkhas) et ravinée par des oueds très intermittents. Les collines qui l’ondulent sont faites de terrains grèseux, argileux ou argilo-siliceux, souvent recouverts d’une carapace calcaire formée par la forte évaporation des eaux chargées de chaux. Seule, la plaine de Kairouan est fertilisée par les inondations des grands oueds Zeroud, Marguellil et Nebana.

Les Hautes Steppes, séparées du Haut Tell par une ligne Thala-Maktar, constituent en grande partie, une région de transition entre Tell et Basses Steppes. On y trouve des chaînons parallèles et discontinus, des plaines; mais ici, la plaine domine et c’est elle qui senfble entourer et isoler la montagne. Par aïlleurs, cette dernière diminue d’altitude d'ouest en est, et son orientation sud-ouest nord-est devient peu à peu ouest-est. C’est ainsi que la chaîne de Feriana avec ses sommets ‘ de 1.200 à 1.374 m. (djebel Mirhla, Serraguia du Nord, Nouba), la chaîne de Gafsa (djebel Djelabia) dépassent encore 1.000 mètres alors qu’à l’est et au sud, les chaînes du Cherb, Orbata, Melloust et Sleugdal dépassent à peine 500 mètres et, s'inclinant franchement vers l’est, prennent l’allure saharienne.

Du nord au sud, les immenses plaines de Gamouda, Maknassy, Gafsa, ceinturent ces chaînes montagneuses. Le désert commence à se faire sentir. Alors que dans le

nord on trouve encore quelques bandes forestières, des terres irriguées (bled « segui ») on ne rencontre plus vers le sud que, de place en place, des céréales semées par des nomades profitant d’une année pluvieuse ou d’un oued fertilisant la plaine pour un moment. L’alfa et l’armoise alternent dorénavant avec quelques broussailles sur la rocaille, servant de pâturages. Seule l’industrie minière (phosphate) y fait naître quelques agglomérations.

Climat. — Il est continental dans l’ensemble. L’altitude et l’exposition jouent, cependant, leur rôle habituel.

Hiver Eté Minima d'hiver Minima d'été Kairouan .…. et a + 27° 3 ) ° Hautes Step- + Un dB 190. LD eHTOS SN NE R RER

— Les vents du nord-ouest amènent chaque année quelques rares pluies sur la steppe basse, mais celles-ci n'atteignent pas souvent Gafsa. Seuls, dans cette région, les vents d’est méditerranéens offrent quelques compensations. Par contre, le sirocco et son pouvoir desséchant trouvent là leur domaine.

— La pluviosité est faible et varie beaucoup d’une année à l’autre. Les précipitations y sont d’une brutalité inouïe, provoquant parfois des désastres. À Kairouan, la moyenne des pluies oscille autour de 300 mm., dans les Hautes Steppes, elle s'élève à 360 mm.; par contre, dans le sud, elle descend à 300 mm, (Sbeïtla), 260 mm. (Sidi-Bou-Zid), 160-180 mm. (Hammama).

Les eaux. — Les eaux superficielles deviennent rares, mais les couches souterraines profondes sont assez déve-

Pole

loppées. On ne trouve plus de sources, mais des puits.

— Les Steppes basses sont le pays des sebkhas : étagées du nord au sud, on trouve : Sebdkha Kelbia, sebkha Sidi el Hani, sebkha Cherita, Sebkha Mecheguig; elles sont plus ou moins hautes de niveau selon la pluviosité.

Quant aux oueds, leur régime devient très particulier. Dans les steppes basses, ils n'existent que quand il pleut. « L’oued X a coulé 5 fois cette année », est une phrase courante dans ces régions. À sec, ils forment des ravineaux assez profonds où les indigènes, en creusant des oglets, des hassi, des tsmed arrivent à trouver, à faible profondeur, une eau souvent salée (1).

Dans les Hautes Steppes, quelques oueds sont à signaler : oued Marguellil et oued Zeroud arrosant de façon a:sez intermittente la plaine de Kairouan pour aller se rcrd”e dans le sebkha Kelbia; oued el Hatob dans les plaines de Foussana et Kasserine, appelé oued Fekha dans la plaine de Gamouda, qui va grossir l’oued Zeroud. Aucun de ces oueds n'atteint normalement la mer; ils

se perdent dans les Basses Steppes.

Le régime hydrologique très spécial de cette région explique parfaitement les fortes recrudescences de paludisme qu'on y observe en certaines années. C’est la région où l’endémie semble le plus influencée par les cir-

constances météorologiqus.

(1) Oglet : puits de fortune; hassi : trous dans le sable imbibé d’eau; tsmed : oglet souvent à sec. Ils s'opposent aux puits à eau perenne : bir.

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