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fréquence des années de sécheresse et du faible rendement des récoltes. Elle n’est pas fixée au même quotient pour toutes les cultures (1.
Les colons européens emploient rarement la maind'œuvre des kammès. En cas d’inexécution des obligations de ces derniers, ils n'auraient pas au même degré, les moyens de coercition dont disposent les propriétaires arabes.
Ils devraient avoir recours à l'intervention du Caïd et des Tribunaux régionaux. Ils préfèrent ne pas avoir l’occasion d’expérimenter les raffinements de la procédure {tunisienne (°).
(1) Ainsi à Nefta, le Khammès cultive de 209 à 259 palmiers. Il doit les labourer, irriguer, les féconder, les garder et les récolter. Il recoit un huitième de la récolte pour les variétés communes, un vingt-cinquième pour les degla, un quart pour les arbres fruitiers. En outre, il choisit quatre palmiers dont la récolte lui appartient en entier el un ou deux arbres pour le lagmi Enfin il a le tiers des autres produits : fruits, légumes el fourrages. Le bétail pour les labours lui est fourni par le propriétaire. II se nourrit sur les produits du jardin el touche annuellement de 109 à 150 francs.
« À Gabès le Khanmeès à un liers de la récolle des céréales, du tabac et des légumes, un quart des fruits el un septième des dattes. | «A El Djem et à Sfax le Khammès cullive au quart.
« À Gafsa le Khammès laboure, cultive et arrose, nourrit le bétail pendant le travail. Il à pour lui la récolte totale d'un palmier mais il n'a pas le lagini; il a en outre le cinquième de la récolte des autres palmiers, le quart du maïs et la moitié du produit de la vente journalière des légumes, sur laquelle il prélève ce qui lui est nécessaire pour sa nourriture. I se fait de 100 150 fr par an ».
Decker-David op. cité page 229.
(2) Dans une courte note lue en 1905 à la Conférence Consultative, seul document dont on trouve trace dans les P.V. de ladite assemblée sur celte importante question du Khamessal, un délégué agricole écrivait. « En l'élat actuel, le Khammès où mieux
ROUIEE Indépendamment de cetté raison, il faut bien reconnaître aussi que l'emploi des khammès avec les obligations rigoureuses qui leurs sont imposées, devait répuguer particulièrement aux Français, dont les sentiments naturellement généreux, tendent plutot à l'émancipation des peuples qu'à l’asservissement de certaines classes
de la société.
Dans un remarquable discours adressé au Président de la République, M. de Carnières disait avec raison : «Il n'aurait pas été. Mrançais ce colon tant calomnié, si son âme était restée insensible aux souffrances de lindigène, son voisin. Et de ce malheureux, il s’est fait le soutien, l’'éducateur, le médecin. Il lui a donné des salaires jusqu'alors inconnus, il lui à appris le travail et l’économie, il a pansé ses plaies ; il la libéré du Khames-
sat qui est une forme de l'esclavage ».
«l'agir >» qui se loue à l'Européen peul, pour ainsi dire impunément, ne tenir aucun comple du contrat passé entre lui et son employeur, puisque insolvable; il ne reste à l'employeur aucun moyen pour se faire rembourser l'avance qu'il a du faire à l'agir pour lui permettre de se dégager de son contral précédent. Ges avances qui sont, en général, assez élevées, remboursables par fractions sur une partie du Salaire journalier, ne sont, dans la législation aetuelle, aucunement sauvegardées pour l'employeur européen. Les indigènes qui n'ignorent pas qu'ils ne peuvent êlre poursuivis qu'en remboursement de la somme et à des dommages intérêts: exploitent d'autant mieux celle solution qu'étant insolvables, leuropéen ne peul, après de nombreux frais de justice, obtenir qu'un jugement en remboursement el des dommages intérêts condamnant « l'agir >. Mais ce jugement ne peut jamais être CXÉCULÉ ».
IT eut éte plus sage de demander la suppression du Khamessal que de solliciter du gouvernement le renforcement des peines correctionnelles à la charge du Khammès en cas d'inexécution de ses obligations,