‹ La Lutte Antituberculeuse Aux États-UnisChapitre 6 sur 14 · JO · texte numérisé non relu

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sion pour la prévention de la tuberculose en France, sur la proposition de qui cette bourse nous fut accordée, nos plus sincères remerciements. Il ne nous est pas possible de décrire ici en détail l'accueil vraiment merveilleux que nous firent nos confrères d'Amérique. Nous ne voulons pas cependant laisser passer l’occasion qui nous est offerte ici de leur témoigner notre admiration pour leur grande œuvre antituberculeuse et exprimer l’espoir que leur exemple sera suivi chez nous. De leurs méthodes de diagnostic et de traitement de la tuberculose nous aurions certainement à tirer grand profit ; cependant nous avons pensé qu’il étail plus urgent de faire connaître chez nous leur organisation antituberculeuse au point de vue social, |

Le problème de la lutte antituberculeuse s’est posé chez nous d’une façon particulièrement urgente depuis la guerre. Nous avons vu nos amis d’Amérique venir eux-mêmes chez nous apporter leurs conseils éclairés, et mettre à notre disposition leur grande expérience de la question et leurs puissants moyens. Nous voulons parler ici de la Commission Rockefeller dont l'œuvre si utile, nous en sommes sûrs, ne fera que se développeret servir de noyau à notre organisation officielle.

Des lois ont déjà été promulguées chez nous, d’autres vont suivre: plusieurs inspirées par l'exemple américain. Il nous a donc paru tout à fait d'actualité d'essayer de résumer ici cette organisation américaine que nous avons vue fonctionner sur place.

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On peut dire qu’un des traits principaux du caractère de l'Américain c’est de n'être pas routinier. Très accessible à la propagande bien faite, il n'hésite pas à modifier, voire même à changer complètement une organisation qui ne lui paraît pas donner tous les résultats désirés.

Ces particularités de caractère nous feront comprendre les phases diverses par lesquelles est passée chez eux la question de la lutte antituberculeuse. |

Les difficultés qui se présentent chez nous à ce sujet, se sont aussi présentées pour eux. À nous donc d'utiliser au mieux rexemple donné par nos devanciers.

Il est exact que les mœurs américaines sont, à certain point de vue, différentes des nôtres : raison de plus pour nous d'étudier la question de plus près, et de ne pas essayer de transplanter simplement cette organisation chez nous où les conditions de vie ne sont pas les mêmes.

A l'heure actuelle, en France, un des plus gros obstacles, nous pourrions même dire le plus gros, rencontrés par les différents projets de lois ayant trait à la question, est sans contredit l’opposition, souvent même l'hostilité d’une partie du corps médical. F

La cause en résiderait, en premier lieu, dans la crainte souvent légitime qu'a le médecin de voir ses clients détournés par les organisations officielles telles que les dispensaires, consultations gratuites et sanatoriums. Vient ensuite la déclaration obliga-

toire, idée en conflit avec la question si importante pour le médecin français, du secret professionnel. Ce dernier point n’est pas encore arrêté chez nous : espérons que nos législateurs voudront bien s’inspirer des idées américaines les plus récentes à ce sujet en tenant compte bien entendu de la différence de nos mœurs.

Comme l’a dit M. le professeur Garçon à son cours que nous avons suivi avec le plus vif intérêt, le secret professionnel du médecin est une de nos plus belles traditions françaises.

N’allons pas, sous prétexte de copier nos voisins, le supprimer sans égard pour les services qu’il n’a cessé et ne cesse de rendre, tant au public qu’à la profession médicale elle-même.

Ces difficultés actuelles pour nous, l'Amérique les a connues aussi dès le début. La loi de la déclaration obligatoire fut promulguée d'emblée. Mais n’oublions pas que le secret professionnel n’avait pas chez eux l'importance qu’il a chez nous. Et cependant, le résultat ne fut pas de suite ce que l’on attendait. Longtemps, de nos jours même, il fallut dépister les médecins qui négligeaient de déclarer les cas de tuberculose. Mais, comme nous le verrons par la suite de ce traväil, ce n’est pas en renforçant les lois et les sanctions que les résultats se montrèrent meilleurs. C’est au contraire, en encourageant cette fois le médecin, en lui laissant ses malades et en l’intéressant à la lutte que les Américains sont arrivés à rendre applicables leurs lois et à faire fonctionner

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au mieux de l'intérêt général leurs institutions si bien organisées à tous les autres points de vues.

Nous nous permettrons de revenir plusieurs fois, dans le cours de ce travail, sur cette importante question car, à notre avis, elle occupe une des places les plus conséquentes du grand problème qui nous intéresse.

Sans le médecin, ou plus exactement sans la coopération médicale, nous ne pensons pas qu'il soit possible de mener à bonne fin l’œuvre entreprise.

Nous avons donc terminé ce travail en cherchant à dégager de l'effort américain les principales idées dont nous voulons tirer profit à l'heure présente, et certainement les deux grandes questions du secret professionnel et de la déclaration obligatoire y ont été longuement envisagées.

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