‹ La Lutte Antivenérienne à la GuadeloupeChapitre 32 sur 39 · IV. — LA LYMPHOGRANULOMATOSE · texte numérisé non relu

IV. — LA LYMPHOGRANULOMATOSE

Généralités. — La lymphogranulomatose inguinale subaiguë ou maladie de Nicolas-Favre (ancien bubon climatique), décrite vraisemblablement pour la première fois par Trousseau, en 1865, sur des créoles de la Réunion et de l’Ile Maurice, n’était pas inconnue des médecins coloniaux lorsque Durand-Nicolas-Fàvre, après Ross, dans leur communication à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, du 31 janvier 1913,

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la baptisèrent et l’élevèrent au rang de maladie autonome. « Il s’agit, disaient-ils, d’une maladie contagieuse, inoculable à l’homme accidentellement et expérimentalement, contractée habituellement par les rapports sexuels. Elle est caractérisée essentiellement par une adénite subaiguë suppurée des ganglions inguinaux. La suppuration est très particulière, parcellaire, en petits foyers isolés qui se forment en différents points de la masse ganglionnaire.

« Elle aboutit à l’ouverture et à la fistulisation successive de ces foyers. On doit regarder comme très fréquente la participation des ganglions de la fosse iliaque interne qui, même volumineux, ne donnent cependant pas lieu d'ordinaire à une suppuration et une fistulisation. Le pus ganglionnaire est blanc, vitreux, visqueux et filant, collant sur les mords d’une pince et s’étalant mal sur les lames. »

Fréquence. — A la Guadeloupe, nous devons son étude au médecin-commandant colonel Advier qui, dans un excellent rapport publié dans les « Annales de Médecine et de Pharmacie coloniales» de 1936, aboutit aux conclusions suivantes :

« La lymphogranulomatose paraît fréquente à la Guadeloupe. Elle est associée souvent à la syphilis et au chancre mou. La combinaison des trois maladies chez le même individu n’est point rare et il paraît nécessaire pour guérir complètement les sujets atteints d’une maladie vénérienne de ne pas se livrer à un examen trop rapide. Le laboratoire et la clinique doivent intervenir pour établir dans chaque cas un diagnostic aussi complet que possible. »

Quelques chiffres extraits du rapport du D’ Advier vont fixer dans notre esprit la fréquence de ces associations :

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Sur 98 adénites vénériennes constatées chez des hommes, en 6 mois (1” juillet au 31 décembre 1935), 63 sont dues à la maladie de Nicolas-Favre et se répartissent comme suit :

20 cas de lymphogranulomatose pure;

15 cas de lymphogranulomatose associée à syphilis primaire;

22 cas de lymphogranulomatose associée au chancre mou;

6 cas de lymphogranulomatose avec infection primaire mixte (bacille de Ducrey et tréponème).

Sur 21 adénites vénériennes trouvées chez des femmes, 15 sont dues à la maladie de Nicolas-Favre. Elles se répartissent comme suit:

4 cas de lymphogranulomatose pure;

3 cas de lymphogranulomatose associée à syphilis primaire;

3 cas de lymphogranulomatose associée au chancre mou ;

5 cas de lymphogranulomatose avec infection mixte, à bacille de Ducrey et tréponème.

Fréquence par âge

10 a" 15°ans 1 L 1 16 à 20 ans 5 1 6 21N ARS 0NANS 40 11 51 31 à 40 ans 14 2 16 41 à 50 ans 3 > 3 « plus de 50 ans 1 > Î

Nota. — C’est entre 21 et 30 ans que le bubon s’ob-

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serve surtout, mais sa proportion est déjà importante de 10 à 15 ans.

Pour l’année 1937, les chiffres étaient les suivants : — lymphogranulomatose simple . . ...... oi — lymphogranulomatose associée à blenno 16 — Iymphogranulomatose associée à svphilis 21

Potalis ess

« Au point de vue clinique, la maladie de Nicolas- Favre ne présente aucune particularité spéciale, à la Guadeloupe ».

Ce sont les mêmes complications qui ont été observées par le D' Advier :

— la rectite avec rétrécissement inflammatoire dans 2 cas;

— l’ouverture spontanée en fissure linéaire étendue des masses suppurées dans 3 cas, chez l’homme, avec apparition sur la plaie ouverte d’une lésion secondaire du type granulome ulcéreux végétant qui s’est terminé une fois par la mort, l’infection ayant été tardivement connue.

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