‹ La Lutte Antipaludique En TunisieChapitre 9 sur 50 · RE CR · texte numérisé non relu

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Le Sahel

Le Sahel forme le littoral des contrôles civils de Sousse et de Sfax. S’opposant aux régions désertiques précédentes, le Sahel forme une large bande littorale du golfe de Hammamet au golfe de Gabès. Vaste plaine ondulée et allongée, dominée par les collines de Souatir et de Djemmal, le plateau d'El Djem,'couverte d’olivettes alternant avec des céréales, ses huit millions de pieds d’oliviers lui font bien mériter son nom de mer d’oliviers.

La côte elle-même, est faite d’un long cordon de dunes fermant des lagunes comblées peu à peu par des oueds chargés de limons.

Climat. — Son climat est maritime. Les moyennes d'hiver sont de 11°4 à Sousse, 12°1 à Sfax; celles d’été vont de 24°7. (à Sousse) à 25°8 (à Sfax).

— Les vents dominants sont ceux du nord-ouest et du nord-est. Une assez forte proportion de vents chauds (sirocco), surtout en hiver, réchauffe l’atmosphère plus humide que dans le reste de la Régence.

La neige y est exceptionnelle, la grêle accidentelle. La période pluvieuse s'étend d'octobre à mai; l’été, sans pluies, est relativement humide sur le littoral.

Les écarts saisonniers et annuels sont ici encore très irréguliers. En moyenne, on peut compter sur environ 200 à 300 mm. d’eau.

Les eaux. — Les eaux du Sahel sont relativement rares, en général salées. On n’y trouve aucune source : c’est un pays de nappes phréatiques; les puits y sont donc nombreux. Quelques sebkhas s’emplissent d’eau

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saumâtre aux premières pluies d'automne : sebkha Halk el Menzel, Monastir, chott Sidi Bagdadi.

— Les oueds côtiers sont constamment à sec en surface, mais on y trouve souvent des oglets. Un seul oued conserve, même en été, quelques fossés d’eau saumâtre ; loued Hamdoun, au nord de Sousse.

Cette région, que favorise une humidité atmosphérique assez constante, subit au point de vue paludisme les conséquences de cette hygrométrie plus favorable à la culture qu'à la salubrité.

Région Saharienne du Sud

(Contrôles civils : Gabès, Djerba, Tozeur, territoires militaires). — Au sud de la ligne du Djebel Cherb, commence la région saharienne du sud. Nous lui distinguerons deux zones : une zone de transition, celle des Chotts; une zone plus nettement saharienne, qui s'étend des Chotts à la frontière tripolitaine.

a) La région des Chotts forme une série de dépressions s’échelonnant sur 350 kilomètres, du golfe de Gabès à la frontière algérienne. Séparés par des seuils sablonneux et rocheux, on trouve de l’ouest à l’est : le chott el Djerid avec son extension orientale, le chott el Fedjedj bordé au sud par le djebel Tebaga, 'e chott Rharsa.

Au centre de cette région, l’easeinble des quatre grandes oasis : Tozeur, EI Oudiane, El Hamma, forme le bled El Djerid : le pays des palmes. Au sud du Djerid, de nombreuses oasis : Kebili, Douze, El Aouïna, Djemma, forment le Nefzaoua.

A l’est, la côte plate (Arad) encombrée de lagune est

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égayée par les oasis de Gabès et de Zarsis, face à l’île de Djerba.

b) Au sud de Gabès et des chotts, la nature devient nettement saharienne encore qu’adoucie par la proximité de la Méditerranée.

De lorient à l’occident, on trouve : une côte plate à lagunes, de vastes plaines caillouteuses et arides, le plateau des Matmata et les falaises calcaires et marneuses du Dahar (4 à 600 m.), enfin un immense plateau vaguement mamelonné : le Sahara.

Climat. — Le climat est naturellement désertique, sec et à fortes amplitudes. Cependant on peut encore noter l'influence maritime, dans la répartition des températures.

Kebili : 32°5 à 9°3

Djerba : 27°9 à 1208.

Les hivers sont rigoureux (+ 4°), les étés terriblement chauds (maximum à Kebili 55°).

— Les vents sont des plus irréguliers. Ici, ceux du nord-ouest sont rares, seuls ceux du nord-est apportent un peu d'humidité. En règle générale, c’est la région du sirocco et des vents de sable.

Les pluies sont naturellement rares et irrégulières. Le Djerid reçoit encore 120 mm. d’eau en 25 ou 30 jours, sous forme de violentes averses, le plus souvent en saison froide. Le littoral est plus favorisé : 224 mm. (Djerba), 240 mm. (Matmata). Au sud du Djerid, la pluviosité ne dépasse pas 100 mm.

Les eaux. — Dans cette région, les sources créent les oasis et les bordj. Les sources artésiennes, les puits sont

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relativement nombreux, surtout dans le Djerid. Les Chotts gardent peu d’eau superficielle; vastes bourbiers l'hiver, ce sont, l’été, des champs durs de sel, éblouissants au soleil. Les oueds, entretenus par de nombreuses sources, ont comme longueur la longueur de l’oasis qu’ils traversent: de part et d'autre, ils se perdent dans les sables. L’oued Gabès, un des rares oueds perennes de la région, ne dépasse pas onze kilomètres.

Le désert domine dans cette région. L’endémie palustre s'y trouve donc beaucoup plus limitée; la lutte anti-

paludique y sera facilitée d'autant. .

Telle est, dans l’ensemble, la Tunisie; pays fragmenté en nombreuses régions naturelles, fait de contrastes fréquents, il impose à ses habitants des coutumes, des moyens d'existence différents. La maladie, elle-même, se manifeste de diverses façons dans toute l'étendue du territoire. Le trachome, par exemple, est une affection surtout répandue dans le sud: la bilharzione n’existe qu’en certaines oasis; le paludisme subit par excellence l'influence de eette fragmentation et varie dans s2n allure et son intensité suivant le: régions considérées.

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